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Le cinéma américain des années 60 à nos jours

28 février 2010

Pour ceux qui me connaissent, ils savent probablement que je ne porte pas haut les Américains dans mon cœur. Et pourtant, pour le premier article que j’écris pour ce blog, je les mets d’une certaine façon à l’honneur en parlant d’eux. Pis encore, je m’intéresse au fer de lance de ce que je considère être une sous-culture qu’ils vomissent sur l’ensemble du monde, ce cinéma américain de nos jours que je qualifierais d’ « hollywoodien ». Prière aux adorateurs du contre-exemple de s’intéresser plutôt au message, à l’intention que j’entends donner au présent article plutôt que de dénicher le film qui me fera mentir. Et voilà que j’introduis déjà subrepticement le terme clé sur lequel je vais m’appuyer pour me permettre de confronter le cinéma américain actuel avec celui de quelques décennies auparavant.  Je m’explique.

J’écris cet article une intention. De même j’attends du cinéma, ou d’une toute autre forme d’expression artistique, peu importe laquelle, qu’il dégage une intention. Prenons un exemple de tout ce qu’il y a de plus récent de ce cinéma hollywoodien actuel : j’appelle à la barre Up in the air.

Oui, il s’agit bien du film avec la vedette l’ami George.  Comme ce film n’en vaut pas véritablement la peine, malgré ses airs de film sensible qui s’adresse donc à un public sensible, je ne ferai pas l’effort de ne pas divulguer l’intrigue, le suspens, tout ce qui peut pousser des gens à voir un film. Je n’ai aucun mépris pour le suspens et l’intrigue, donc disons plutôt tout ce qui peut procurer ce fameux divertissement pour personnes fatiguées après le boulot. Pour les deux films que je décrirai par la suite, je ferai en sorte de ne gâcher en rien votre éventuel plaisir à les découvrir.

J’en reviens à  George.  Qu’est-ce qu’il veut nous dire dans ce film ? Je me réponds à moi-même : est-ce vraiment la question ? Un film doit-il nous dire quelque chose ou simplement nous divertir, nous procurer du plaisir ? Nous procurer du plaisir, je ne suis pas contre. Nous divertir, pas de problème non plus, mais dans ce cas je me poserais la question de savoir si on s’amuse tous des mêmes choses. Je me complais dans le snobisme ? On va voir.

George, je l’appelle par son vrai nom parce que son jeu d’acteur se veut touchant et proche de nous ; il devient très vite notre ami. George, dans ce film, incarne un homme élégant et solitaire, qui assume une position sociale particulièrement détestable, son travail étant de virer des employés et de leur dire le mot de la fin auprès d’entreprises qui n’ont pas le courage de le faire elles-mêmes. C’est également un homme en perpétuel mouvement, sans aucune attache dont l’appartement est à peine aménagé et où il séjourne à peine : en effet, son but secret est de parvenir le plus rapidement à un million de miles pour arriver dans le club très select ou il bénéficiera d’avantages très superficiels auprès de sa compagnie aérienne favorite. Via sa profession, il quadrille en effet l’immense territoire des États-Unis, voguant chaque jour d’un aéroport à un autre pour rendre toujours visite à une nouvelle entreprise. Ça bouge toujours avec lui, on ne s’ennuie pas. Les visages sont toujours différents, les villes aussi. Pas de responsabilités familiales, on s’ennuie, ça nous cloue au sol, on traîne toujours ça comme un boulet avec soi (il organise d’ailleurs dans le film de très édifiantes conférences pour se décharger du poids de la vie via une métaphore osée du sac à dos).
C’est en somme un peu un héros de nos temps modernes (toi qui a lu Un Héros de notre temps de Lermontov, ne me tiens pas rigueur du détournement de l’expression). Les actions quotidiennes qu’il perpétue provoquent la ruine d’une société qui travaille – une employée virée en vient même à se suicider – mais c’est son boulot qui l’oblige à le faire, et lui c’est quand même un sacré homme fort parce que ce n’est pas tout le monde qui pourrait accepter cette terrible charge, cette pression, ce poids des conséquences. C’est malgré tout un personnage profondément humain et compatissant, original, qui fait du mal, le sait bien et le fait très bien (c’est le meilleur de sa boîte). Est-ce lui qui représente au final l’exemple du véritable mâle, celui qui concentre en lui toute la misère, tout le mal d’une société qui se délite, un saint sexy qui ramène à lui toute la détresse du monde ? Non. Non, ils ont quand même une morale les Américains, il ne faut pas croire.
Enfin, c’est là que tout se complique. En effet, dans le registre moral, avec les Américains de notre génération, il vaut mieux en rester au niveau 8-12 ans avec des dessins animés de Walt Disney (et on s’étonne que notre société ne veut plus grandir après !). Car ce qui arrive à notre héros, George, fut le seul événement à briser sa carapace d’homme sexy-solide : il prend conscience qu’il a des sentiments véritables pour un membre du sexe opposé grâce à l’éclairement de sa jeune associée, Nathalie, major de promo, « requin parce que je le vaux bien » , mais sans le calme flegmatique de G. – ceci venant très certainement avec l’âge lorsque l’on est assez désabusé, à l’instar du magnifique dialogue entre George et sa belle, alias les vieux cons, et Nathalie jeune et malheureuse car elle vient d’être plaquée par son mec qu’elle avait suivi par amour.
Et oui, il est foutu notre George, car à présent il est dépendant et ça lui fait très mal. Il plaque son boulot, sa vie dont il se rend compte seulement maintenant qu’elle n’a aucun sens et se précipite à l’adresse de sa belle afin d’enterrer définitivement sa solitude. De la part du personnage, on doit comprendre que le geste est héroïque. À l’arrivée surprise, la belle ne l’avait pas prévenu qu’elle avait un mari et des enfants, le tout emballé dans un pavillon de banlieue. George est effondré, K.O. Plus fort que le héros, le pouvoir manipulateur du beau sexe désabusé. Quant à la petite jeune, George l’a aidée à retrouver un nouveau boulot dans une vraie ville (San Francisco). Ça arrache, on se demande ce que nous a apporté ce film.

J’en reviens à la notion d’intention : mais qu’est-ce que tout cela signifie ? D’une part, aucune intention, nous sommes dans du cinéma commercial, nous ne faisons donc que de la morale, j’entends par là cette notion péremptoire du sens de la vie que souhaite nous imposer la société « ambiante ». Une morale qui change avec les siècles, qui n’a rien d’éternel et qui va à l’encontre de la libre-pensée pour ceux qui sont sous son joug. En termes plus technocrates, on appelle cela du comportementalisme. C’est ce que l’on veut de vous et cela coïncide très bien avec l’apologie de l’opinion de masse qui sévit aujourd’hui. Enfin, la morale dans ce film, il faut la chercher loin. George Clooney a-t-il trop pêché par égoïsme et paie-t-il ses fautes ? Soit, mais pourquoi la belle qui avait pourtant une bonne vie de famille s’est-elle avérée malgré tout malheureuse et les trompait tous froidement ? Cela dit, à quoi bon être accompagné(e) pour tromper ? À moins que l’on ne puisse jamais aimer le/la même pour toute la vie ?
Et la petite jeune, elle s’en sort bien, mais ne va-t-elle pas enchaîner les mauvaises aventures, elle qui a conseillé George Clooney et avait tout compris aux sentiments mais qui par ailleurs n’avait même pas constaté que son propre mec était un con ? Qu’importe, viendra le bon temps où son cœur sera également flétri et ne souffrira plus. Elle sera à son tour désabusée à force d’expériences sordides.
Quelle est donc la vraie morale à mon goût ? L’humain, c’est vraiment de la merde finalement ! Nos congénères ne sont que des êtres fourbes et trompeurs, il est inutile de croire en la progression de l’individu, en la naïveté de rapports sociaux honnêtes et altruistes. Ce qu’il faut c’est avoir un cap de réussite et tenir ferme. C’est la jungle, le monde urbain, il ne faut pas se poser de questions philosophiques, il faut s’insérer à tout prix dans une stabilité économique ou amoureuse, il ne faut pas se retrouver sur le carreau. Les flux d’individus se croisent et si à un moment on se retrouve dans le caniveau, si on ne sait plus où aller, alors on reste sur le côté (alors autant avoir l’objectif de collectionner un million de miles que rien du tout !). Tout cela est très édifiant. Après un tel film , je ne pense qu’à une chose : vivement que l’on en finisse et que l’on s’approche au plus vite de la mort sans s’en rendre compte grâce à de bons gros divertissements !

