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Messieurs les éditeurs, s’il vous plaît…

22 mars 2010
Serments et deuils, Pygmalion, illustration.

Objectivement, c'est vilain... En plus, c'est faux.

… Arrêtez d’être ridicules ! Ou de nous prendre pour des cons, c’est selon.

Allez, je me lâche : cette tendance des éditeurs français à amalgamer à la va vite des éléments épars du travail de leurs homologues étrangers sans même prendre le temps de lire les livres dont ils sont sensés s’occuper m’horripile au plus haut point.

Je vous ai donc parlé du titre raté de La librairie des ombres, où les ombres ne sont pas dans la librairie mais bien dans une bibliothèque, comme les éditeurs allemands et anglais l’ont compris, eux, en mettant l’accent sur cette partie de l’intrigue (la fin), alors que le titre d’origine évoque la librairie Libri di Luca, donc le début du roman. Le titre français n’a aucun sens.

Autre exemple pour étayer mon argumentation : la version française de Golden Fool de Robin Hobb. Le roman en anglais est très long, l’éditeur français (Pygmalion) choisit de le couper en deux (probablement pour des raisons financières ou techniques¹, mais passons) ; Pygmalion n’a pas les sous, ou pas le temps, de créer une illustration originale, il reprend donc les illustrations des versions américaines et britanniques… À la limite, pourquoi pas ? De toute façon, il fait ça pour tous les libres de Robin Hobb : comme il les découpe, il est bien content d’avoir deux éditions avec des couvertures différentes pour pouvoir illustrer les siennes. J’imagine qu’il a payé ce qu’il fallait pour ça. Bon, les illustrations britanniques sont de John Howe, qui est loin d’être le dernier des ploucs – il a travaillé sur Le Seigneur des anneaux – et elles sont plutôt bien. Les illustrations américaines sont juste moches, mais j’imagine qu’elles ont le mérite de proposer une alternative.
Dans le cas de Golden Fool, l’édition américaine montre le dos tatoué d’un personnage à la chevelure blonde. L’édition britannique montre une scène un peu différente : deux personnages aux cheveux noirs, dont l’un est de deux dos, également tatoué. Si on a lu le livre, on sait que les deux éditions anglophones représentent des scènes différentes, des personnages différents, dont les tatouages dorsaux se trouvent être identiques. C’est important dans l’histoire.
Pour la première partie de la traduction française, Les secrets de Castelcerf, Pygmalion a choisi de reprendre l’illustration américaine, donc le personnage blond. Pour le deuxième tome, Serments et deuils, on ne sait pas pourquoi, bim, illustration originale (ci-dessus), totalement repompée sur l’illustration britannique, mais la personne de dos est devenue blonde. Or, je le répète, il ne s’agit pas du même personnage (je ne développe pas le non-sens complet que cela représente, ce serait un spoiler, et ce serait mal). J’ai cru voir que l’erreur avait été corrigée  dans les éditions suivantes, en reprenant tel quel le dessin de John Howe. En tout cas, force est de constater que, au moins dans un premier temps, les gens (illustrateurs, mais pas seulement, j’imagine…) qui se sont occupés de la couverture n’avait simplement pas lu le livre : ils n’ont sans doute pas le temps, ok, mais enfin c’est quand même un peu… [$**@¡?] ballot, non ?  (Je signale que la version poche de ces livres est dotée d’illustrations différentes. Bravo J’Ai Lu.)

