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Wax Tailor: Diamond Tailor ?

26 mars 2010

A l’occasion de la sortie de « In the mood for life », son dernier album, Wax Tailor est en tournée mondiale. L’occasion pour moi de vous présenter l’artiste et son concert du 17 mars à Reims. Mais un brin d’histoire pour commencer. Cela fait depuis 2002 que le phénomène Wax Tailor prend de l’ampleur. Et pour cause, notre Dj Français, mixe les styles Trip-Hop, Rap (plutôt Britannique), Downtempo et Turntablism (évidemment) à la perfection. C’est donc instantanément, que je fus converti à ce style riche qui sonne bien.

Petit topo de l’artiste pour les noobs :

Ses inspirations musicales sont nombreuses : Soul 60’s, Hip-Hop, Trip Hop et Blues, s’enchaînent et s’entremêlent sans que ça choque: Un beau patchwork musical, qui aide à la diversification et l’émancipation de la scène musicale Française.

Les références cinématographiques ne sont pas en reste. En effet, Wax Tailor même s’il ne s’en vante pas est amateur des cinémas de Tarantino (bon ok, facile, et la suite ?), Sergio Leone, Scorcese, Coppola (Francis F.), Kar Waï (« In the mood for life », n’est pas anodin) ou encore l’incontournable Hitchcock. Autant de cinéastes dont il s’inspire dans ses samples et clips.


Que Sera – Wax Tailor

Mais et le concert alors… Tout commence il y a 3 semaines lorsque j’apprends que Wax Tailor passe au Bataclan (une de mes salles favorites). Quoi ? Complet ? Bon… Olympia… Complet… Google mon bon Google, que reste-il qui ne soit pas trop loin ? …Reims (soupir) …après tout les Reimssois ne peuvent pas être pires que les Parisiens, vous en conviendrez. 🙂

La salle

Il y a peu de chances que vous connaissiez  « La Cartonnerie », toute neuve et franchement agréable, murs bien capitonnés, un plancher en pente qui descend vers la scène… Bien pratique pour les nains dans mon genre. Un bar au fond pas trop cher. La soirée s’annonce bien finalement, même si nous ne sommes que 1000, ça fait concert privé, c’est ce que je préfère.

1ère partie

Je cherche le flyer chiffonné dans ma poche, Chaaa-peee-lieeer … (il fait sombre)… FOU ! D’ailleurs on dirait qu’il arrive ! Ha non c’est un technicien, oui…non… Sisi c’est lui et il est tout seul et n’a pas de haut de forme mais un feutre. Le public l’observe en silence  pendant qu’il prépare méticuleusement son matos. Un Macbook (merci Steve Jobs), un violon, une guitare, une table de mixage. Tiens, tiens, ça va donner quoi tout ça ? Et bien, c’est une claque musicale que le petit prodige nous inflige. Un petit aperçu peut-être ?


Darling Darling Darling – Chapelier Fou


Scandale ! – Chapelier Fou

Ce talentueux bonhomme est multifonction, il joue du violon, se sample, joue de la guitare, chante (un peu), et nous mixe le tout ! Ce Chapelier bel et bien fou fou, est plus ou moins à la croisée des genres High Tone, Gong Gong et autre Kraked Unit. Cette belle surprise met donc la barre haute, et le public le rappellerait bien s’il n’était pas dans l’attente frénétique (j’exagère à peine 🙂 ) du grand Wax Tailor…

2 e partie

Le décor se met en place, et Wax Tailor, n’a pas lésiné sur les moyens, 3 gros écrans, un joli décor de buildings (voir concert fnac un peu plus bas), des réverbères à la Française. Décidément ça s’annonce b… Pas le temps de finir ma phrase que les prodiges tant attendus entrent en piste.

Un type fait son entrée en scène. Mais qui ? Wax Tailor ? Non, c’est le contrebassiste (Je ne le connais pas mais il a un petit côté Justin Timberlake), c’est au tour de la violoniste (Marina Quaisse), puis de la flûtiste (Ludivine Issambourg)… ! … ? … Mais Wax T. où ? Un feutre sur la tête, cravate blanche sur chemise noire, le voilà… classe… . Il s’installe aux Platines, le public excité se contient, sans rien dire il envoi « No Pity » de son dernier album « In the mood for life »: du pure Wax Tailor pour une bonne entrée en matière.