Ma critique est probablement sévère mais Syracuse Cat tire de même des conclusions un peu amères du film, même si son approche est différente.

Mais il est trop fatiguant de passer son temps à fustiger alors qu’il y a tant de choses à aimer. Revenons à un état d’esprit cinématographique qui correspondait également un état d’esprit de société tout à fait différent.

Le pessimisme a-t-il toujours régné ainsi sans partage ? Pourtant, même aux États-Unis, il a existé un âge d’or d’optimisme, de créativité , de rupture avec les dogmes et de libre-pensée, à mon goût dans la même veine que celui les Lumières aux XVIIIe siècle. Prenons d’abord un procédé littéraire simple. Par exemple, celui du thème de la piraterie dans les Caraïbes, les pirates étant communément associés à des êtres non fréquentables à l’irascibilité sanguinaire. Soit. Cependant, en se resituant dans le contexte des Caraïbes sous l’emprise de l’impérialisme espagnol, à savoir une exploitation des ressources sans développement des hommes et ni des territoires qui s’y trouvent, en somme un pillage organisé au profit de l’Espagne (la définition d’un empire tout simplement), la population ne peut plus avoir que recours à la contrebande pour trouver un bol d’air dans un contexte d’étouffement économique. Les pirates sont les acteurs de la contrebande, ils œuvrent en un sens pour leur peuple mais l’illégalité de leur statut finit toujours par avilir les individus et très certainement de nombreuses exactions sont commises par eux. Il n’en demeure pas moins qu’une fois occultées ces bassesses, l’écrivain peut ré-exploiter ces figures pour promouvoir la libre-pensée en son siècle. Le pirate incarnera la révolte contre l’impérialisme. Reprenons le même procédé, en remplaçant les pirates par les hippies.

Aux États-Unis, de nombreux combats sociaux œuvrant pour le peuple américain trouvent un puissant vecteur d’expression par le biais du cinéma. Premier exemple : le film musical Hair de Milos Forman sorti en 1979.
Claude Bukowski, fermier de l’Oklahoma, décide de visiter New York avant de partir s’engager pour la guerre du Vietnam. Il  y rencontre des hippies qui vont au cours de ces quelques jours bouleverser ses certitudes avant un irrémédiable départ. À l’instar des pirates du paragraphe précédent, ce mode expression artistique courant nous invite à côtoyer des personnalités hors du commun. Hors du commun à la George Clooney ? Ces hippies sont débarrassés dans le film de nombreux  stéréotypes dégradants auxquels ils sont d’habitude associés. Ils ne boivent ni ne fument et surtout ils respirent la cruciale nuance entre liberté et responsabilité. En fait, aux yeux de Milos Forman, ils demeurent les derniers garants du libre-arbitre, de l’engagement politique et de l’amour fraternel : quand on constate l’attention qu’ils vont porter à Bukowski, et finalement à tous les protagonistes qui leur ont été parfois initialement hostiles. Ici, la justice, l’armée, l’aristocratie expriment plus que jamais leur conformisme criminel sans en avoir bien évident la moindre once de conscience. Outre la qualité musicale vertigineuse, Hair est un film qui participe véritablement à la construction d’une paix sociale par l’élévation des individus, et c’est bien là que nous éprouvons un plaisir infiniment supérieur au simple divertissement.

Deuxième exemple, dont le début est étrangement similaire, et il ne s’agit peut-être pas d’une coïncidence : Midnight Cowboy, de John Schlesinger, sorti en 1969.
Joe Buck (Jon Voight) quitte l’Amérique profonde où il est réduit à nettoyer la vaisselle, et rejoint New York pour s’y lancer dans la profession de gigolo. Une sorte de « rêve américain » revisité, celui-ci ayant manifestement déserté les campagnes pour subsister dans quelques mythiques grandes villes comme New York. Une fois de plus, le héros incarne une personnalité sulfureuse mais c’est bien de ceux qui sont installés dans leur vie new-yorkaise qui vont montrer le pire visage. Ratso Rizzo (Dustin Hoffman) y fera rapidement la rencontre de Joe Buck. À eux deux, ils illustreront l’improbable survie de gens de cœur au sein d’une société rationnelle et frustrée.

Je propose des films d’antan tout en rejetant l’ensemble de ce qui se fait aujourd’hui. Est-ce que je ne vis pas avec mon temps ? Allez, je fais donc un petit effort … Wouhou , gloire à Up in the air qui m’a donc fait défiler plus vite deux heures de vie de merde avec la prime cadeau : le contentement de se croire très bien en comparaison du personnage très improbable que représente Georges Clooney !  On fait aussi tirer quelques larmes de pitié pour se convaincre que l’on est également par ailleurs sensibles ! Somme toute, ça se regarde, ça divertit un point c’est tout. Ça nous rapproche de la mort inlassablement. Ça me donnerait presque envie de prendre un abonnement pour en voir plus et pour moins cher, comble du génie contemporain !

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45 commentaires leave one →
  1. Toyboy permalink
    1 mars 2010 00:02

    « Pis encore, je m’intéresse au fer de lance de ce que je considère être une sous-culture qu’ils vomissent sur l’ensemble du monde, ce cinéma américain de nos jours que je qualifierais d’ « hollywoodien ». Prière aux adorateurs du contre-exemple de s’intéresser plutôt au message, à l’intention que j’entends donner au présent article plutôt que de dénicher le film qui me fera mentir. »

    En gros, tu prends un film en exemple (in the air) pour qualifier le ciné hollywoodien actuel de sans intéret, et tu nous demandes de ne pas te répondre de la même manière, quoi^^.
    Enfin bref, désolé si je suis un peu sec vis à vis de ton premier article, mais epic fail, imo… Et puis, prendre Jason Reitman comme apôtre du ciné Hollywoodien, et en parler comme d’une sous culture, c’est assez énorme, je trouve! (surtout quand c’est soutenu par aussi peu d’argument par la suite)

    PS: Il est probable, si j’ai le temps de me relire un jour, que je vienne m’excuser de ces propos abruptes, mais je ne supporte pas les gens qui cassent le ciné américain actuel en le qualifiant de sous culture, alors qu’il est extrèmement riche et en renouvellement constant depuis la dernière décénnie (Nolan, Reitman, Mendes, Fincher, Aronofsky, Mann, Wes Anderson, pour ne citer que ceux que j’ai en tête à 1h du mat passée…)

    • foudragon permalink
      1 mars 2010 10:18

      Bien bien. A ma grande déception, on ne me répond que par des contre-exemples. Je l’avais pressenti et j’avais cru m’en protéger en m’attaquant à ce que j’appelais hollywoodien. Manifestement, cela n’a pas suffi et sûrement rien n’aurait pu vous suffire. Alors vive le cinéma américain, c’est parti. C’eut été trop arrogant de traiter tout leur cinéma en un article (et 3 films) de toute façon. Qu’attendiez-vous ? Je pensais n’avoir jeté qu’une pierre dans l’eau. Il n’y a sûrement pas de phénomène de masse dans le cinéma (américain) bien entendu ^^.
      Mais non, il n’y a rien à faire, que du contre-exemple, c’est le pire que je pouvais envisager comme commentaire. Il n’y aura donc pas de débat (je n’attendais pas une réponse toute faite) sur un phénomène dont je reste persuadé qu’il existe. J’ai au moins la réponse que nous n’avons pas le même sentiment sur la question. Ou peut être tout le monde se croit le plus malin en pensant aller voir les bons films dans ce qui se fait. Mais justement, je prétend argumenter que ceux qui pensent que Jason Reitman n’est pas un apôtre du cinéma hollywoodien (actuel) se trompent en m’appuyant sur la notion d’intention. En plus, Hollywood a toujours été plus soumis à une politique que le cinéma français par exemple (les comédies après la grande dépression, les super-héros …). Aujourd’hui c’est pareil (le culte du pessimisme) et je voulais en parler. Bon, stop. Point trop n’en faut. Moi aussi je m’échauffe un peu à présent. Je vous accorde donc que je réduirais ma critique à ce simple film plutôt qu’à tout un genre, ce n’était pas le plus important à mon goût.