Bien sûr ce ne sont que deux malheureux exemples, mais je ne peux pas m’empêcher de me demander si ce n’est pas un phénomène un peu plus commun qu’on le pense, car, après tout, on a rarement l’occasion de comparer les éditions pour se rendre compte de la négligence (insolence ?) des éditeurs… Certains choix commerciaux peuvent se révéler complètement valables, soyons clair : Harry Potter à l’école des sorciers, pourquoi pas ? Le titre d’origine n’a rien à voir, mais au moins la version française a un rapport avec le contenu. En plus, je trouve qu’elle a l’avantage de préserver le suspense. Je ne milite pas non plus pour la traduction mot à mot des titres d’origines, ce serait ridicule. Pour reprendre l’exemple de Robin Hobb, je suis d’accord, Le fou doré, c’est pas top comme titre : on dirait « Les échecs pour les nuls et les princesses. » (Cela dit les titres retenus en français ne sont pas tellement meilleurs…)
Je veux bien admettre que ces gens-là travaillent beaucoup, qu’ils sont débordés, tout ça, mais enfin je pense que les livres en question rapportent quand même suffisamment d’argent pour qu’à un point donné quelqu’un qui ait lu le livre ait son mot à dire sur l’illustration ou le titre. Pourquoi maltraiter ainsi l’heroic fantasy, hein ? Si vous considérez à ce point qu’il s’agit d’un sous-genre (et je pense que le roman policier ou la SF ne sont pas nécessairement mieux traités), pourquoi vous donner la peine d’en publier ? Parce que ce sont des livres qui se vendent bien, ben oui, forcément. Ça vous ferait mal dans une partie honteuse de votre anatomie de respecter un peu les auteurs et les lecteurs en prenant le temps de soigner la présentation ? Parce que sinon, c’est insultant, et pour vous, c’est juste ridicule. Au mieux.

Si vous aussi vous avez des exemples de choix de titres français ou d’illustrations débiles, balancez !

Notes

1. Tout le monde ne peut pas racheter le brevet / les droits de la technique de Bouquin pour faire des pavés de 1000 pages agréables à lire, n’est pas Folio qui veut…

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29 commentaires leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    22 mars 2010 09:30

    Pour l’illustration : ils essaient au moins d’être en rapport : combien de romans ont des illustrations lambdas vaguement en rapport avec le contenu : ici un chevalier parce que ça se passe au moyen-age, là un appareil photo ou une rue mal éclairée… Pensons à tous ces livres de poches qui n’ont vraiment rien à voir, et aux collections du Fleuve-Noir qui ont bercé mon enfance, où là la couverture est souvent aux antipodes du sujet du livre, car elle semble choisie aléatoirement…

    Pour le titre, tu sais très bien pourquoi ils ont traduit « library of shadows » en « librairie des ombres »…

    • 22 mars 2010 10:00

      Pas faux, ça. Euh, tout ce que tu dis, en fait.
      Pour la question des illustrations, une couverture neutre, voire une non-couverture, à la limite, pourquoi pas ? Je préfère ça à une couverture moche ou à côté de la plaque.

      Pour le titre, je sais qu’à une époque la littérature scandinave était traduite de l’anglais, mais plus maintenant en principe : cela dit, je n’ai pas eu en main la version française, je n’ai donc pas eu l’occasion de vérifier, mais en théorie, ils n’aurait pas dû traduire « library of shadows » mais Libri di Luca (que les Italiens ont gardé tel quel, bizarrement^^).

  2. Lib permalink
    22 mars 2010 09:32

    ‘Into the Air’ (pour reprendre un exemple polémique sur ce blog…) traduit en ‘In the Air’. Quitte à garder un titre en anglais, gardons le titre correct, avec la forme grammaticale adéquate qui véhicule la notion de mouvement (quand on est dans un avion, c’est mieux), tandis que le titre français implique une notion d’immobilité qui n’est pas dans le titre original.

    Oui, c’est couper les cheveux en quatre, mais j’adore ça…

  3. Ofboir permalink
    22 mars 2010 09:36

    Je me pose exactement la même question pour les films : pourquoi Star Wars est devenu La guerre des étoiles ? Pourquoi Jaws est devenu Les dents de la mer ? Pourquoi même un titre de film va être différent entre deux pays parlant la même langue ? (les titres de film sont par exemple différents quelquefois entre l’Espagne et l’Amérique latine)

    Pour revenir aux livres, il y a aussi un autre problème : les mauvaises traductions ! Et oui, même si en général ils sont moins traduits avec les pieds que les films ou surtout les séries, ça arrive. J’en veux pour exemple Endymion (la suite d’Hypérion pour les incultes). Si Hypérion est très bien traduit, Endymion lui c’est la cata (enfin du moins la version poche que j’ai lue, de Pocket SF). Beaucoup de fautes, des phrases sans aucun sens parce qu’il manque un mot et/ou que les mots ne sont pas dans le bon ordre, et j’ai même carrément vu à un moment un petit paragraphe de 4 ou 5 lignes en double, qui apparaissait deux fois de suite ! Un livre n’est pas censé être relu avant d’être publié ?? Et les traducteurs n’ont dû lire Hypérion qu’en diagonale, car par exemple l’expression « See you later alligator », plutôt pas mal traduite dans Hypérion par « A plus tard tête de lard », est traduite dans Endymion par « A plus tard crocodile ». Assez navrant.

