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Glee !

2 mars 2010

Un nouvel article à quatre mains, celles de Vuuv et Syracuse Cat cette fois, pour vous parler d’un petit bijou qui nous a beaucoup plu à toutes les deux, une série qui vous mettra en joie, c’est promis ! Tout est dans le titre chantonné sur un ton suraigu à chaque début d’épisode: Glee !

Glee, ça sonne un peu comme « Cheese! », ça étire les commissures des lèvres, et indique d’emblée le chemin qu’emprunte la série : glee, c’est la joie, la bonne humeur.
Glee, c’est aussi une chanson brève, écrite pour être chantée a capella par plusieurs voix. – Ah oui ? Dis-donc, j’en apprends, des trucs… Merci, Vuuv !

Dans un lycée américain, Glee, c’est surtout le glee club, le club de comédie musicale : danse et chant, on monte sur scène et on se lâche. Au William McKinley High School de Lima, dans l’Ohio, et peut-être partout ailleurs (qu’est-ce que j’en sais, moi? je n’avais jamais entendu parler de cette activité avant ce mois de février !), c’est aussi le club des loosers. Surtout que le club n’a gagné aucune compétition depuis des années et qu’il a fini par disparaître jusqu’à ce que Will Schuester, le prof d’espagnol, ancien membre de la dernière équipe victorieuse, décide de le relancer, attirant d’abord tous les marginaux du lycée. Avant de mettre en place quelques stratagèmes vraiment machiavéliques pour séduire de nouveaux participants et former une équipe mixte de 12 membres, le minimum requis pour pouvoir prendre part aux compétitions locales, puis nationales sans lesquelles aucune activité extra-scolaire n’aurait de sens… aux États-Unis. Mais on n’est pas là pour leur taper sur le coin de la figure, nous : il y a de très bonnes choses de l’autre côté de l’Atlantique (Chuck Norris, Céline Dion, les caribous… ou pas.) La preuve !

***
*

À part la musique, qui est vraiment chouette (on y reviendra), ce qui fait la qualité de Glee, ce sont les personnages.

Les adultes : le Glee club est encadré, parfois à leur corps défendant, par un groupe d’enseignants. L’on aurait bien tort de croire que la série, pour se dérouler dans un lycée, ne traite que d’histoires d’ados. Glee c’est d’abord le regard rétrospectif d’ex-gamins populaires, qui contemplent à quel point, dans leur petite ville, leur âge adulte est tombé loin de leurs ambitions adolescentes.

  • Schue¹(ou William Schuester). Will au lycée, c’était l’ado populaire, le prom king. Chef performer du Glee Club, il l’a emmené à la victoire nationale, et tout lui promettait un brillant avenir artistique. Seulement voilà, Schuester adulte est prof d’espagnol dans son lycée d’antan, très loin des feux de la rampe, doté d’un complexe christique et accompagné dans la vie d’une ex-prom queen dévorée par ses névroses. Le package lui attire la franche détestation d’une serial winneuse du dimanche, j’ai nommé…
  • Sue Sylvester. Sue est grande, elle est blonde, elle sent bon le sable ch… ah non. Elle sent bon la transpiration de la prof du club Pom-Poms. Sue c’est la self-made woman américaine, des dents qui râclent le plancher, le meilleur sens de l’humour jaune du petit écran, et surtout, une solitude morne canalisée en une insatiable soif de vaincre, qui se traduit par les coupes qui s’entassent dans son bureau. Sa volonté de fer et son absence totale de bornes la lancent dans la compétition avec une férocité nouvelle quand le Glee club promet de la priver d’une partie de ses subventions.
  • Autour de ces deux figures tutélaires, Luke et Dark Vador, le Christ et Ponce Pilate, le Brun et la Blonde, gravite une galaxie de personnages attachants. Terri la femme paumée de Will, Emma l’adorable conseillère d’orientation, Ken le prof de sport patibulaire, le très exotique principal Figgins… Mais aussi les familles des adolescents, qui réservent parfois d’intéressantes surprises. Aucun d’entre eux n’est aussi schématique, aussi attendu qu’il en a l’air, chacun traîne des coins sombres et des sourires étouffés, des bouts d’humanité bien au-delà des rôles de musical.
  • Les jeunes : de même que les adultes ne se définissent qu’en rapport avec les ados qu’ils ont étés, les élèves du lycée de Lima sont avant tout des enfants qui essaient de leur mieux de grandir. Partagés entre des réflexes puérils, des rêves adolescents et des responsabilités qui les dépassent, ils dessinent un joli schéma des complexités du passage à l’âge adulte.