      • Lib permalink
        1 mars 2010 10:56

        Moi, ce qui me gêne, c’est ça : « Je propose des films d’antan tout en rejetant l’ensemble de ce qui se fait aujourd’hui. »

        Et du coup, je comprends la tentation de Toyboy de répondre par des contre-exemples. Parce que quand tu dis « l’ensemble de ce qui se fait aujourd’hui », tu mets tous les réalisateurs américains actuels dans un même panier où ils ne peuvent pas se côtoyer. Je ne supporte pas les généralisations, et là, tu généralises. Toyboy a répondu par des contre-exemples, je pense, parce qu’il a estimé qu’on ne pouvait pas rejeter tout en bloc – il a ‘dégénéralisé’ ton propos. Enfin, c’est ce que je comprends, il saura nous dire ce qu’il pense vraiment.

        Mais bon, là je suis au boulot et je n’ai pas le temps de répondre plus longuement, mais j’essaierai de le faire ce soir.

  2. Toyboy permalink
    1 mars 2010 00:20

    OMG, j’ai également oublié:

    – Paul Thomas Anderson (peut être le plus grand actuel)
    – Judd Apatow
    – Guillermo del Toro
    – Ang Lee
    – Paul Greengrass
    – Steven Soderbergh
    – Sofia Coppola
    – James Gray

    Je peux continuer la liste encore et encore, au cas où^^.
    Je peux sortir leur filmos, également, si tu le souhaites, histoire d’aborder plus en détail cette magnifique sous culture qu’ils, je cite, vomissent sur le monde (pour mon plus grand plaisir!) 😉

    • Lib permalink
      1 mars 2010 09:36

      +1

      (je répondrai de manière plus argumentée et plus élaborée à l’ensemble du billet quand j’aurai plus de neurones (il n’est jamais que 10h39 du matin), mais en gros, moi je pense grosso modo comme Toyboy dans cette histoire)

  3. stef808 permalink
    1 mars 2010 10:37

    Mon regret est de ne pas trouver dans l’article la réponse à la promesse de l’ambitieux titre de « cinéma américain des années 60 à nos jours »… Après pour le contenu… C’est un autre débat.

  4. Syracuse Cat permalink
    1 mars 2010 12:38

    En effet, le titre est mal choisi, voire limite mensonger… Faut pas pousser quand même. Moi aussi, je subis parfois la tentation de l’anti-Américanisme primaire, mais là je trouve que tu pousses le bouchon un peu loin : quitte à taper sur le cinéma hollywoodien, tape sur les grandes productions véritablement « commerciales », donne-t-en à cœur joie sur Avatar, si tu veux (que tu as vu et pas moi, en plus), cite des daubes, balance des noms… Bref, étaye ton argumentation par de vrais exemple au lieu de prendre In the Air pour ce qu’il n’est pas. Ce que tu as pensé du film, ça te regarde, ce que tu en tires aussi. Et je ne vois pas l’utilité d’en débattre, tout ceci est subjectif, personnel, intime, et on n’est pas obligé d’être tous d’accord. Je n’ai pas adoré ce film, j’ai trouvé qu’il y manquait quelque chose, qu’il n’allait sans doute pas assez loin, et j’ai déjà donné mon avis, je ne vais donc pas m’acharner à le défendre. Pas envie de faire l’avocat du diable.

    Pour t’embêter sur des détails pratiques, aussi, tant que j’y suis, je te cite : « Je ne ferai pas l’effort de ne pas divulguer l’intrigue, le suspense… » Enfin, c’est quand même ce que tu fais sur quatre paragraphes^^ Mais bon, c’était juste l’interlude de mauvaise foi, je n’irai pas plus loin. C’est juste dommage que tu fasses l’exact contraire de ce que tu dis au dépend de ton argumentation. Ton point de vue est tranché, soit, libre à chacun de penser ce qu’il veut, mais quand on exprime une opinion aussi radicale, à défaut d’avoir un propos nuancé et diplomate, il faut au moins avoir une argumentation solide au risque de passer pour snob ou rétrograde.

    Pour ma part, je crois que tenter de nous montrer le monde tel qu’il est pour que nous nous posions des questions est une « intention » tout à fait louable.

  5. Toyboy permalink
    1 mars 2010 15:03

    « Bien bien. A ma grande déception, on ne me répond que par des contre-exemples. Je l’avais pressenti et j’avais cru m’en protéger en m’attaquant à ce que j’appelais hollywoodien. »

    Tu me donnes un exemple, je te donnes un contre exemple. Toute ton argumentation censé faire passer le ciné Hollywoodien pour une sous culture est basée sur un seul film. Tu te serais donné la peine d’argumenter sur le courant Hollywoodien des années 2000 dans son ensemble, j’aurais pris la peine de faire de même.
    Par ailleus, si tu voulais vraiment te protéger contre les contres exemple, je suis vraiment pas persuadé qu’utiliser un exemple soit le moyen le plus fin de le faire…

    « C’eut été trop arrogant de traiter tout leur cinéma en un article (et 3 films) de toute façon. Qu’attendiez-vous ? »

    Je rappelle à toute fin utile que le titre de ton article est « Le cinéma américain des années 60 à nos jours », et qu’en lisant ton introduction, on souhaite découvrir pourquoi le ciné Hollywoodien d’aujourd’hui doit être considéré comme une sous culture. Manifestement, tu ne maitrises absolument pas les messages que fait ou non passer ton article.

    « Mais non, il n’y a rien à faire, que du contre-exemple, c’est le pire que je pouvais envisager comme commentaire. »

    Je ne t’ai pas donné des contre exemple, ou alors on s’est vraiment très mal compris. Je te donne une dizaine de réalisateurs d’aujourd’hui, n’ayant comme seul dénominateur commun le fait de faire parti d’Hollywood, et d’avoir du talent. Ils ne font pas les mêmes films, n’ont pas la même vision du cinéma, n’introduisent pas les mêmes morales dans leurs films, et pour rester dans un champ lexical qui semble t’être cher, n’ont pas les mêmes intentions une fois derrière la caméra.
    Ces réalisateurs ne sont pas des « exemples ». Ils SONT Hollywood. Ils sont certe ce qui se fait de mieux d’Hollywood, mais ils ne sont clairement pas une minuscule minorité, comme tu le prétends….

    « Il n’y aura donc pas de débat (je n’attendais pas une réponse toute faite) sur un phénomène dont je reste persuadé qu’il existe.  »

    Suffit pas d’en être persuadé, coco. Mais je ne t’en tiens pas rigueur, reste persuadé, tu ne sais juste pas ce que tu rates^^.

    Par ailleurs, pour que ma réponse soit tout à fait complète, je tiens à dire que je ne vois aucun inconvénient à être pris pour un abruti n’ayant pas compris la moitié de telle ou telle argumentation. En général, ça me fait souvent rire, et ça me remet en place. Mais là, pour le coup, ça me casse juste les couilles (de fait, felicitations, tu justifies dès ton premier article le surnom que nous nous sommes donnés;-)).

    Toyboy, en direct du bureau, où il apprécie sa premiere semaine de dispo depuis près de 2 mois 🙂

    • Syracuse Cat permalink
      1 mars 2010 17:06

      Quels qu’en soient les défauts, cet article aura au moins eu le mérite de te faire écrire : welcome back, Toyboy, ça faisait un sacré bail !

    • Lib permalink
      1 mars 2010 18:07

      « Par ailleurs, pour que ma réponse soit tout à fait complète, je tiens à dire que je ne vois aucun inconvénient à être pris pour un abruti n’ayant pas compris la moitié de telle ou telle argumentation. »

      Bien vu. Au fond, ce qui me gêne dans cet article, ce n’est pas l’avis exprimé : après tout, Foudragon a le droit de penser ce qu’il veut, même si en ce qui me concerne, je ne suis pas du tout d’accord avec lui. Mais il pense ce qu’il veut.
      Cependant, transpire de cet article une arrogance qui me coupe le souffle. Je ne sais pas si telle était l’intention (justement !), mais je ne ressens que mépris et passéisme en lisant ces mots – un ton de ‘ah, c’était mieux avant, mes enfants’ qui, j’ai bien peur de le dire, me rappelle ma grand-mère.

      Moi qui suis pourtant une grande fan de cinéma hollywoodien (je choisis le terme avec intention) des années 30 à 60, je suis loin de cracher sur la production actuelle. Oui, il y a des films que je trouve pourris. Oui, il y a des blockbusters qui m’ennuient prodigieusement. Mais il y en avait avant, et si la postérité ne les a pas retenus, c’est qu’ils n’en valaient pas la peine. Gageons que la postérité saura séparer le bon grain de l’ivraie dans le cas qui nous occupe.