    • Lib permalink
      22 mars 2010 09:39

      Star Wars, c’est la trad littérale, non ? Enfin, ça devrait être ‘Les guerres des étoiles’, mais bon, la trad, c’est aussi question de bon sens, il faut aussi que ça soit percutant dans la langue d’arrivée, sinon c’est une trad ratée.

      Les questions de trad, ça me passionne 🙂

      • Ofboir permalink
        22 mars 2010 15:51

        Les guerres de l’étoile, en fait.
        Mouais, j’ai du mal à voir comment un des deux titres peut être plus percutant et plus vendeur que l’autre. Mais bon, ils doivent savoir ce qu’ils font, ils ont dû faire une étude super poussée et tout et tout. N’empêche que ça me paraît juste être un peu de l’enculage de mouche.

    • Makuchu permalink
      22 mars 2010 13:38

      Ah oui, pour Hypérion, ce dialogue reste pour moi un des pires exemples de mauvaises traductions sur laquelle je m’étais creusé la tête pour comprendre le pourquoi de ce  » à la revoyure crocodile » (dans mon édition française …). Il m’a bien fallut quelques années (et lire le livre en VO) pour comprendre le shimbilik…

      Et j’en suis aussi pour toute l’histoire de l’assasin, que cela soit au niveau des couvertures mais aussi pour la non-cohérence dans les noms des personnages : l’un des perso s’appelle qu’en même « Cal » dans la première trilogie et « Heur » dans la deuxième. D’ailleurs je trouve que Cal sonnait bien mieux que Heur, mais pas de chance, il s’agit surtout un personnage de la 2e trilogie …

      • 22 mars 2010 15:43

        Alors, dans la mesure où je les ai lus en anglais, je ne vois pas du tout de qui tu parles… Mais c’est vrai que c’est complètement nul, de faire ça. D’autant que Robin Hobb écrit de vrais bons livres qui ne méritent pas ça (même si je suis moins convaincue par la trilogie du soldat chaman, mais passons).

    • Lib permalink
      22 mars 2010 15:53

      @Ofboir : Non, c’est bien les guerres des étoiles, c’est une règle de grammaire, tu n’accordes pas un nom quand il est place comme qualificatif.

      Au même titre que : ‘I’ll be there in twelve hour time’, tu ne mets pas ‘hour’ au pluriel.
      « Stars Wars » ne serait pas correct.

      J’ai fini de faire ma prof :p

      • Ofboir permalink
        22 mars 2010 15:57

        Ah. Bon, ok. Je me coucherai moins con. Enfin toujours est-il que ce n’est pas la traduction littérale, et que j’ai du mal à comprendre l’intérêt de modifier le titre par rapport à l’original (d’autant plus pour une différence aussi minime, qui doit quand même avoir un impact tout relatif sur l’effet « percutant » du titre).

      • Ofboir permalink
        22 mars 2010 16:01

        Sinon pour finir de chipoter pour la traduction de Star Wars, du coup ça veut dire que ça pourrait être soit Les guerre de l’étoile, soit Les guerre des étoiles. Après c’est à replacer dans le contexte, mais il faut s’en remettre aux spécialistes de Star Wars (ce que je ne suis pas), la question étant : l’ont-ils vraiment fait ? (il me semblait avoir entendu que non).