  • Faire un portrait personnel les priverait sans doute de leur saveur tant ils sont pleins de surprises et mis à nu peu à peu par la série, tant la série vaut par la finesse avec laquelle elle traite de leur évolution. Retenez la voix incroyable de la wannabe-Star, Rachel, la jolie gueule et la maladresse gentille de Finn, la foi catholique et la dévotion aux pom-poms de Quinn, la tessiture black de Mercedes, les vêtements incroyables de Kurt – et beaucoup beaucoup d’autres outcasts qui apprennent à trouver leur place, ou starlettes de high-school qui prennent conscience de leur valeur humaine.
  • Pour leur histoire et les détails de leurs personnalités, il faudra j’en ai peur regarder les 13 épisodes déjà sortis, en attendant la reprise en avril !

    ***
    *

    Reste que l‘intrigue est drôlement bien fichue. Quand je dis intrigue, je veux bien sûr parler de l’évolution des personnages, de toutes les relations qui se nouent et se dénouent entre eux : c’est quand même ce qui fait le charme des meilleures séries contemporaines. Le reste de l’histoire n’est pas d’une originalité folle (oh là là, on se demande bien s’ils vont finir par redorer le blason de leur club ?^^²). Mais ce n’est pas ça qui compte, au fond : qui s’intéresse vraiment aux enquêtes de Patrick Jane³ ou d’Alicia Florrick, de Temperance Brennan ou de Cal Lightman ? Qui se soucie véritablement des patients des Dr House ou Dorian ? Nous sommes d’accord. (Ou pas ; dans ce cas n’hésitez pas à nous manifester dans les commentaires, ils servent à ça.)

    ***
    *

    Enfin, et comme je vous le promettais un peu plus haut, ce qui fait vraiment le plus de Glee, c’est la musique : un mélange toujours entraînant de classiques de Broadway et de tubes pop on ne peut plus contemporains. De la bonne musique, du grand, du solide, du tatoué, le tout servi par des interprètes incroyables. Tous ont des voix… juste… Pfiou, quoi. Et même les personnages qu’on entend chanter qu’à partir du 10e épisode, par exemple Artie l’homme monté sur roulettes dans une version endiablée de « Dancing with Myself » , nous ont littéralement clouées sur place. Les chorégraphies sont plus ou moins sophistiquées, mais toujours millimétrées, bien sûr… Mais quand ils vont jusqu’au bout du délire, ça devient énorme (désolée pour les sous-titres en espagnol, ça reste la meilleure version :p). C’est à l’envers aussi, mais bon, même en miroir vous apprécierez !

    ***
    *

    Bref, si vous avez le moral dans les chaussettes, que vous n’en pouvez plus d’attendre le printemps, mettez un peu de Glee dans votre quotidien, ça boostera votre sérotonine, promis ! (Si vous êtes joyeux et que vos hormones se portent bien, vous pouvez regarder quand même, hein, ça ne peut que vous faire du bien. Je plussoie. Et je refuse catégoriquement de préciser où en sont mes hormones.)

    « And that’s how Sue… C’s it! »

    Notes
    1. D’ailleurs si quelqu’un peut nous dire où on a déjà vu sa mignonne petite bouille, nous sommes preneuses parce qu’après avoir passé des plombes à nous prendre la tête sur sa filmographie, nous ne sommes toujours pas arrivées à une réponse satisfaisante…
    2. Bah quoi le suspense est insoutenable avec l’antagonisme de Sue ! Non, mais ça c’est du relationnel, ça rentre plutôt dans la première catégorie, non ? Quoi je suis de mauvaise foi et mes arguments sont tirés par les cheveux ?
    3. Si Simon Baker lit cet article il peut m’envoyer une demande en mariage par Culture’s Pub, ils feront suivre ! V.

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    28 commentaires leave one →
    1. Raniver permalink
      2 mars 2010 09:13

      Les scènes où les acteurs chantent sont-elles en playback ?

    2. Syracuse Cat permalink
      2 mars 2010 10:26

      Alors bien sûr les scènes de chorégraphie ne sont pas filmées en prise de son direct, c’est juste impossible à faire, techniquement : c’est donc bien du play-back. Mais quand on les voie chanter, c’est bien les voix des acteurs qu’on entend. Toutes les chansons ont été réarrangées, réenregistrées.
      A part dans la seule vidéo qu’on vous a mise : au début de la scène (qui n’est pas dans l’extrait), il est clair que quelqu’un met de la musique. Les footballeurs dansent mais ne chantent pas. Ce que j’essaie de dire, c’est que c’est bien fait : quand les personnages écoutent de la musique, ce sont les versions d’origine, quand ils chantent, ils chantent vraiment, et c’est fait de telle manière que le spectateur ne s’y trompe pas.