      Tu ne veux pas de contre-exemple ? Ce qui est bien, c’est que toi, tu en donnes trois, mais tu nous empêches d’utiliser les armes qui nous permettraient d’étayer notre propos. Tu fais donc de tes exemples des arguments d’autorité, sans nous donner la possibilité d’en faire autant. Je ne trouve pas ça très honnête.

      Je suis fatiguée, je l’avoue, j’ai du mal à saisir ta thèse principale. Si j’ai bien compris, c’est le pessimisme du cinéma actuel qui te désole. Ce qui est balot, c’est que tu ne veux pas que j’utilise un contre exemple de cinéma ‘d’avant’ pour te montrer que oui, il y a des vieux films qui sont pessimistes (Le Parrain, opus 1, j’entends, c’est vrai que c’est un point de vue infiniment optimiste sur la société américaine… La mafia étend ses tentacules, les plonge dans le monde de la drogue et en sort plus forte.) Et il y a des films récents qui sont foncièrement optimistes. A commencer par Une éducation, que j’ai vu ce week-end, mais je ne couperai pas l’herbe sous le pied de Syracuse Cat, qui doit en écrire un article incessamment sous peu.

      • Syracuse Cat permalink
        1 mars 2010 21:34

        Vivivi, ça vient.

  6. Lib permalink
    1 mars 2010 17:47

    Au passage, Foudragon : quand tu donnes des spoilers, signale-le avant. Je compte voir le film ce mois-ci, et maintenant, je connais la fin, je suis un peu dégoûtée sur ce coup-là…

  7. DeD permalink
    1 mars 2010 21:24

    Je vous trouve rudes avec cet article : vous voulez des points de vue personnels, moins encyclopédiques. Pour le coup, c’est plutôt réussi, non ?
    Après, on peut penser ce qu’on veut de la tactique qui consiste – à mon humble avis – à généraliser à l’excès (notamment dans l’accroche) afin de faire réagir le lecteur, d’une manière, ou plutôt d’une autre, en l’occurrence, je comprends …
    Elle a néanmoins ses mérites, et vos hoquettements horrifiés n’en sont pas les moindres 😉

    Moi, j’aime bien, c’est sa vision des choses, juste, erronée, biaisée, réductrice, idéaliste, rétro, je n’en sais rien, mais j’ai trouvé ce point de vue intéressant, et bizarrement j’ai presque envie de voir ce film, juste pour savoir s’il est plus ou moins que la bouse patentée qui nous est décrite ici.

    Notons tout de même que, en dehors de toute généralisation, il est tout de même assez évident qu’un pourcentage élevé des scénarios de films américains sont écrits avec les pieds sur un coin de table par des équipes composées de financiers, de commerciaux, de psychologues et autres, non pas afin de créer une oeuvre, mais de provoquer des profits les plus élevés possibles.
    Le type de films qui est décrit dans cet article fait, par exemple, partie des films à faible risque, en raison du faible montant d’investissement nécessaire (juste le casting). C’est donc un produit qui vise à équilibrer le portefeuille, qui comporte également des produits à plus haut risques (les effets spéciaux coûtent cher et sont longs, d’où un temps de retour sur investissement potentiellement moins rapide et un plus grand nombre d’entrées requis avant de rentrer dans ses billes).
    Je vous épargne le côté « adaptation du scénario aux conditions socio-économiques subies par les masses populaires visées afin de favoriser l’identification aux protagonistes », sinon ceux qui voulaient aller le voir risquent de mal le prendre.
    Pareil pour l’aspect « Aimer, c’est bô. »
    Voilà, juste pour tempérer le côté « bouh le méchant vilain qui sent le pâté », parce qu’on ne se refait pas.

    Juste un truc, bien que je ferais mieux de me la fermer : pour moi, ce site se veut éclectique, et il me semblerait presque que certains commentaires viennent à douter du droit inaliénable des gens à écrire ce qu’ils veulent du moment que ce n’est pas illégal.
    foudragon, je te laisse sur cette citation : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire »

    • Makuchu permalink
      1 mars 2010 21:36

      Ben en fait je suis assez d’accord … Ded, j’attends donc ton article, et je me battrais juste qu’au bout des ongles pour que tu puisses le dire… ou l’écrire, déjà 🙂

      Et pour Foudragon, déjà bienvenu ! (si, si j’te jure …). Pour le reste, n’ayant pas vu le film démonté en question, ni même les autres en fait, j’attends donc de les voir pour « juger » …bien que juger, c’est aussi le maaal …
      Le seul reproche que je me sentirais en droit de faire serais effectivement sur le titre, mais bon, on a chacun ses trucs pour essayer de ramener du monde, y en a c’est du sexe entre gens bleus, et d’autres ne parlent que de BDs alors hein, bon… Bref, j’attends ton prochain article !

    • Vuuv permalink
      1 mars 2010 21:40

      Certes 🙂 Une phrase toujours dans le but de détendre l’atmosphère, par le merveilleux Mark Twain : « C’est la différence d’opinion qui fait les courses de chevaux. ».
      A méditer.

    • Lib permalink
      2 mars 2010 09:34

      « Je vous trouve rudes avec cet article : vous voulez des points de vue personnels, moins encyclopédiques. »

      Mais c’est le jeu d’un article polémique : lancer le débat. Dans la mesure où Foudragon a écrit un article ‘épidermique’, il devait s’attendre à une réponse du même acabit.

      Moi, en lisant cet article et l’un des commentaires de Foudragon (pas tous, juste celui qu’il a adressé à Toyboy), j’ai ressenti beaucoup de mépris et de pédanterie, et j’ai eu l’impression qu’on me prenait pour une conne. Foudragon s’est expliqué dans ses articles suivants, et je l’en remercie.

      Cela ne m’empêche pas de penser que Foudragon généralise trop, et de ne pas être d’accord avec sa vision des choses. Je peux ?

      (et puis moi, je n’ai jamais trouvé qu’il y avait trop d’articles ‘encyclopédiques’, il y a un peu de tout – même si d’aucuns s’obstinent à prononcer chaque article un peu négatif comme le premier sur le blog, alors qu’il commence à y en avoir un paquet. Moi, je ne vois pas l’intérêt de démonter un film pour démonter un film. On peut faire comme Foudragon, qui a ses raisons, qui les exprime et qui a bien raison de le faire, même si on n’est pas tous d’accord. On peut aussi faire une expérience culturelle, l’apprécier, et venir le dire ici. C’est bizarre, quand même : quand c’est une critique négative, c’est une opinion personnelle. Quand c’est une critique positive, c’est encyclopédique – je ne dis pas que c’est toi DeD qui as dit ça, c’est une impression que j’ai de plus en plus).

      • DeD permalink
        4 mars 2010 20:20

        « Cela ne m’empêche pas de penser que Foudragon généralise trop, et de ne pas être d’accord avec sa vision des choses. Je peux ?  »

        lol, je t’y autorise dans ma grande bonté, on est d’accord, ce que je disais marche dans les deux sens, bien sûr qu’un article de ce type s’expose potentiellement à de fortes critiques et qu’il doit en assumer les conséquences.
        Je voyais juste le ton monter et tentais de le stabiliser un peu, mais vu ce qui se passe plus bas, on ne peut pas dire que ce fut le plus grand succès que j’aie connu 🙂

        Je considère juste qu’on a le droit de dire ce qu’on pense, et ça vaut bien sûr autant pour toi que pour lui : je suis tout sauf un ayatollah, ne le prends pas comme ça. Mon post allait plutôt à l’encontre de ce que tu sembles me reprocher, en fait, mais ça veut probablement juste dire qu’il n’était pas assez clair, même avec Voltairounet à la fin.

        Je peux concevoir vos réactions au contenu de cet article, même si, franchement, je trouve que tout cela a généré plus de remous qu’il ne me semblait nécessaire.
        OK, vous désapprouvez la thèse et les arguments associés, ce que je comprends, mais une surenchère quelque peu stérile (d’un côté comme de l’autre, d’ailleurs) me semblait économisable, et on n’en serait pas aux grands mots actuels si chacun avait pris du recul sur l’enjeu : on dirait que certains d’entre vous jouent leur vie, là.

        Mais, comme le fait remarquer Lien Rag, ce n’est pas à moi d’en juger, je me permets juste de dire ce que je pense de cette polémique. Après, si ça ne plaît pas, bah tant pis, mais c’est pourtant pas les choses les plus choquantes que j’ai dites dans ma vie …

  8. Vuuv permalink
    1 mars 2010 21:35

    Ooook. Bon alors je confirme non vous n’avez pas compris ce que dit Fodragon :p

    – « Je ne ferai pas l’effort de ne pas divulguer l’intrigue, le suspense…  » double négation = « je ferai l’effort de divulguer ». J’avoue que le spoiler aurait pu être balisé davantage mais il est quand même signalé.