      • Lib permalink
        22 mars 2010 16:22

        Je ne saurai répondre à ces questions, mais en ce qui me concerne, je n’ai aucun problème avec la traduction de Star Wars, je trouve que dans la langue cible, soit le français, ça rend très bien, ça correspond bien aux films et à l’histoire… Bref, ça ne me révolte pas 😉

      • Ofboir permalink
        22 mars 2010 17:30

        Oui on est d’accord, ce n’est pas révoltant (moi personnellement je m’en contrefout). Mais c’est juste étonnant, et si je parle de ça c’est parce que j’aimerais bien comprendre les raisons de ce genre de choix. Et l’exemple de Star Wars est juste marrant parce que la différence dans la traduction française est vraiment minime (phonétiquement, entre « la guerre » et « les guerres », ça change que dalle, les deux sont aussi fluides).

  4. 22 mars 2010 10:01

    Lib et Ofboir, merci d’avoir balancé !

  5. platypus permalink
    22 mars 2010 15:26

    Puisqu’on parle des incohérences dans la culture, je me permets d’ajouter à cet empapaoutage de mouches un lien fort précieux sur les incohérences dans la série « Hélène et les garçons » qui nous a marqués au moins autant que l’héroïc fantasy ou la SF : http://heleneetlesgarcons.wifeo.com/les-incoherences.php
    Un site qui vaut son pesant de cacahuètes.

  6. 22 mars 2010 17:16

    Non mais quel débat, mes enfants ! *smug*
    L’emportement, la non-polémique facile et les pratiques entomophiles avec incitation à la délation, un cocktail explosif^^

  7. DeD permalink
    22 mars 2010 18:15

    Clair que la traduction d’Endymion … Bref.

    Je me souviens aussi d’une 4ème de couverture comportant :
    – des erreurs sur l’époque du récit : non, le flash-back du début n’est pas la période de l’action …
    – des spoils
    Ca m’a semblé difficile de se planter autant en l’espace de quelques lignes, saluons la performance …
    Pourtant un beau livre, mais c’est de la SF, donc une sous-littérature qui ne vaut pas la peine qu’on s’en donne, je suppose.

    « Robin Hobb écrit de vrais bons livres » : mdr, je la ressortirai, celle-là.

    • Iwayado permalink
      22 mars 2010 19:59

      Mais Robin Hobb a écrit de bons livres *mode fight ON*

      Plus sérieusement, Assassin’s apprentice était quand même une bonne série non? J’ai moins aimé les autres (surtout la série du Shaman, comme Syracuse Cat…)

      Dans le genre traduction catastrophique, je trouve celle du Trône de fer pas mal, aussi…

    • Ofboir permalink
      22 mars 2010 21:01

      Ah oui tiens et en parlant de spoiler, le petit résumé à l »arrière du DVD du Pianiste de Polanski, ben faut pas le lire avant d’avoir vu le film ! 2 lignes et demie et ils arrivent à nous raconter la fin …

  8. DeD permalink
    22 mars 2010 20:24

    Hé, il m’a viré mes balises HTML « méchanceté gratuite », pas sympa ! Il a dû les prendre pour des vraies, le pauvre.

    Pour ce qui est de Robin Hobb, pour troller un peu, disons que c’est pas mon truc : quand on se rend compte que, durant 300 pages, ils ont pris le p’tit dej, que c’était bon et qu’ils prévoient de faire un pique-nique après leur ballade, on se dit qu’il faudra attendre la fin des 326 tomes pour savoir s’ils ont bien digéré …
    Je veux pas dire qu’il faudrait que ça booste plus, je sais bien que c’est pas Alien 4, je dis juste que ces livres sont – pour moi, s’entend – assez vains. C’est bien pensé et situé dans un univers très riche, ce qui fait que c’est un gâchis de n’en avoir fait « que » ça, là où on avait tant à espérer.
    Robin Hobb, pour moi, crée de beaux univers, mais n’y fait rien. Ses livres sont de très belles peintures au milieu desquelles elle gribouille vaguement une histoire, qui n’exploite pas la richesse du panorama et donc au final l’enlaidit. Ou comment transformer un bon livre en bouquin de gare.

    Je peux me tromper, mais je pense sincèrement que ses livres ont tous le même niveau, c’est juste qu’au bout d’un moment, bah on a compris (à la Werber, quoi), on n’est plus surpris, saisi ou interloqué par rien, vu que c’est toujours pareil.

