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Audrey Tautou, poupée de cire

10 mars 2010

© Marcel Hartmann @ Contour by Getty Images

Après le Théâtre National de la Colline au début de la saison, c’est au tour du Théâtre de la Madeleine de présenter une production du chef d’œuvre d’Henrik Ibsen, Maison de Poupée. Dans le rôle de Nora, héroïne de la pièce, Audrey Tautou fait ses premiers pas sur les planches, sous la direction de Michel Fau, qui interprète également Torvald, le mari de Nora.

« Une femme ne peut pas être elle-même dans la société contemporaine, c’est une société d’hommes avec des lois écrites par les hommes, dont les conseillers et les juges évaluent le comportement féminin à partir d’un point de vue masculin. »


Ainsi parlait Ibsen de sa pièce Une Maison de Poupée, créée en 1879. Un point de vue révolutionnaire, qui lui valut les foudres de la censure – tant et si bien qu’il fut contraint d’écrire une fin alternative, plus respectueuse des conventions de l’époque. Une pièce où la femme est l’héroïne. Car si Nora commence par sacrifier son honneur pour sauver la vie de son époux, le cheminement intellectuel provoqué en elle tout au long de la pièce la pousse à commettre la faute ultime : quitter son mari pour vivre sa vie et apprendre à mieux se connaître. Un choix de liberté impensable dans cette société étouffante et cloisonnée qui est la sienne.

Un décor chargé pour symboliser cette cage dorée dans laquelle vivent Nora et sa famille, jusqu’à la prise de conscience de la jeune femme. Entre les meubles et les babioles évoluent des comédiens au teint de cire et aux yeux trop maquillés, comme des marionnettes, des poupées qui obéissent aux conventions et aux lois établies par la société. Ce n’est que lorsqu’elle annonce sa décision de le quitter à Torvald que Nora se défait de ses atours trop chargés pour enfin devenir femme.

C’est aussi lors de cette scène qu’Audrey Tautou est la meilleure. Elle se départ de son ton de voix trop haut, ralentit le débit de ses paroles pour articuler enfin, pose son jeu, ne fait plus qu’un avec son personnage. Dommage que cette adéquation ne se fasse qu’à la fin de la pièce : le reste du temps, la comédienne peine à trouver le ton juste, malgré toute sa bonne volonté. L’ensemble de la troupe adopte le bon rythme, entre frivolité de la société mondaine et gravité de la menace qui pèse sur tous.

© Marcel Hartmann @ Contour by Getty Images

Une production qui rend un bel hommage au texte d’Ibsen. À l’heure où les débats sur la maternité et la place de la femme dans la société font rage, il est crucial de voir ou de revoir ce chef-d’œuvre qui pose des questions que la société n’a, hélas, toujours pas su résoudre.

Retrouvez cet article sur Artistik Rezo !

Infos pratiques…

Maison de Poupée
De Henrik Ibsen
Mis en scène par Michel Fau
Avec Audrey Tautou, Michel Fau, Pascal Esso, Sissi Duparc, Nicolas Woirion, Flore Woixel et les enfants

Jusqu’au 27 mars 2010
Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 18h, le dimanche à 15h
Durée : 2h sans entracte
Réservations au 01 42 65 07 09
Tarifs : de 20 à 47€

Théâtre de la Madeleine
19 rue de Surène
75008 Paris
Métro Madeleine (lignes 8, 12 et 14)

www.theatremadeleine.com

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5 commentaires leave one →
  1. 18 mars 2010 11:39

    Tu as vu qu’il y avait une autre version de la pièce ? Je crois que c’est aux Amandiers, avec Marina Foïs…

    • Lib permalink
      18 mars 2010 11:51

      Le problème des Amandiers, c’est que c’est vraiment très loin pour moi 😦

      • 18 mars 2010 13:58

        Je m’en doutais un peu… Dommage, ç’aurait pu être intéressant de faire la comparaison. (Subtile manœuvre pour essayer de motiver les autres^^)

  2. Lib permalink
    18 mars 2010 14:13

    Cela dit, Marina Foïs… le doute m’envahit.

  3. 18 mars 2010 15:45

    Je ne peux rien dire, je l’ai pas vu, mais elle en parlait à la radio et c’était plutôt intéressant… Ils ont passé un extrait, un peu spé dans mon souvenir, mais avec seulement le son, c’est difficile de juger. D’après ce que tu en dis, cette version de la pièce est sans doute très différente de celle que tu as vue…
    J’ai bien aimé ce qu’elle a dit sur la version de la Colline, d’ailleurs : qu’elle attendait d’être plus confiante dans sa propre interprétation pour voir le rôle joué par quelqu’un d’autre. Ce qui m’a l’air plein de sagesse, au fond.

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