    – J’ai fait l’effort alors que je suis arrivée sur cet article avec déjà 11 commentaires, le sentiment que le mec qui l’avait écrit se sentait plus pisser, et un agacement profond, de le lire malgré tout. Parce qu’entre temps j’ai appris qui se cache derrière l’auteur et je sais qu’il est loin d’être idiot.
    Eh bien tu sais tout le bien que je pense de toi, mais sur ce coup là tu abuses, et je vais te dire pourquoi, sans parler de contre-exemples (même si j’aime toujours qu’on cite James Gray, plus on le cite plus je suis heureuse, j’ai donc un +1 en happiness ce soir :p).

    1) Je m’étonne que personne ne se soit engouffré dans le troll avant, alors je vais le faire.
    Tu es de gauche. C’est écrit en filigrane deux à trois fois par paragraphe, chaque fois que tu emploies des concepts philosophiques ils sont politiquement très marqués. Je trouve, j’ai toujours trouvé qu’à moins qu’un art ne se déclare officiellement comme politique (comme c’est pratique, Hair que tu cajoles tant le fait) le réduire à un schéma politique est limité et souvent faux. Tu vois c’est ce que j’ai toujours reproché aux doctrines. On prend un système, on dessine des cases, et on colle tout dedans. Ce n’est pas ma vision du monde, ni celle de Jason Reitman for that matter – j’avoue, « Georges » en apôtre de la lutte des classes, c’est juste risible. Ca tombe bien, ce n’est pas ce qu’il est.

    Si bien que ma première conclusion est : chacun sa foi politique, il faut de tout pour faire un monde, et c’est beau de croire à des idées, mais ne mélange pas aussi allégrement des domaines dont le contact n’est pas si évident.

    2) Revenons à In The Air. J’ai vu ce film, je l’ai moyennement apprécié, je l’ai trouvé un peu gratuit. Pas mal mais un peu gratuit. Cela étant, je pense que tu as fait un contre-sens de visionnage total, permets moi de relever quelques points qui le montrent. Je balise : JE VAIS REVENIR A DES SPOILERS. Mais bon vu que vous connaissez tous l’histoire maintenant, qu’importe.
    Déjà George, si on l’appelle George, ce n’est pas parce qu’il est notre pote, mais parce qu’il est *baisable*. Eh oui c’est la loi de la vie, un mec baisable à 50 ans les femmes aiment bien. Reality check (ceci était anecdotique et pour détendre l’atmosphère parce qu’on discute pas non plus l’avenir de l’Irak là so let’s calm down).

    Ensuite, je ne crois pas un seul instant, et c’est la grande force de ce film, que Reitman prenne des partis. Il raconte l’histoire d’une petite bande de gens déglingués, un type qui passe sa vie à virer du monde ce n’est pas commun, assez caricatural, un bon ressort comique et… et là c’est le moment où l’on prend ton point de vue à contrepied et on se demande, surtout quand on a vu un film aussi hippie-friendly que Juno, si y a pas comme une chtite critique sociale là dedans, hm. Mais j’ai dit que je ne parlerai pas de politique.

    Parlons des être humains. Ces gens sont des *freaks*. Ils sont tous des freaks. Ils sont présentés comme tels. Ils ne sont pas une personne idéale, un américain parfait. La première de promo est une handicapée sentimentale qui commence à percevoir ses sentiments par le prisme des vies des autres (ce qui est un classique de l’intello soit dit en passant, et je sais de quoi je parle, eh ouais on peut être de bon conseil et louper sa vie sentimentale comme une merde, demande à Syracuse elle te confirmera que c’est mon cas). Le personnage de Vera Farmiga est une femme coincée entre une vie bien rangée qui la maintient sur terre, et ses escapades aériennes qui lui permettent de s’évader – je prends plaisir à filer la métaphore, oui le symbolisme est cousu de fil blanc, mais je ne vois pas du tout ce qu’il y a de mystérieux dans le fait qu’elle trompe son mari. Elle n’est pas malheureuse, juste névrosée, et tu connais quelqu’un qui ne le soit pas ?
    Quant au personnage de Clooney… mais ce type est une épave. Ce film est l’histoire d’un film qui raconte l’histoire d’un mec qui a raté sa vie… Et il dit ce truc remarquable, il dit que c’est *PAS GRAVE*. T’as 50 ans, tu te retournes sur ce que t’as fait, tu constates que c’est un gros rien, tu te rends compte que l’échelle de valeurs que tu t’étais fixée est fausse de bout en bout, tu la jettes aux oubliettes, et faute de pouvoir la remplacer parce que ouais, des fois, dans la vie, c’est trop tard… tu repars à zéro et tu restes zéro.
    Je suis désolée mais ce truc arrive à la moitié des gens sur la planète. Vivre c’est se tromper et échouer, c’est croire qu’on veut une chose et en vouloir une autre, et je prendrai volontiers une vodka avec toi dans 30 ans pour voir si tu es une personne idéale à tes propres yeux – for that matter on peut même en boire une maintenant, je crois que personne ne peut dire ça sur soi-même. Sauf qu’à 20 piges et des miettes on pense qu’on peut changer sa vie et celle du monde. A 50 on se rend compte qu’on n’a servi à rien et qu’on a un pied dans la tombe.
    Tu vois le film ça aurait pu être ça. CA c’est du pessimisme. Et en même temps, CA, c’est la vie.
    On vit avec nos névroses, on meurt avec nos névroses, et c’est PAS GRAVE. On peut avoir une fausse réussite, on peut se leurrer en essayant de croire que quand nos valeurs s’avèrent fausses elles peuvent encore servir à quelqu’un (SPOIL : cf. l’histoire des miles refourgués à la soeur), bien sûr que c’est faux. Mais c’est pas grave. L’important, c’est que quelque part, dans un ciel sans étoiles, notre avion continue d’avancer vers une destination inconnue.

    Voilà pour moi In The Air c’est ça, et c’est un film amer, mais optimiste. Ce que je lui reproche ? D’autres films ont fait ça mieux que lui. Ce que j’aime chez lui ? Il dérange. D’ailleurs, il t’a dérangé, assez pour que tu le haïsses au point de refuser de le comprendre.

    Mon conseil ? Quand un film t’atteint aux tripes, au lieu de le bousiller dans une critique, demande toi pourquoi il le fait. Parce qu’il te blesse ? Parce qu’il te fait peur ? Peut-être. Fais en quelque chose qui t’aide à comprendre mieux, à voir plus loin. Parce que les collines d’Hollywood, au fond, c’est ça, et c’est beau d’être ça : c’est l’industrie du rêve.

  9. Syracuse Cat permalink
    1 mars 2010 21:44

    « Je ne ferai pas l’effort de ne pas divulguer l’intrigue, le suspense…  » Ah oui, tiens… My bad. Je suis toute confuse. À force d’essayer de lire discrètement les articles au boulot, aussi… Ok, grosse mauvaise foi, je l’avais lu hier soir. Quelqu’un veut bien me racheter des yeux ? Et un cerveau ?

    Sinon, Vuuv, pour le reste, c’est bien ce que tu dis : j’aurais voulu le dire comme ça, tiens. Je me sens toute petite. Tu veux bien rester mon amie ?

  10. Ofboir permalink
    1 mars 2010 22:28

    Waouh ! A croire Foudragon que tu avais un pseudo tout trouvé pour t’attirer les foudres des casse-couilles. Ok, ma blague est pourrie, tentative de détendre l’atmosphère échouée.

    Moi je rejoins Ded, et j’ai envie de dire que vous êtes vaches avec le ptit nouveau ! (ou alors on fait un bizutage maintenant ?) Alors oui c’est sûr, il découpe le film en tranches fines, oui le titre est un peu racoleur, oui c’est vrai que l’argumentaire est un peu léger (désolé Foudragon mais pour le mémoire de cinématologie ça va pas suffire), mais on est sur Culture’s Pub, l’endroit où on parle culture autour d’une bière, où on a quand même mis hentai comme tag sur l’article fêtant nos 6 mois, et en plus je crois qu’on a tous fait au moins un article plus creux que celui-là. Après effectivement sur le propos, on est d’accord ou pas, mais c’est une autre histoire. Moi je prends ça plus comme une réflexion que comme un argumentaire, réflexion qu’il a apparemment eue en sortant du cinéma après avoir vu Up in the air. Pas de bol George c’est tombé sur ta gueule bon ben c’est comme ça hein, what else ?