    (C’est volontairement un peu caricatural, hein, pour ceux qui en douteraient, mais le fond de ma pensée est là. Notez que je ne veux pas lancer de polémique, même si c’est assez mal barré, vu comment je m’y prends)

    • Iwayado permalink
      22 mars 2010 21:39

      Chouette un troll :p

      Je comprends, cela dit: Robb c’est assez long (mais pour revenir sur ma précédente intervention, du coup, j’imagine que tu n’aimes pas non plus le trône de fer, qui est encore plus long/lent, avec 40 personnages principaux et quelques deux centaines de personnages secondaires, sans parler des autres).

      Mais j’avoue que j’aime beaucoup l’univers, son imagination, son foisonnement… et elle a aussi un autre point commun avec G. Martin, c’est l’absence de héros grand-beau-fort-généreux-avec-de-gros-biceps. On a envie de secouer Fitz du début jusqu’à la fin… et finalement ce n’est pas plus mal.
      Je dirais presque qu’elle n’aime pas ses personnages, mais c’est sans doute faux: elle aime bien les personnages imparfaits, et du coup il leur arrive toujours des problèmes. ça donne à ses livres un aspect réaliste, je trouve, qui est intéressant…

      Pour Werber… heu… j’aime bien aussi (décidément, je n’ai rien pour me sauver), même si c’est parfois très long… La trilogie des anges/dieux (je me rappelle plus le nom exact) avait le mérite de l’imagination, non?

  9. DeD permalink
    23 mars 2010 00:15

    En fait, je n’ai pas grand chose contre les livres longs/lents : je trouve juste frustrant de nous présenter un monde complexe, bien ficelé, et de faire ensuite bisouiller, marcher, bouffer et pleurer ses personnages durant 1000 pages, c’est tout. OK, c’est la vie, tout ça, mais bon …
    La horde du contrevent, de Damasio, c’est lent, et en plus on devine la fin très tôt, sans trop se forcer. Sauf que Damasio, lui, il n’a pas fait dans la facilité, ce que je reproche – sans doute à tord, hein 😉 – à Hobb.
    Par contre, en parlant du grand-héros-qui-déchire-tout, tu me fais penser à Jack Vance : il y a bien ce type de héros dans ses livres (ce qui, crois-le ou non, a tendance à me gaver, parfois), sauf qu’en réalité le « scénario » principal sert de toile de fond pour traiter des aspects plus sociologiques, ethnologiques : c’est de là que ses livres tirent leur vraie richesse.
    Tout ça pour dire qu’à côté je trouve que les bouquins d’Hobb n’ont pas de profondeur. Pas désagréables à lire, je nie pas, mais foncièrement plats. Pas dans le sens « mou », non, dans le sens « vides ».
    Mais je peux concevoir que d’autres personnes y trouvent leur comptant et y voient des choses que je ne soupçonne pas. Avec difficulté, mais bon.

    Trône de fer, pas lu, désolé, je peux pas dire.

    Par contre, là, si tu parles du cycle des dieux de Werber, soyons honnêtes, il est au bord du plagiat, et je reste poli :
    – ceux qui ont lu le cycle du fleuve de l’éternité, de Philip José Farmer, te diront tous que certaines coïncidences sont extrêmement troublantes. Je te les prêterai via Makuchu si besoin : ça montre juste que le concept principal du bouquin de Werber avait 30 ans le jour de sa parution …
    – et ensuite, il s’est auto-plagié (les thanatonautes), pour ajouter la touche philosophique qui fait bien. Ca ne me gênerait pas si on ne subissait pas en permanence les mêmes raisonnements : Philip K Dick était aussi un grand spécialiste de l’assemblage de concepts issus de ses nouvelles dans des romans, mais il le faisait de façon créative, ingénieuse, cela redonnait de nouveaux sens à ses concepts originels, justement via leurs interfaçages. Sauf que Werber n’est pas Philip K Dick : ctrl+c / ctrl+v.