No Pity – Wax Tailor

Le titre ce termine tranquillement sur une variante soigneusement mixée par W.T. L’artiste ne compte donc pas nous jouer scrupuleusement son répertoire, alors lorsque qu’il demande enfin si tout roule pour nous, le public aux anges confirme. C’est alors qu’il nous annonce l’arrivée de l’autre égérie de la soirée : Charlotte Savary, tout en nous jouant les 1ères notes de son titre « Dragon Chasers » dont vous comprendrez aisément la thématique. On passe donc du Rap au Trip Hop en quelques secondes, d’un titre façon Fingathing à du Portishead. C’est ça Wax Tailor, la variété des styles.


Dragon Chasers – Wax Tailor feat Charlotte Savary

Le public est déjà conquis, et ce n’est pourtant que le début. Charlotte aussitôt laisse le micro pour une autre ambiance, un autre style, un autre featuring avec Mr. Mattic pour un morceau façon « The Herbaliser ».


Concert privé Fnac – Wax Tailor feat Mr. Mattic

Loin de moi l’idée de vouloir vous détailler tout le concert (d’ailleurs, je ne sais plus vraiment dans quel ordre il nous a joué tout ça), accélérons donc un peu. Wax T. continue son show, les titres de son dernier album s’enchainent, mais les albums précédents ne sont pas en reste, les écrans alternent clips animés et gros plans des musiciens qui trippent sur leur musique, et c’est communicatif. Wax T. reprend la parole de temps à autres afin de maintenir le public sous pression, même si ça semble superflu. Tout se déroule donc pour le mieux, jusqu’à une annonce plutôt inattendue : « J’ai oublié de vous dire mais on a amené deux anglais dans nos valises ». Pas de doute possible, c’est aux ASM (A state of mind) qu’il fait allusion. Leur entrée chauffe un peu plus le public avec le Titre « Say Yes ».


Say Yes – Wax Tailor feat ASM

D’autres titres suivent, tous aussi bons les uns que les autres, et nous amènent inexorablement vers la rupture pas tranquille. Le concert touche à sa fin sur le morceau « Leave it » comme une préparation à leur imminente sortie. C’est donc sur ce dernier titre que chacun des membres se lâche en solo (Contrebasse, Violoncelle, Flûte traversière, chants, mix, tout y passe).  C’est l’ovation et chacun des membres sera plébiscité par l’ami Wax Tailor suivit du public qui réalise que c’est bel et bien fini.

Wax Tailor est un cuisinier à la créativité débordante: une pincée de samples, un soupçon de contrebasse, ajoutez y un peu de violoncelle et de flûte traversière, accompagnez d’un bon featuring et mixez le tout à votre convenance.  Bonne dégustation ! 🙂

Et pour les plus enthousiastes, un doggy bag pour la route ?

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11 commentaires leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    26 mars 2010 09:28

    C’est marrant qu’il soit français parce qu’il fait typiquement du son britannique. En tous cas il a un talent certain : c’est assez sympa ; mais pour un style déjà pas facile d’accès, il n’est pas du côté qui me plait le plus, j’en écouterais pas tous les jours.
    Par contre Chapelier Fou est une découverte intéressante. Mais il pose la question : est-ce sa musique ou sa performance qui sont intéressante (c’est à dire que l’un sans l’autre aurait-il le même impact..).

    • Benjamin permalink
      26 mars 2010 14:33

      Au sujet de Chapelier, il est clair que le voir en live est beaucoup plus intéressant que de ne l’écouter uniquement. Après le concert j’ai acheté deux EP de ce talentueux garçon et je trouve ça agréable. Je dirais donc que les deux sont intéressants. Il est certain que ce n’est pas une musique éternelle car sa technique ne se diversifie pas assez. Donc à trop l’écouter on risque de se lasser.