    Par contre, bizarrement, là où je trouve ton article paradoxal, c’est que tu commences par dire que Up in the air est un navet, que le message ne va pas chercher bien loin au-delà d’une pseudo morale pour gosses de 10 ans. Et ensuite, tu t’insurges sur le dénouement de l’histoire, trop pessimiste, et à partir duquel tu imagines plein de considérations sur l’espèce humaine, et les objectifs à suivre dans la vie. Et bien ce n’est pas un message ça ? Et en plus je ne le trouve pas ça si convenu que ça. Je ne me souviens pas avoir vu un Disney qui finissait comme ça. Après tu extrapoles sûrement pas mal, je ne sais pas, je n’ai pas vu le film. Mais il a au moins eu le mérite de t’avoir fait réfléchir, non ? Je veux dire, pas que sur le pitoyable état du cinéma hollywoodien. En fait au final j’ai l’impression, après t’avoir lu, que ce qui t’a dérangé ce n’est pas que le film soit creux, ou qu’il traite un sujet trop à la légère, mais juste qu’il est pessimiste. Et pour moi ce n’est pas nécessairement mauvais pour un film.
    Et ensuite, quand tu parles des deux autres films, j’ai du mal à comprendre ce qu’ils ont de si génial que l’autre n’a pas. Finalement tu passes dessus rapidement. Alors dis-nous, pourquoi ceux-là t’ont-ils plus parlé que Up in the air ?

    Ah oui, et bienvenue Foudragon !

  11. foudragon permalink
    2 mars 2010 01:29

    Je vous remercie tous pour cette torride expérience de voir la critique s’abattre sur soi. Merci également à ceux qui m’ont souhaité la bienvenue. Les différents commentaires que vous avez écrit m’invitent à expliciter pourquoi cette pédanterie, cette violence qui cache un malaise (Vuuv) ?
    Allons-y tout de go, je n’ai pas envie de jouer le critique de Télérama. Je ne veux pas faire de la culture un cadavre, une chose morte que l’on contemple et que l’on agite avec des articles-commentaires. Oui, vous avez très certainement raison pour tous les défauts que l’on peut y trouver. Oui on peut y trouver de l’impulsivité car ça a été pour moi beaucoup « d’énergie vitale » que de l’écrire, c’est des tripes, un morceau de chair que j’ai voulu poser sur la table, qui dégouline et bouge encore (et j’aurais mieux fait d’essuyer la bête je vous l’accorde). Certes on constate que la viande est nerveuse et n’a que vingt piges et des brouettes et on espère que l’animal a été élevé à l’air pur pour que l’on y trouve pas trop de toxines causées par des frustrations.

    Pour moi la culture est un être vivant, un brasier, un feu que l’on alimente. Je veux y discerner des formes, des tendances, des courants (d’autres appelleront cela des généralisations), je voudrais moduler ce flux pour en sculpter un serpent qui s’allonge de plus en plus au fil des jours et aux contorsions de plus en plus vivaces. Je pense que la culture doit apporter un contrôle de son identité (ce va-et-vient entre ce que l’on veut et de ce que l’on est), l’harmonie de son existence dans la société et autant de points d’appui que nécessaire pour un libre arbitre et une réflexion personnelle. La culture est action, pas une simple description. Un but ultime à tout cela : ne pas avancer à tâtons dans le tunnel du présent et être emporté à la première vague. Le résultats déplorables des protagonistes du film américain que je n’ai que trop cité et ne le ferai davantage m’affligent de leur misère. La perspective de tomber aussi bas m’horrifie certainement. Mais il y a pire encore pour moi, c’est de constater à quel point l’individu tend à nier sa puissance de contrôle de sa vie, devient fataliste et paumé. Je ressens à l’heure actuelle plus le besoin de me positionner par rapport à la culture plutôt que de la consommer. Il vient un temps où l’on a déjà beaucoup vu et où il faudrait tirer quelques grandes lignes, quelques conclusions conscientes pour bâtir un édifice en son fort intérieur. Et c’est l’échange des différents édifices que nous bâtissons chacun de notre côté qui m’intéresse pour prendre le bénéfice de plusieurs vies lorsque l’on a le temps que d’une. Ce n’est pas juste des informations que je souhaiterais échanger mais des pans de vie. Il y a donc l’idée sous-jacente d’une progression et d’une évolution, d’un acquis collectif, pas d’une culture du krach à 50 ans. Je pense à quelque chose d’immuable, à un effort collectif (dont ce blog pourrait être une manifestation) qui demeurera même après l’explosion en vol d’un individu. Sa propre personne demeure en toute circonstance bien peu de chose, cela ne peut pas être l’objet du plus grand drame. Et cet aspect culturel n’est qu’un aspect d’une bien plus vaste construction au cours de sa vie. Mon idéal du progrès scientifique n’est sans doute pas étranger à cette marche collective vers un concept de vérité.
    Là je commence un peu à fatiguer et ça va être dur demain au boulot mais la société pessimiste que je constate exister aujourd’hui (je referai probablement un nouvel article cinématographique pour illustrer ce que je crois être un tournant au cours des années 70) représente pour moi un péril et je me fais un devoir de réagir. Le faire me semble être le meilleur moyen de ne pas exploser à 50 ans à la George, qui ne s’est surtout jamais engagé à rien J’espère avoir répondu à quelques interrogations en faisant cette fois-ci un effort de sobriété mais on a le niveau qu’on a ! Je ne saurais pas dire si je me préfère épique ou raisonné. Les deux doivent s’exprimer.

    • Vuuv permalink
      2 mars 2010 02:05

      Je suis la seule encore debout, et en tous cas je ne nie pas l’intérêt de ton article – et de cette réponse, qui a de beaux morceaux de bravoure, dans le bon sens.
      Je pense (il est tard il est possible que je dise de la merde) que l’on vit dans un monde où l’on prend énormément conscience de soi-même. On n’est plus défini par la nécessité de labourer son champ, de partir à la guerre parce qu’on est le fils ainé, ou de faire 10 enfants dont 8 mourront en bas-âge. L’idée d’individu est une idée très récente. Et à la lumière du développement historique, il est difficile de ne pas voir que son évolution accompagne l’évolution de l’idée de choix. Lorsqu’une caste, lorsque ton rôle dans la société fait de toi ce que tu es, lorsque tu es une fourmi dans la fourmilière, tu ne peux pas te défiler, tu ne peux pas être autre chose que ce que tu es.
      En revanche, lorsqu’on te répète que tu es une personne distincte, que tu as tout un tissu de possibilités devant toi, que tu nais sans être défini par rien d’autre que ton propre droit à l’existence, là tu as le choix, tu peux décider de faire de toi exactement ce que tu veux.
      C’est pour cette raison j’ai du mal à percevoir que le libre-arbitre puisse s’accomoder d’une appartenance stricte à un groupe. A moins de dire que ton choix consiste à faire partie d’un groupe en particulier et que tu assumes toutes les conséquences d’ensuite devoir suivre les décisions du groupe.

      De fait dans la société actuelle, ce n’est pas de cette façon qu’on l’envisage, mais bien de celle que je décris. Nous obtenons avec notre naissance le droit sacré de choisir qui nous allons être. Nous endossons du même coup une responsabilité terrible, celle de notre « échec » ou de notre « réussite » (là encore des idées très contemporaines).
      Cette liberté et cette responsabilité sont écrasantes. Il est très difficile d’avancer dans la vie de nos jours. Dans la mesure où, en dehors de cas extrêmes, nous sommes seuls juges de nos choix, nous sommes aussi seuls fautifs de nos erreurs. Or, nous sommes souvent de mauvais juges. Parce que nous ne savons pas tout de nous-mêmes, et que qui nous sommes change avec le temps.

      Je crois qu’il est important d’être tolérant. Je ne pense pas qu’on soit en droit de juger les choix des autres, parce qu’il nous est impossible d’être 100% sûrs des nôtres. A cet égard, le film que tu ne veux plus nommer ne me débecte pas. Je ne veux être aucun des personnages présentés, et à la fois à ma façon, je suis une freak. Je reste une insurgée, je refuse de m’allonger et d’attendre que la vie passe, mais je constate chaque jour à quel point il est impossible d’avancer autrement qu’à tâtons, ou bien à quel point si l’on refuse, précisément, d’être timoré, il faut se jeter en avant sans être sûr de soi – et prendre le risque énorme d’avoir tort.