    Pourtant, je dis ça mais j’aimais beaucoup Werber, jusqu’à ce qu’il sorte la révolution des fourmis … Il n’a plus rien écrit, à partir de là, pour moi. Il a régurgité.

    Bon, dsl pour le méga-troll, j’arrête là, de toute façon je suis de mauvaise humeur quand j’arrive pas à dormir et je raconte des bêtises 🙂

    • Iwayado permalink
      23 mars 2010 20:00

      Non non mais les mega trolls, c’est marrant aussi (quand ça tombe sur des sujets sympas. Le premier qui parle de microsoft et d’apple, il a intérêt à se planquer…).

      Je ne connais pas Damasio, une bonne idée de livre à lire 🙂

      Et oui, j’aime beaucoup J. Vance: même si on a un super héros (un peu comme dans Rohel de Bordage, je ne sais pas si tu connais…), les livres restent très intéressants. j’aime bien cette vieille SF. Pareil pour Le Fleuve de l’éternité, très bon bouquin, même s’il est un peu ancien, et a un peu vieilli (d’ailleurs il parait qu’il va en avoir une adaptation télévisée, à suivre…)

      Mais pour le coup, je ne sais pas si Werber a copié sur Farmer: le thème de la vie après la mort est suffisamment répandu pour qu’il n’y ait pas d’inspiration directe. Mais c’est vrai qu’il a pu y avoir inspiration (« innutrition », diraient mes vieux profs de lettres).
      Pour K Dick tu penses auxquels?

      • DeD permalink
        23 mars 2010 22:04

        Pour le fleuve de l’éternité / Werber, mouais, j’ai de sérieux doutes, la vie après la mort est un thème courant, certes, mais jouer sur le regroupement de célébrités et sur leurs personnalités respectives, c’est déjà un peu moins générique, quand même …
        (par contre 100% d’accord sur le fait que ça n’a pas bien vieilli … Et il aurait dû arrêter le cycle plus tôt, il peine vraiment à se renouveler, je trouve. La fin m’a même parue assez laborieuse, mais rien que pour le concept j’ai bien aimé le cycle.)

        Rohel, non, je connais pas, celui-là. J’ai pas tant lu de Bordage que ça, au final.

        Pour Philip K Dick, le 1° exemple qui me vient en tête c’est la poupée Pat, qui fait l’objet d’une nouvelle et qui est reprise dans « Le dieu venu du Centaure » et au moins dans un autre roman, mais je ne me souviens plus duquel. C’est loin d’être le seul, il y a aussi les effets psychiques de certaines drogues, par exemple (au moins dans « Substance Mort » et « Le dieu venu du Centaure », si je dis pas de bêtises), mais je les ai pas non plus tous notés. Du coup je vais devoir les relire 😉
        Un exemple du renouvellement des concepts par leur entrelacement est visible via les drogues associées à la poupée Pat dans « Le dieu venu du Centaure » (au moins à mon humble avis, après …).
        (Et je crois me souvenir d’une nouvelle traitant spécifiquement du Yi-King, largement évoqué dans « Le maître du haut château » … Faudra que je fouille.).

        Sinon, pour Syracuse Cat, OK, autant pour moi, c’est vrai que les aspects psychologiques « purs » m’intéressent en général moins que les phénomènes plus globaux ou moins conventionnels (je suis pas assez fin pour ça), donc on pourrait dire que Hobb ne fait pas de mauvais bouquins, à la limite, c’est juste qu’ils me laissent froid. Mais ça me fait mal de le dire.

