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Fantastic Mr Anderson

8 mars 2010

Nommé aux Oscars, catégorie Meilleur Film d’animation. – Gagnant : Up!.

Toujours dans le cadre de mon programme « J’ai une carte illimitée, c’est la fête, je peux aller au cinéma tout le temps ! », je suis allée voir Fantastic Mr Fox avec Vuuv, qui a elle aussi une carte qui dit « Ui au cinéma ».

Wes Anderson nous a habitué à des films un peu barrés, colorés comme des livres pour enfants, et généralement assez jouissifs (La vie aquatique, The Darjeeling Limited), et son passage au cinéma d’animation ne déroge pas à la règle. Comme je n’ai pas lu le roman de Roald Dahl, je ne peux vous parler que de ce que j’ai vu.

Mr Fox et sa femme sont rangés des voitures : ils étaient voleurs de poules (et de ramiers), l’arrivée de leur rejeton les a incités à se poser. Notre ami renard fait dans le journalisme, maintenant. Il se sent pauvre, il s’ennuie, et sa nature profonde le pousse à s’attaquer à plus gros que lui : les fermiers Boggis, Bunce et Bean, le gros, le petit, le maigre, et tous les trois aussi méchants.

Boggis and Bunce and Bean
One fat, one short, one lean
These horrible crooks
So different in looks
Were none the less equally mean.

Les animaux de la colline vont devoir s’unir pour lutter contre les trois affreux. Pendant ce temps-là, Ash, le fils Fox, a clairement des comptes à régler avec son M. Parfait de cousin… L’histoire semble sensiblement plus élaborée que celle du livre, mais en dire plus entrerait dans la vilaine catégorie des spoilers… (Bouh, bouh ! C’est mal !)

Vous l’aurez compris, c’est un film tout public, inspiré d’une œuvre de littérature jeunesse. Le message reste relativement simple : ensemble, on est plus fort et les petits peuvent battre les gros méchants industriels s’ils s’unissent, on a tous un talent fantastique lié à notre nature profonde. Ton papa t’aime très fort (Wes Anderson semble avoir some serious daddy issues), et ta maman aussi. Ce n’est pas parce que c’est basique que c’est faux ou inintéressant. Au fond, on fait difficilement plus universel.
Et d’ailleurs, ça reste tout à fait appréciable pour un public adulte – les bons films pour enfants le sont toujours.

L’animation est adorable. Un peu désuète, forcément : on a perdu l’habitude de voir des marionnettes animées image par image. Finalement, ça me fait penser au Manège enchanté ou à ces ravissantes versions animées des pièces Shakespeare¹. Ça me fait aussi penser à Albi le dragon raciste. L’animation traditionnelle est tellement plus belle que tout ce que peuvent offrir les images de synthèse, qui ont souvent recours à l’humour pour compenser – elles font souvent ça très bien, d’ailleurs. Bon, ok, il y a quand même des choses spectaculaires, notamment au niveau des décors, surtout les paysages. (Sans rire, vous avez vu le court-métrage sur les cigognes avant Up!… Wow.) Je n’ai vraiment rien contre les images de synthèse, mais là, je craque pour les marionnettes velues, la caresse du vent sur les brins d’herbe et les couleurs flamboyantes. Je vous donne un misérable aperçu de la chose (je vous parle des images, je vous mets donc la meilleure qualité possible… mais il n’y a pas de sous-titres, sorry. La version française ici) :

Le choix de l’animation image par image est probablement le plus propre à incarner cette histoire, ancrée dans l’image d’une tradition britannique peut-être idéalisée, mélange de bon sens, de poésie et d’humour. Qu’il s’agisse du premier film d’animation du réalisateur ne change en fait pas grand chose à l’atmosphère du film, si je le compare à ceux que j’ai cités plus haut : c’est très coloré, découpé en chapitres dont les intitulés nous ont bien fait rire et peuplé de doux-dingues. En VO, on reconnaît vachement George Clooney et Meryl Streep dans les rôles de Mr et Mrs Fox : ils forment un joli couple, même si on ne les aurait pas vus mariés, en chair et en os. Au générique, on retrouve aussi les amis de Mr Wes : Bill Murray (Blaireau), Owen Wilson (le prof de sport des enfants),  Jason Shwartzman (Fox junior), Willem Dafoe (le Rat)… Et tous ces gens là ont beau être invisibles, leur plaisir de jouer est à la fois manifeste et irrésistible, et leur enthousiasme est communicatif. Et même si on sait vaguement où on va, la route est toujours surprenante.

L’ambiance est aussi barrée que les personnages : à l’origine, c’est un conte anglais, qui se passe dans la verte campagne anglaise, j’imagine. Mais le film est truffé de références au cinéma américain : le Rat nous la joue West Side Story, et les fermiers se croient visiblement dans un western ou dans Le Parrain. Et ça marche. Du feu de dieu, même. Quant à la musique, elle est carrément géniale : les compositions originales sont d’Alexandre Desplat, qui est loin d’être le dernier des ploucs, et le reste va de Davy Crockett à Jarvis Cocker (qui nous fait un petit caméo en prime), en passant pas les Beach Boys et les Rolling Stones. Y a pas moyen de ne pas être de bonne humeur en entendant tout ça. Enfin, le film est riche en détails hilarants, comme souvent, chez Anderson : j’aime follement la cagoule-chaussette du renardeau, la parodie du cricket, la queue portée en cravate… Tous ces petits riens un peu absurdes qui créent une atmosphère assez unique et souvent délectable.

Fantastic Mr Fox n’est pas qu’un film d’animation pour les petits, c’est un vrai moment de cinéma pour tous.

Notes

Shakespeare: the animated tales, BBC, 1992-1994 : la liste complète des épisodes sur IMDb. Correction : Toutes les versions ne sont pas « adorables », mais celle de La nuit des rois l’est. Probablement mon premier contact avec ce qui est toujours la pièce de Shakespeare que je préfère. À vrai dire, ça pourrait bien être mon premier contact avec Shakespeare…

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2 commentaires leave one →
  1. 16 mars 2010 16:56

    Un joli film très dans l’esprit Anderson, famille totalement dysfonctionnelle, daddy issues en effet, le talent d’anderson dans la realisation, sa finesse de cadrage et de montage, la précision avec laquelle il organise l’ensemble.

    J’ai eu, malgré tout, un étrange sentiment de manque, manque de rythme, de quelque chose qui sorte de cet esprit toujours décalé, toujours doux-amer-marrant. Car il y a cette étrange douceur, que ce soit dans l’absurde ou le desespoir.

    C’est un reproche mineur malgré tout, face a la réussite de l’association de deux esprits créateurs d’un grand talent : Roald Dahl et Wes Anderson.

    17/20

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  1. DOSSIER : Oscars 2010 « Culture's Pub

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