      Je regrette que pour illustrer ton propos, qui nous a tous je crois poussés à réfléchir et c’est une bonne chose, tu aies choisi un exemple épidermique dont je persiste à croire qu’il n’est pas le plus adapté – un film qui n’est pas un chef d’oeuvre, et qui finalement remplit plutôt bien les objectifs qu’il se fixe. Ton argumentation aurait eu plus de poids si d’une part, comme tu le dis, tu avais essuyé la carcasse, et d’autre part si tu avais abattu la bonne Bête.

      Mais j’attends avec impatience tes articles suivants, où j’espère que l’épique et le raisonné sauront se réconcilier, autour d’arguments moins faits pour choquer, et plus à même de convaincre.

      *et des bisous à ta moitié :D*

  12. Syracuse Cat permalink
    2 mars 2010 10:32

    Oh, comme il est beau ce débat. Merci pour ça, Foudragon, et bienvenue, bien sûr.

    • platypus permalink
      2 mars 2010 14:37

      Foudragon, même si ton propos originel prêtait le flan à de nombreuses critiques , je pense que tu as mis un sacré coup de pied dans la fourmilière qu’est ce blog : je trouve très dommage que les autres aient réagi avec véhémence, non pas contre ton article, finalement, mais presque contre toi-même : c’est une attitude qui n’encourage guère à écrire en effet.
      Réfuter des articles est-une chose : mais parfois on a l’impression que certains s’en prennent aux auteurs même, ce qui laisse un arrière-goût désagréable. Je suis d’ailleurs surpris que Toyboy, qui était le premier à me soutenir lorsque j’avais critiqué le côté « téléramesque » de certains articles, tombe aussi vertement sur l’auteur d’un article véritablement engagé.
      Tout article engagé est partial et présente des angles de réfutation importants; Foudragon tu sembles en effet tomber dans un antiaméricanisme primaire qui ne peut que faire pousser des cris, car la culture que tu appelles justement défend de considérer une production si énorme d’un seul bloc; néanmoins, voici enfin un article qui appelle de vrais commentaires. n’était-ce pas le but du blog ?

      Fort heureusement, il semblerait que les auteurs se rendent compte eux-mêmes de leur dureté, puisque leur propos est devenu bien plus mesuré et nuancé ensuite. Foudragon, peut-être feras-tu à ton tour preuve d’un peu plus de nuance ?

      Platypus-qui reste un lecteur fidèle de tous vos articles- vous salue !

  13. platypus permalink
    2 mars 2010 14:42

    « Prêtait le flanc », d’ailleurs 😉

    • Lib permalink
      2 mars 2010 14:49

      Non mais tu avais raison, il est bon de savoir prêter le flan. Le flan, c’est bon.

      • Syracuse Cat permalink
        2 mars 2010 16:56

        Ah non, ça a un goût d’œuf et tout, berk, berk.

        Si ça c’est pas du commentaire constructif, je ne suis pas un chat :p

  14. Lien Rag permalink*
    2 mars 2010 16:20

    Alors, comme j’arrive après la bataille, j’ai seulement rapidement parcouru les commentaires. Tiens et d’ailleurs, à l’usage des futurs lecteurs, je vais résumer l’article et les commentaires :

    LE CINEMA HOLLYWOODIEN DES 50 DERNIERES ANNEES
    -Up in the air est pas bien (argumentation)
    -Hair et Midnight cowboy c’est trop bien (résumé)
    CONCLUSION : Hollywood c’est de la merde, et si vous répondez par des contrexemples vous êtes trop cons.

    Toyboy Wait, WHAT ?
    FoutreDragon CONTREXEMPLE, T’ES CON !
    Les autres Heu, il est bizarre ton article non ?
    Platypus Enfin un autre rebelle, continue coco. Toyboy, t’es qu’un connard, et les autres, vous êtes méprisables de conformisme…

    Nan, mais sincèrement, vous voulez que je commente quoi ? (sous-entendu qui n’a pas été dit par toutes les personnes de bon sens, Toyboy le premier ?)
    -que cet article est bancal car il prétend prouver un truc énorme et se contente de presque rien, en tous cas pas de démonstration
    -qu’une hypothèse, ça se démonte par un contrexemple, c’est la définition mathématico-logique, et que quand on arrive à 20 contrexemples en 2 minutes, l’hypothèse proposée me semble franchement compromise

    Mais sinon bienvenue à toi, Foudragon. J’espère que tu continueras à poster, mais à l’avenir pense à des thématiques moins grandioses, des démonstrations plus logiques, et des commentaires moins agressifs…
    Et je rappelle à qui me gonflera suite à ce commentaire que je suis admin et que la démocratie n’est pas le modèle politique que je préfère…

    • Lib permalink
      2 mars 2010 16:24

      « Et je rappelle à qui me gonflera suite à ce commentaire que je suis admin et que la démocratie n’est pas le modèle politique que je préfère… »

      Un truc qu’il faut savoir, à l’usage de nos lecteurs : Lien Rag est Dieu. C’est lui qui me l’a dit, au lycée.

    • Syracuse Cat permalink
      2 mars 2010 17:02

      Dieu a parlé, et bien parlé (pléonasme).

      Lien Rag, j’aime ton sens de la synthèse et ta modestie, vraiment. Mais j’aime toujours pas le flan. Sinon, je fais de super cookies. Quoi, quoi, tentative de flagornerie éhontée auprès d’un admin ? Mais je nie tout ! Reconnaissez quand même qu’on est jamais trop prudent… 😀

    • Vuuv permalink
      2 mars 2010 17:24

      Dieu. Dieu. Dieu dieu dieu dieu dieu…

      *Merci pour les 10 minutes de fou rire. Maintenant pendant toute la soirée je vais avoir en tête l’image de Toyboy avec sa gueule « wait, what ? »*

  15. Toyboy permalink
    2 mars 2010 19:01

  16. foudragon permalink
    2 mars 2010 21:00

    Bravo. Alors là je dis bravo. L’argument massue pseudo-scientifique qui démontre ta capacité à trouver des arguments en voulant critiquer celui qui n’en a pas. Tu as un vrai problème d’imagination pour aller te réfugier dans une logique qui mène à tout. Tu voudrais peut-être mettre mon texte en équation tant que tu y es ? Qu’est-ce que tu as démontré ? Qu’il existe des bons films hollywoodiens ? Mais quelle prouesse magistrale. T’es fier ? Mais bon, trouve –moi quand même un film hollywoodien récent qui a une intention et décris-la moi pour te creuser un peu plus les méninges que ce que tu viens de poster. Tu dois avoir la tête qui ressemble à un angle droit à vouloir tout réduire à une logique absolue sans jamais vouloir véritablement rien comprendre.

    • Lien Rag permalink*
      2 mars 2010 21:57

      Écoute coco, perso la joute verbale ça me dérange pas. Ce qui me gène, c’est d’avoir un connard sur mon blog.
      Que tu sois pas capable de tenir un raisonnement logique ou d’avoir un titre approprié, c’est ton problème. Que tu méprises les gens qui te comprennent pas en précisant qu’ils sont stupides, ça va devenir le mien si tu le fais sur mon territoire.

      T’as le droit d’être un rebelle, t’as le droit de pas relire tes textes et de faire des trucs illogiques, t’as le droit de mépriser les gens, t’as le droit de refuser la critique, mais au cas où j’aurais pas été assez clair dans mon précédent commentaire, tu le feras pas ici. Donc soit tu te calmes fissa, soit tu dégages. Ton article n’a ni queue ni tête parce que tu ne t’es pas donné la peine, je trouve ça déjà limite ; question de respect pour les lecteurs. Que tu dises dans ton article « si vous êtes pas d’accord avec moi c’est que vous êtes trop con », c’est inacceptable, d’autant que tu le répète dans chacun de tes commentaires.

      Pour moi, ce blog a un certain niveau d’exigence, et ça inclue de parler de choses concrètes et claires. Si tu veux juste dérouler des réflexions sur le fait que la vie est dure, ouvre-toi ton propre skyblog. Quoi qu’il en soit, si tu n’es pas près à accepter une critique a peu près unanime, et si tu continues à insulter les gens comme tu le fais dans ton article et tous tes commentaires, ta contribution à ce blog aura été aussi brève qu’absconse.
      J’ai assez côtoyé de mecs comme toi pour pas avoir de temps a perdre avec. T’as une dernière chance d’arrêter de te prendre pour un être supérieur, si tu le fais on oublie. Sinon tu inaugureras quasiment tous les outils de modération que j’ai en mon pouvoir.