  10. 23 mars 2010 00:29

    DeD, je suis d’accord, avec le temps, ça se délite un peu, mais la première trilogie de l’Assassin ainsi que Les Aventuriers de la Mer, ça m’a vraiment beaucoup plu. Ensuite, l’intrigue s’étiole un peu dans The Tawny Man, il ne s’y passe quasiment rien jusqu’à Fool’s Fate (que j’adore ; pas Iwayado, je crois) : mais Robin Hobb a ce mérite rare d’être à la fois parfaitement cohérente et efficace (en plus, elle sait écrire de vraies fins). On ne peut pas tout avoir. Je me suis pas mal lamenté à ce sujet avant de me faire remettre à ma place ici : http://journal.neilgaiman.com/2009/05/entitlement-issues.html (Attention c’est tout en anglais, mais ça calme bien : Gaiman parle de Martin, mais ce qu’il dit s’applique à tous les auteurs. J’aime cet homme.)
    Pour en revenir à Robin Hobb, j’aime beaucoup les mondes qu’elle crée et les idées qu’elle distille dans son œuvre, la façon dont elle décrit des phénomènes psychiques réels (la dépression, notamment) dans un monde qui n’a rien à voir avec le nôtre pour nous tendre un vrai miroir. Par ailleurs, certains de ces personnages sont juste parmi les meilleurs de tout ce que j’ai lu (et je lis beaucoup) : je crois que dans mon top 5 de mes personnages masculins, le Fou cohabite avec, voire surpasse Athos, Aragorn (en même temps, ces deux-là, c’est un peu le même, comme mon ours polaire préféré d’ailleurs), Chrestomanci et hm, pfff… Là comme ça je ne sais pas qui je mettrais en 5 : Edmond Dantès ? Mais ça fait deux Dumas. Hm. Ah bah oui, forcément : Sirius Black. Ou Severus Snap ? Enfin, bref. Voilà, quoi ^^

  11. Iwayado permalink
    23 mars 2010 22:58

    J’avoue, je n’ai pas lu la poupée Pat et le Dieu venu du Centaure (encore tous pleins de bouquins avec lesquels passer mes longues soirées d’hiver… heu… de printemps, maintenant). En revanche le Yi King, oui il me semble qu’il apparait ailleurs, mais impossible de retrouver où…

    Question auteurs qui ne se renouvellent pas, il y a aussi Bordage (toujours les mêmes thèmes de religion et de violence), Therry Goodkind (la série de The Sword of Truth tout particulièrement, où il tire à la ligne à la fin…), et sans doute pas mal d’autres. Je me demande si ça n’est pas inhérent au genre (Fantasy / SF) ou même tout simplement… à l’écriture (mais là il faut faire appel aux vrais littéraires de ce blog).

    Oui, le fleuve de l’éternité était bon dans les premiers tomes, mais la fin est merdique. On ne le dira jamais assez : on voit un grand auteur à sa capacité à finir un cycle au bon moment… Et c’est marrant mais j’ai l’impression que Farmer a plus vieilli que Silverberg (le chateau de Lord Valentin n’a pas perdu une ride… ou alors je l’ai lu plus jeune, ce qui est possible aussi^^)

    Rohel, c’est le tout premier livre (en fait, une série de petits épisodes) de Bordage. On y trouve déjà préfiguré une grande part des Guerriers du Silence (je sais pas si tu l’as lu…).

  12. DeD permalink
    26 mars 2010 22:02

    « Le dieu venu du Centaure », faut pas rater ça, c’est pour moi un de ses meilleurs bouquins. Bien meilleur par exemple que « Le maître du haut château », qui a pourtant toujours de très bonnes critiques mais qui a mal vieilli, à mon avis, ce qui est assez inhabituel pour un Philip K Dick. Du même niveau qu' »Ubik » ou « Glissement de temps sur Mars », c’est dire !