      On ne peut pas lui en vouloir car seul, ce n’est pas facile. Ça me fait un peu penser aux Ting Tings qui font une musique sympa, mais pas suffisamment riche pour durer (d’ailleurs la chanteuse prévoit de se mettre à la basse, pour ajouter 4 cordes à leur arc 😉 )

  2. platypus permalink
    26 mars 2010 11:46

    Pour Chapelier fou, ok pour la performance sur scène, mais ce côté musique expérimentale paraît difficilement convertible en cd non ? Il pourra ptet remplacer un membre de Birdy nam nam au mixage si l’un d’entre eux tombe malade ?
    Sinon pour Wax Taylor, il est peut-être au carrefour du hip-hop trip hop et tout ce qu’on veut, mais cette avalanche de styles musicaux (dont se revendiquent 90% des artistes qui évoluent dans cette veine) et ces influences cinématographiques « classiques » (Wong Kar Wai par contre c’est pas possible, personne comprend ses films, même pas lui, alors…Ca devait être pour la touche intello) me laissent perplexe. Au final, j’entends un son assez monotone, pas très varié, et qui donne une mélodie pas très accrocheuse à mon goût. Je dois être un peu vieux jeu, mais quitte à empiler les sons électros et deux trois instruments à corde ou à vent, je préfère encore Moby, c’était vraiment percutant et ça restait dans la tête…
    Bref Benjamin, j’ai du mal à retrouver dans les morceaux la richesse que tu évoques avec talent, car je trouve ton article bien mené. Suis-je trop dur d’oreille, ou bien cette musique est-elle trop obscure, comme le suggérait Lien Rag ?

    • Lien Rag permalink*
      26 mars 2010 14:29

      Ta comparaison avec Moby est bizarre car les deux styles musicaux sont vraiment différents. Ça revient à comparer Jean-Michel Jarre et Daft Punk sous prétexte que c’est de la musique électronique dans les deux cas : au delà d’une vague dénomination commune, on est bien d’accord que ça n’a rien à voir musicalement et que ce n’est pas comparable…

      • playne permalink
        26 mars 2010 16:12

        Ben, je te hais.
        Bon au moins c’est évacué ça.
        J’ai découvert l’ami de la Wax il y a quelques mois (à partir de 2 c’est un pluriel), et j’aurais vraiment été curieuse de voir ce que donne le live.
        Un peu déçue de ne pas pouvoir palper autant que je voudrais l’ambiance dans ton article (je suis difficile, mais pour moi une grande partie du concert est aussi liée à la salle, sa configuration, aux réactions des gens, aux jeux de lumière sur tel ou tel morceau …). Y avait il une dominante de couleur ou on reste dans l’éclairage quasi statique comme dans la vidéo du concert privé ?
        Quelle a été l’évolution du show ? On passe d’invités en invités, mais en général il y a une idée derrière je trouve. C’est en général perceptible dans *kof kof* une petite setlist…. 😉

        Pour le chapelier, je dois dire que j’en avais entendu parler, et que je n’avais pas eu le temps de jeter une oreille sur ce qu’il fait. C’est très sympa, mais un peu comme Wax Tailor, pas possible de tenir en boucle dessus plus d’une semaine sous peine de péter un fusible.
        Je m’étais tapé la disco en entier, et c’est vrai que j’ai trouvé certains morceaux un peu faiblichons comparés aux titres que tu évoques dans l’article Ben, mais je pense qu’il faut qu’on achète un petit sonotone à notre Playtpousse préféré 😉

      • Benjamin permalink
        28 mars 2010 17:17

        « Ben, je te hais »
        Oh quel dommage ! Moi qui souhaite absolument être ton ami !

        « Y avait il une dominante de couleur ou on reste dans l’éclairage quasi statique comme dans la vidéo du concert privé ? »
        Dans la video les couleurs varient (enfin je trouve), évidemment c’est pas Johnny au Stade de France.

        « Quelle a été l’évolution du show ? »
        feat Savary -> feat Mattic -> feat personne -> ASM -> feat Savary -> feat Mattic -> feat personne -> ASM -> feat Savary -> feat Mattic -> feat personne -> ASM -> feat Savary -> feat Mattic -> feat personne -> ASM. Ca s’est pas du tout passé comme ça mais c’est parce que tu m’agaces 🙂

        « setlist »
        comme je le dis d’ans mon article je me souviens plus très bien, quasi tout « in the mood for life » à été joué, les titre phares de « Hope & Sarrow » et « Tales of the forgotten melodies »: Que sera, the man with no soul, positively inclined, House of wax, to dry up, hypnosis theme, our dance.

