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Webséries, le petit art qui monte qui monte…

12 mars 2010

Il n’aura échappé à personne qu’ici, ça parle de séries télé sur tous les tons (et votre serviteur n’est pas la dernière à se lancer dans la bataille). Qu’on y chante ou qu’on s’y castagne, qu’on y trouve des meurtriers ou la femme de sa vie, les séries télé ont pris en quelques années, au rythme des Desperate Housewives, Urgences et autres How I Met your Mother, une ampleur phénoménale. Alors, si le seul Clooney dont vous ayez jamais entendu parler était Dolly, que pour vous pendant longtemps Wisteria Lane a été le nom de la copine de Clark Kent, que vous avez en somme le sentiment d’avoir passé des années à être un (ou une, y a pas que les mecs qui ont des défauts) has been, ne loupez pas l’émergence du nouveau phénomène audiovisuel : la Websérie.

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Première idée reçue : Les webséries, c’est pour les geek.

  • VRAI : Il ne faut pas se leurrer. Une websérie, c’est avant tout une vidéo qu’on trouve sur… le web. J’en profite pour rappeler le principe : les webséries sont des successions d’épisodes très courts (5 min en moyenne), qui finissent par former des saisons comme les « vraies » séries. Elles sont produites exclusivement pour le web et on les trouve la plupart du temps sur des sites dédiés – même si les plus connues d’entre elles commencent à sortir des DVD, comme des grandes.
    Évidemment cela n’aide pas non plus à écarter l’accusation de geekitude, que l’une des webséries les plus populaires du moment, j’ai nommé The Guild, raconte (avec un talent comique indéniable et je ne saurais trop vous la conseiller) l’histoire d’une bande de nolifes accrochés à un jeu sur ordinateur dont la ressemblance avec le MMORPG le plus vendu de l’histoire est à tout le moins frappante.
    Et à la fois, si être geek était un crime, ce blog n’existerait pas, faute de combattants – ce qui est bien la preuve que les geeks sont en fait l’avant-garde de la mode.
  • FAUX : Qui plus est, ce n’est pas aussi simple. Les webséries ne s’adressent pas que, ou plus qu’aux geeks qui hantent les mondes virtuels. Elles partent simplement d’un constat : il n’est nulle part possible de toucher un public plus vaste, plus diversifié, que sur le web. Il suffit de retenir leur attention avec des épisodes brefs, mais à cette condition, Internet offre la plus belle plage de création à tous les petits génies dont le talent n’est pas soutenu par une production. Espace d’expression donc, que les webséries exploitent sous toutes leurs formes – je citerai The Ennead, une série qui se réfère à l’Énéide et entraîne le spectateur dans un univers mystérieux, ou encore Girl Number 9, un huis clos policier pesant et brillant. Inutile d’être exhaustif, il suffit de souligner qu’en matière de webséries, comme en matière de séries, il y en a pour tous les goûts.
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    Deuxième idée reçue : Les webséries, c’est fait avec trois bouts de ficelle.

  • VRAI : Là encore, reality check. Une série TV coûte pour une durée similaire moins cher à produire qu’un film. Une websérie coûte incommensurablement moins cher à produire qu’une série. Pourquoi ? Pour commencer, parce que la taille de l’écran n’est pas la même… Eh oui, la qualité requise pour un écran de cinéma, et la qualité requise pour un home cinéma, ça n’a juste aucun rapport. Ensuite, un film et beaucoup de séries, ça se tourne sur pellicule. Et la péloche, c’est cher. Une websérie bah… ça se tourne avec une caméra numérique. Équipe de production réduite, épisodes courts, décors relativement fixes, quasiment n’importe qui peut commencer une websérie s’il a une idée. Et on rentre dans ses frais avec quelques produits dérivés. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est pendant la fameuse grève des scénaristes qu’a été tournée la célébrissime et génialissime websérie Dr.Horrible’s Sing Along Blog – et là, petit scarabée, si on ne l’a pas encore vue, on met sa vie en pause pendant 45 min et on clique sur le lien (ou on lit les autres articles du blog sur le sujet) ! Ne serait-ce que pour entendre le remarquable ténor de Barney Stinson (oui, celui de legen… dary).
  • FAUX : En revanche, que l’on ne s’y trompe pas. Fait avec des bouts de ficelles, ça ne signifie pas bricolé par mémé au fond du jardin. Maintenant que tout le monde a vu (j’en suis convaincue) ce chef d’œuvre qu’est Dr. Horrible, vous ne serez sans doute pas surpris d’apprendre que son créateur n’est autre que Joss Whedon. Joss qui ? Ah oui, vous avez vraiment tout raté… Juste le type qui a créé Buffy the Vampire Slayer, quoi. Eh oui.
    Ils sont de plus en plus nombreux, les professionnels qui se penchent sur la websérie, se laissant tenter par l’indépendance de la création – d’ailleurs, Whedon a déclaré après l’échec de Dollhouse qu’il ne fera plus que des webséries à l’avenir, miam. La diversité de l’offre, les moyens de diffusion de plus en plus puissants, l’élargissement du public, tout cela crée une concurrence féroce. Good news is: c’est le public qui est roi. Pas de chaînes (tiens quelqu’un a déjà réfléchi au double sens de ce mot ?), pas de choix cornélien entre les Feux de l’Amour sur la 1 et Derrick sur la 3. Sur le web, vous zappez quand bon vous semble vers un contenu infini. Alors quand une websérie survit et fait son trou, souvent, c’est un gage de qualité.
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    Troisième idée reçue : Les webséries, c’est que avec des gens que y a que leur tante qui croit qu’ils sont célèbres.