    Question renouvellement, je suis tout sauf un littéraire, mais je me permets tout de même de l’ouvrir. Mettre la SF et la Fantasy est – pour moi – une erreur :
    – Fantasy : qu’on le veuille ou non, rien de bien nouveau dans le concept depuis Tolkien. Bidule développe l’aspect psychologique, truc l’univers, machin le style, certes. Mais, au final, Tolkien a ouvert et fermé le style (ce qui n’empêche pas de faire des livres intéressants, s’entend, mais pas novateurs). C’est mon avis, un peu définitif, je sais, mais je le partage.
    – SF : Quelle SF ? Entre Wells, Egan, Gibson, Vance, Clarke, Bordage ou Crichton, pour ne citer qu’eux, quels points communs ? La SF, je ne pense pas que cela existe vraiment (test de balises, on s’amuse comme on peut, hein) : entre désir d’anticiper les hypothétiques progrès scientifiques et volonté de les exploiter à fins métaphoriques, chaque auteur est libre de se construire un courant propre. C’est, pour moi, plus une absence de genre qu’un genre réel : c’est celui où tout est permis. Les uchronies, par exemple, sont généralement classées en SF, alors qu’étymologiquement, souvent, elles se déroulent dans un passé ou un présent.
    Par contre, si un auteur de SF ne sait pas se renouveler … C’est dommage, mais ça n’a rien de propre à la « sous-culture » qu’est la SF. Qui n’a jamais trouvé un album génial, mais les suivants trop dans la lancée ? Qui n’a jamais trouvé qu’une suite à un film était pourrie, en grande partie parce que l’effet de surprise qui faisait l’intérêt du 1 avait disparu ?
    C’est dommage, mais ce ne doit pas faire oublier que cet auteur, groupe ou réalisateur ont tout de même fait du bon boulot : par exemple, je suis très content d’avoir lu les thanatonautes.
    Il faut savoir changer ou prendre sa retraite, c’est tout. Sinon, au final, « j’me présente, je m’appelle Henri » …

    Pour Silverberg, pas lu celui dont tu parles, mais ça ne m’étonne pas que ça ait moins vieilli : Silverberg traite en général dans ses livres (du moins dans ceux que j’ai lus) d’aspects plus psychologiques, moins techniques ou sociétaux (enfin, en 1° approche au moins, pour l »aspect sociétal). Ce sont des sujets qui évoluent moins vite, et qui donc se conservent mieux, à mon avis.
    Mais, là encore, je suis pas non plus un littéraire ni un spécialiste des sciences molles, donc bon, prenez ça avec les réserves qui vont bien 😉

    • Iwayado permalink
      28 mars 2010 14:23

      Pas besoin d’être un littéraire pour avoir un avis intéressant sur la littérature :p (je dirais même que parfois, c’est rédhibitoire, mais quelques auteurs de ce blog risqueraient de me tomber dessus…)

      –> Pour la Fantasy, je dirais même: rien de nouveau depuis Homère, et les différentes épopées qui ont suivi (aaah les Argonautiques d’Apollonios de Rhodes, que personne ne connait à part quelques doctorants égarés en grec ancien…).

      Le genre comporte toujours les mêmes ingrédients: le merveilleux, l’héroïsme, la lutte contre une force contraire et néanmoins apparemment toute puissante… Ce qui est vrai, c’est qu’on voit une forme de mimétisme chez les écirvains postérieurs à Tolkiens: on aimerait moins d’elfes et de nains, mais des imaginaires différents, avec des races différentes

      Si j’avais bien aimé le trône de fer, c’est que justement, il donnait une vision peu manichéenne des choses, et renouvellait pas mal le genre (même si on est dans du médiéval fantastique habituel, et que donc, le cadre est peu différent…)

      –> Pour la SF: d’accord pour dire que c’est un genre fourre-tout: entre les uchronies, le space opéra, les contrutopies (Nous Autres, 1984, Brave New World, un Bonheur insoutenable), la SF futuriste, il n’y a pas tant de point commun que ça.

      Si ce n’est, en fait, l’imaginaire: décrire un monde qui n’existe pas, qui pourrait exister ou qui existera. D’ailleurs, je le dis haut et fort (mais ça ne servira à rien, puisque l’intelligentsia littéraire ne me lit pas): la SF et la Fantasy ne sont pas de la « sous-culture ». Pour moi la Fantasy est l’héritière de l’épopée, qui est quand même le premier genre littéraire dont on ait gardé une trace (je passe sur le code d’Hammourabi, qui n’avait pas de visée littéraire, enfin je crois…). Quant à la SF, elle permet une réflexion sur la société actuelle ou redoutée (1984, par exemple) ou même une réflexion philosophique. Ou même, parfois, elle ne fait que raconter, mais le récit nous enchante. C’est sans doute ça qui fait la vraie littérature, et non les auteurs actuels encensés par la critique, mais dont les livres ne se résument souvent qu’à des exercices de style creux.

      Comment ça je suis un peu vindicative? :p

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