      • Lien Rag permalink*
        29 mars 2010 08:24

        Si vous finissez pas mariés avant la fin de l’année…

    • Benjamin permalink
      27 mars 2010 11:26

      « Pour Chapelier fou, ok pour la performance sur scène, mais ce côté musique expérimentale paraît difficilement convertible en cd non ? »
      Voir ma réponse @ Lien Rag.

      « Il pourra ptet remplacer un membre de Birdy nam nam au mixage si l’un d’entre eux tombe malade ? »
      Je ne sais pas si c’est un troll ici 😉 Birdy Nam Nam font surtout tu Turntablism, donc pas possible pour Chapelier. De plus, il semble franchement attaché à ses instruments à cordes.

      « influences cinématographiques « classiques » »
      Entièrement d’accord avec toi, cependant :
      1/ ce sont les influences que j’ai notés dans d’autres articles/interviews de W.T., rien ne nous dit qu’il s’arrête là.
      2/ Ces cinémas certes classiques, n’en sont pas pour de grands cinémas. Sous prétexte qu’ils sont classiques doit-on les oublier, ne plus les analyser ? Je ne crois pas, mais c’est un autre débat. Quant à Wong Kar Wai, j’ai effectivement du mal à comprendre ou il veut en venir dans ses films, pour autant la réalisation de ses films est magistrale et c’est là que j’y trouve mon bonheur.

      « j’entends un son assez monotone, pas très varié, et qui donne une mélodie pas très accrocheuse à mon goût. »
      Je n’en ai pas la même perception que toi. C’est peut-être ici une affaire de goût. Es-tu réellement amateur de rap/trip-hop et quel(s) trip hop. ta comparaison à Moby laisse penser que non.
      « trip hop » ne veut plus rien dire de nos jours. Fan de Massive Attack, je peux te dire que chacun de leurs albums a son propre genre musical.

      « Bref Benjamin, j’ai du mal à retrouver dans les morceaux la richesse que tu évoques avec talent »
      Je parle de richesse par rapport au courant musical en question. Je me demande si tu y es vraiment sensible finalement. Evidemment, je ne compare pas W.T. à Mozart. Le rap Anglais par exemple est bien plus riche instrumentalement (je sais pas si c’est Français ça) que le rap Français ou Américain (attention, on trouvera surement des exception)

      « car je trouve ton article bien mené »
      Merci

  3. platypus permalink
    27 mars 2010 01:12

    A Lien Rag : je ne prétends pas qu’il s’agit de musiques identiques, je dis que je préfère Moby à Waxouille avec une table de mixage pour l’usage qui en est fait.
    A Playne : merci. Un qui soit discret s’il te plaît.

    • Lien Rag permalink*
      27 mars 2010 13:12

      OK. Mais dans ce cas là, c’est vraiment bizarre : ça revient à dire « J’aime pas Amélie Nothomb, Tolkien est meilleur » ou « Beethoven ne fait pas le poids comparé à IAM ». L’electro « claire » de Moby n’a vraiment rien à voir avec le Trip hop/rap « chargé » de WT, ça me « choque » vraiment de lire ton commentaire.

  4. platypus permalink
    27 mars 2010 16:55

    Ne prenez pas tout ce que je dis au pied de la lettre les amis, vous savez bien que parfois je fais preuve de mauvaise foi ou de second degré ! Effectivement vous avez compris que je ne suis pas fan de cette musique, car je trouve dur d’entrer dans le trip de ce genre d’artiste. Comme je suis un profane, j’entends le vieux beat de fond avec deux trois sons par dessus, c’est pour ça que ça me fait penser à Moby, en moins bien 😉
    En revanche, ça ne me dérange pas de dire que Tolkien est meilleur que Nothomb par exemple. Tout simplement parce que le premier sait écrire et a créé un univers personnel, ce que n’a absolument pas su faire la seconde. Même dans des genres différents, on peut se permettre de comparer des artistes sur une échelle qui les transcende : celle du talent. 😉 (ouais ok il y a une grosse part de provoc dans ce que je viens de dire)

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