  • FAUX : On l’a déjà dit plus haut, les webséries, c’est Neil Patrick Harris, c’est Joss Whedon, c’est Nathan Fillion, ou Rosario Dawson (messieurs rappelez vous Sin City et essuyez le filet de bave au coin de vos lèvres). Ce qui se fait de doué à la télé ou au ciné se transpose sans difficultés, avec bonheur même, au web. Mais il y a mieux, le web crée des stars.

    Felicia Day

    Avant Dr. Horrible, Felicia Day, c’était une mignonne rouquine qui se promenait là où on voulait bien d’elle. Depuis, elle est productrice et actrice principale de The Guild, et son visage ne vous est sans doute pas inconnu. C’est normal, elle a raflé toute la première génération de fans que les webséries ont créée (et quand on voit sa bouille on comprend pourquoi). Do you wanna date my avatar?
    D’ailleurs pour les sceptiques il est bon de signaler que les webséries disposent de leur propre festival (un vrai avec de vraies statuettes comme l’autre là qui a un nom de squelette). Les Streamy Awards récompensent depuis l’an dernier les meilleures séries dramatiques, comiques, documentaires, mais aussi les meilleurs chefs’op, les meilleurs acteurs, réals, ou créateurs de bande son. On est dans les choses sérieuses. En 2009, Dr. Horrible (oui, encore lui, pas faute de vous avoir dit de le regarder en même temps…) a tout raflé ; cette année, à vous de voter !

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    Pistes de regardage.

    Le mieux est de vous laisser vagabonder au gré des différents sites proposés sur le web. Comme j’ai pitié de votre temps, je vous orienterai tout de même vers une ou deux pistes.

  • Depuis quelques années déjà, le site La série constitue un annuaire très complet de ce qui se fait en websérie francophone. Il y a vraiment de tout et de rien, classé par catégories, faites votre marché, si c’est mauvais ce n’est que 5 minutes de perdues, si c’est bien, c’est 4h de time agréablement wasté.
  • KoldCastTV occupe un rôle similaire en websérie anglophone. C’est parfois un peu difficile de faire le tri, mais cf. ci-dessus !
  • Pour un premier aperçu des webséries qui ont commencé à faire leur trou, voici la liste Wikipedia, toujours utile.
  • Un personal favourite, je vous relinke ici The Guild, et pas seulement parce qu’on y joue à WoW : cette série est un monument d’humour décalé sur l’univers geek. Savoureux – et disponible en VOSTFR.
  • Vous avez dit « humour noir » ? Break a leg est un modèle du genre, une remarquable série tournée par deux frères, les cinéphiles y trouveront aisément leur compte.
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    Allez, à vous de jouer maintenant, je ne vous dis pas tout. Penchez-vous sur les diverses séries présentées à travers cet article, cliquez sur les liens, partagez vos découvertes en commentaire, et soyez rassurés : à condition d’y passer quelques minutes par jour, vous ne serez plus. jamais. le has been. que vous fûtes !

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    7 commentaires leave one →
    1. Syracuse Cat permalink
      12 mars 2010 10:09

      Très très bien, j’ai adoré The Guild, j’ai hâte de découvrir le reste.

    2. Makuchu permalink
      12 mars 2010 11:20

      Hum … Mais pourquoi je viens de me faire une dizaine d’épisodes de The Guild ? … parce que c’est bien, peut-être …

    3. Lien Rag permalink*
      12 mars 2010 11:48

      Les productions de NOLIFE ça rentre là dedans ? Genre Nerdz, Noob, etc ?

      • Raniver permalink
        12 mars 2010 13:38

        Régis Robert sera de retour dans la saison 4 de Nerdz ^^
        Tu as regardé les derniers épisodes de la saison 2 de Noob ?

        • Lien Rag permalink*
          12 mars 2010 14:17

          Tiens, je pensais qu’ils avaient arrêté Nerdz, et qu’ils avaient tous quitté Nolife.
          Sinon je ne regarde pas Noob, je suis tombé dessus une fois et c’était fun, mais ça ne m’a pas plu au point que je continue.

      • Raniver permalink
        12 mars 2010 15:54

        Et il y a aussi sur Nolife la Flander’s Company. Tu en penses quoi de cette série ? 😉

        • Lien Rag permalink*
          12 mars 2010 16:43

          Mal joué et pas drôle. Désolé 🙂

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