    3. Cali permalink
      2 mars 2010 10:55

      Cette série a au moins le mérité d’apporter quelque chose de frais dans le paysage des TV shows US. Les nouveautés n’étant pas à la mode depuis la grève des scénaristes, Glee fait au moins figure d’épouvantail, et a d’ailleurs été la première série à être renouvelée cette année. Tant mieux, parce que chaque épisode apporte le « truc » qui fait un peu pétiller, à côté de séries qui ne font qu’aligner les saisons ( même si certaines arrivent quelque peu à se renouveler mais ce n’est pas le sujet ).

      Pour revenir à Matthew Morrison, l’acteur qui joue le Shuester, je n’ai aucun souvenir de l’avoir vu dans quoi que ce soit, contraireement à Sue qui a déjà aligné quelques petits rôles récurrents dans d’autres séries US ( Two and a half men entre autres )

      • Vuuv permalink
        2 mars 2010 12:45

        Oui et aussi The L Word où elle est assez fabuleuse 😉
        Je suis d’accord avec toi sinon et merci pour ce premier commentaire (c’est quand que tu nous fais un article tassin :p ?). Je trouve tout de même qu’aux côtés de Glee, des séries comme The Good Wife, dans un autre registre, apportent quleque chose de neuf dans le paysage télé. Mais pas de manière aussi spectaculaire que Glee, je te l’accorde.

    4. playne permalink
      5 avril 2010 18:05

      Après avoir fait une razzia de séries chez dgrv, je peux maintenant dire que j’ai vu Glee !
      (Oui, j’ai passé les 3/4 du week end glué à mon pc comme une nolife de premier choix, mais ça en valait la peine !)
      Glee, c’est la série par excellence qui vous rebooste le moral quand il flotte ou que votre mémoire vous pousse à bout, ou que vous avez la Terre entière sur le dos; trois chansons plus tard : You’re Walking on sunshine 🙂
      Je ne peux que plussoyer ce qui a été mis dans l’article par mes deux compères, pas de schémas dans Glee, on se laisse porter par la vague de vitamines sans jamais deviner la suite.
      Très chouette donc,
      Par contre je me demande où va aller la saison suivante, je crains que ça bascule dans la guimauve Disney du « feel good about yourself ». Wait and see !

    5. 6 avril 2010 08:49

      Vu la configuration de la chose, je vois mal comment ils peuvent envisager de faire plus de deux saisons en tout : une fois atteint leur objectif (ils vont forcément finir par gagner) et renouvelé l’exploit l’année suivante, nos sympathiques et talentueux héros vont se retrouver à la fac, et à moins de renouveler les 3/4 du casting et de tout reprendre à zéro (ce qui n’aurait probablement pas d’intérêt, sauf si les auteurs sont vraiment vraiment géniaux), la série est condamnée à l’implosion.
      Qu’ils nous finissent déjà la saison 1 comme elle a commencé (ça reprend la semaine prochaine, ô joie !), et ce sera génial.

    6. vans permalink
      18 mai 2010 19:14

      Je viens de m’y mettre : j’adôôôre !! 🙂

    7. Maud♪ permalink
      17 août 2010 16:59

      Quelle belle review de la série ! Je suis plus réservée et j’ai quelques critiques, mais j’ai quand même dévoré les épisodes…

      • 17 août 2010 20:14

        Bonjour, Maud, et merci de ton commentaire : ton avis nous intéresse, n’hésite surtout pas à développer ! Ça n’en a pas forcément l’air, mais les commentaires servent à ça^^

    8. Lien Rag permalink*
      22 octobre 2010 08:42

      Alors, j’ai commencé la série sous la pression populaire et j’ai rapidement trouvé ça super sympa.
      Par contre ya que moi qui trouve qu’après la coupure de mi-saison (ep.13, the sectionnals), ça devient chiant et moins inspiré ? J’en suis à l’épisode 18 environ.

      • 22 octobre 2010 10:52

        Je dois être un ou deux épisodes derrière toi, je te dirai 😉

      • 24 octobre 2010 08:07

        Non, il n’y a pas que toi, je l’ai entendu aussi, même si je ne suis pas de cet avis. L’épisode 19 a été réalisé par Joss Whedon et sa guest star a eu l’Emmy du meilleur invité dans une série comique ou musicale, ta da !
        Je pense que la 2e moitié de la saison est moins enlevé, parce qu’un peu plus grave, au fond. Quant à la saison 2, qui vient de reprendre, elle est plaisante mais un peu inégale, avec des moments très très réussi, et d’autres plus… communs, disons.

        • Lien Rag permalink*
          24 octobre 2010 09:09

          Moi l’impression que j’en ai c’est que la 1e demi saison a été prévue once-in-a-row, et elle a donc une histoire qui évolue. La 2e demi saison a du être imaginée plus tard, après avoir vu le succès de la 1e, elle est donc moins inspirée, et surtout les épisodes sont indépendants, des petites saynètes, des farces… mais pas le feuilleton suivi qu’il y avait avant.

        • 25 octobre 2010 21:25

          L’histoire de n’importe quelle série sur n’importe quelle grande chaîne américaine, quoi… C’est minable, on est assez d’accord.

        • Lien Rag permalink*
          26 octobre 2010 07:55

          Il y a aussi parfois le phénomène inverse : Stargate Universe était sûr de passer la demi saison, résultat ils ont mis tous les épisodes sympa à la fin, et la premiere demi est lente et molle. Du filler, du filler, du filler

          Pour l’épisode 19 de Glee, c’est plus l’influence Neil Patrick Harris que la patte de Whedon qui se ressent. Reste à savoir si NPH est là par invitation de Whedon (ou le contraire..).
          C’est marrant, mais autant au cinema nous donnons tout le crédit au réalisateur (aux US ils donnent tout le crédit au producteur, d’où le décallage entre nos mondes), quitte à en oublier le scénariste, dans les séries c’est réalisateur le rôle ingrat.

    9. Lien Rag permalink*
      23 novembre 2010 14:24

      Bon, le 1er épisode de la saison 2 est bien plus palpitant que tous les épisodes de la 2e demi saison 1.

      Et pour les mecs qui n’aimaient pas glee, voilà des arguments convaincants ^^

      • 23 novembre 2010 14:41

        Je l’ai trouvé un peu chaotique, moi. L’épisode 3 est sans doute mon préféré de la saison 2. Disons qu’il y a plein de bons moments, mais l’ensemble manque parfois un peu de cohérence. Cela dit, je trouve que dans l’ensemble, le niveau se maintient quand même pas mal.

        • Lien Rag permalink*
          23 novembre 2010 15:06

          J’ai trouvé qu’il y avait une bonne relance des intrigues (reste à savoir comment ils vont transformer ça) ; mais certes c’était très dense.

    10. Lien Rag permalink*
      24 novembre 2010 09:54

      Bon, je suis formel, après avoir écouté ça, surtout la 2e, Finn utilise un auto-tune. Je suis un peu déçu. Il a déjà les capacités de jeu d’acteur d’une moule, si en plus il n’est pas capable de chanter…

      • 24 novembre 2010 21:44

        J’ai toujours pensé que Finn n’avait pas une voix extraordinaire, surtout comparé à Rachel (même si je trouve qu’elle a tendance à en faire trop) – tu confirmes mon intuition. En plus, il a vraiment l’air d’un grand benêt. Je préfère Kurt. Il est hallucinant sur Defying Gravity (que j’adore hurler dans ma voiture, mais seulement quand je suis toute seule, of course).

      • 25 novembre 2010 08:43

        Clairement, il a été recruté pour son physique de grand benêt, sans expérience de la scène musicale, et vu son âge, ça ne devait être si dans ses cordes, ni dans ses ambitions, on est d’accord. Cela dit je trouve que pour son âge (le nôtre en fait, voire un peu plus), il est quand même à peu près crédible en nigaud du lycée^^

    11. Lien Rag permalink*
      16 décembre 2010 09:33

      Au jeu : dans quels films a joué Schuester, j’ai deux nouvelles réponses :
      le flic dans « coup de foudre à rhode island » (pas de commentaire !)
      l’assistant de Cora dans « le come-back » (celui là j’assume)

      • 16 décembre 2010 16:11

        Pour Le Comeback, oui, je suis tombée dessus à la télé l’autre jour, pile la bonne scène^^ L’autre je ne l’ai pas vu, alors je ne dis rien.

    12. 10 janvier 2011 17:20

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