  17. Toyboy permalink
    2 mars 2010 21:43

    – Gran Torino et The Wrestler: intention de montrer que ce qui a été fait n’es pas immuable et que les hommes changent en même temps que leur relation aux autres et au temps qui passe.

    – Rachel getting married: intention de montrer que la vie peut pafois prendre le dessus sur la mort, que les fantômes du passé et les blessures familiales ne doivent pas faire oublier ce qui est le plus important, le bonheur présent, celui que l’on cherche et celui que vivent nos proches.

    – La nuit nous appartient: intention de montrer l’inéluctabilité de la vie, et qu’en dépit de nos efforts pour echapper à nos démons, ces derniers viennent nous heurter au plus mauvais moment.

    – (500) days of summer: intention de montrer que la vie n’est pas un conte de fée et que si l’amour se conjugue parfois au présent, il ne se conjuguera au futur qu’une seule fois dans notre vie (pour les plus chanceux)

    – Bruno: intention de montrer qu’on peut être autrichien et avoir du style (et accessoirement montrer comment adopter un enfant)

    Par ailleurs, je trouve que Foudragon a raison, Lienrag, t’as vraiment une tête qui ressemble à un angle droit, sans tes cheveux :-D.

    • Vuuv permalink
      2 mars 2010 23:04

      Toyboy. Dis. Dans une autre vie, tu m’épouserais ?

      • Toyboy permalink
        2 mars 2010 23:24

        Ecoutes, je viens d’apprendre aujourd’hui que Sarah Walker était en fait presque maquée (avec un gros con, me dit elle^^), donc du coup, pourquoi pas dès cette vie là?

      • Vuuv permalink
        2 mars 2010 23:52

        Nah. Par contre quand je passe te voir demain présente la moi, que je lui fasse un croche-pattes pour qu’elle tombe dans tes bras !

      • Toyboy permalink
        3 mars 2010 00:11

        Elle n’est pas là demain;-). La raison pour laquelle ma semaine est calme est que la mission de cette semaine est annulée. Du coup, elle est staffée sur une autre mission (Sony, en l’occurence, et Arte pour moi), et est chez le client demain :-(.

      • Vuuv permalink
        3 mars 2010 00:38

        Si un jour elle va lire ce blog et qu’elle se reconnaît, je vais bien rire :p

  18. Toyboy permalink
    2 mars 2010 23:22

    Pour répondre à Platypus:

    « Je suis d’ailleurs surpris que Toyboy, qui était le premier à me soutenir lorsque j’avais critiqué le côté « téléramesque » de certains articles, tombe aussi vertement sur l’auteur d’un article véritablement engagé. »

    Je ne me souviens plus trop des commentaires sur mon article (évidemment, je les ai effacé^^), pour tout t’avouer. Cela dit, je me souviens avoir émis ce genre de critique, d’articles parfois trop « impersonnels » à mon gout (et je précise bien, à mon gout seulement), ce qui n’est plus tout à fait le cas depuis quelques temps déja. Pour être clair , je suis tout à fait favorable à des articles prenant position, à quelques conditions:

    1) Quand on prend position, surtout lorsqu’il s’agit d’une position controversée, on essaye un minimum de s’armer d’arguments sérieux et sensés. Si je te dit « Turner est un manchot et ne sait pas peindre », j’ai intéret à avoir une argumentation extrèmement solide pour ne serait ce qu’attirer mon lectorat. Je prendrais donc la peine de développer mon point de vue et de ne pas me perdre dans une logorrhée verbale sans début, ni milieu, ni fin.

    Ici, malheureusement, ce n’est pas le cas, et vu qu’il s’agit d’un sujet qui me tiens grandement à coeur, je lui tombe dessus, non pas parceque je lui en veux de prendre cette position, mais parceque je lui en veux de prendre cette position et de ne pas faire le moindre effort pour me l’expliquer de manière « logique » et « claire ».

    2) Un article engagé suscite la critique, de manière presque automatique. En reprenant l’exemple de Turner, si j’écris un article démontant notre cher William, je vais réflechir aux critiques des lecteurs, aux formes qu’elles vont prendre. De fait, une majeure partie des critiques sera formulée via un contre-exemple (Des trucs du genre « Mais merde, tu peux pas dire ça, regarde « le Téméraire », quoi… »). Dans ce cas, ayant suscité un débat dont j’ai en partie connaissance des réponses des détracteurs, j’essayerais de leur répondre de manière construite et argumentée. Ici, ce que je reproche à Foudragon, c’est de lancer un débat, de connaitre à peu près le type de réponse qu’il va recevoir, et de n’avoir pour seul recours le fameux « vous n’avez rien compris, vous êtes à coté de la plaque »….Ce n’est pas fin, ce n’est pas élégant, bref, ça n’a juste aucun intéret en l’état.

    My two cents

  19. platypus permalink
    3 mars 2010 00:11

    A Toyboy : merci pour tes précisions, je trouve que c’est plus agréable à lire quand tu réagis à froid !
    A Lien Rag : je peux comprendre ta réaction face à Foudragon, mais de là à l’insulter comme tu le fais, c’est s’abaisser à un niveau qui n’est pas digne d’un intellectuel. Ce n’est pas parce que son attitude est assez largement insolente qu’il faut faire dans la surenchère… Par ailleurs, je trouve dommage qu’après avoir lu un ou deux commentaires de ma part, tu te permettes de me juger aussi rapidement. Ceux sur ce blog qui me connaissent savent très bien que je n’ai jamais prétendu être un rebelle et que je ne prends pas les autres pour de sales conformistes; quant à Toyboy, je me garderais bien de penser qu’il s’agit d’un connard, surtout qu’il a l’air plutôt fut fut. C’est bien dommage qu’étant un des administrateurs de ce blog qui parle de culture, tu juges les gens en deux coups de cuillère à pot. C’est Vuuv qui parlait de tolérance, tu ferais fort bien de méditer ses commentaires, elle qui est une des personnes les plus intelligentes et ouvertes de notre génération. On ne peut pas à la fois condamner Foudragon pour ses vues trop courtes quand en même temps on catalogue les gens pour quelques phrases qu’on interprète en plus de façon erronée…J’espère qu’à la lecture de ces propos tu parviendras à garder ton calme, il paraît que c’est la voie de la sagesse 🙂
    Bien à toi.

    • Lien Rag permalink*
      3 mars 2010 08:42

      Te concernant : mon premier post, c’était de la caricature. Je ne referai pas les débats sur la caricature : on sait bien que le trait est largement forcé.

      Concernant Foudragon : je n’ai pas le temps de lire le blog en ce moment, je suis venu parce que j’ai été alerté par plusieurs sources de commentaires franchement désagréables. A mon tour j’ai été choqué par les propos méprisants de Foudragon, d’autant plus qu’ils concernaient des critiques légitimes sur la construction de son article.
      Je n’ai rien à ajouter niveau argumentation puisque Toyboy a absolument tout dit.
      Enfin, je ne l’ai pas insulté ; j’ai dit que je ne voulais pas de connard sur ce blog, maintenant à lui de choisir son camp.

  20. Lien Rag permalink*
    4 novembre 2010 14:54

    Quasiment un an après, j’ai vu le film dont il était question, et donc je peux répondre au fond de l’article (là où je n’avais répondu qu’à la forme et au comportement de l’auteur) :
    ça reste une démonstration ratée.

    Up in the air n’aurait pas de message : au contraire, up in the air est une féroce critique de notre époque, sur les relations entre les humains, les relations au travail, les relations amoureuses, où le capitalisme décomplexé et le culte du paraître ont tout perverti. Au final, Clooney n’est pas heureux et se rend compte de toute la superficialité qu’il revendiquait, pauvre barrière – la scène des 10 millions de miles en étant l’apogée. La mère de famille n’est pas heureuse et finalement sa famille reste le cœur de sa vie. La jeune requin n’est pas heureuse en prétendant être insensible et décide de changer. Tous les rôles secondaires comme le patron de Clooney sont simplement ridiculisés. Au contraire, les ploucs qui n’ont pas réussi et qui sont méprisés au départ par Clooney se révèlent être les plus sympathiques et ceux qu’on envie, car s’ils semblent un peu béotiens au moins ils songent aux plaisirs simples, à ceux qu’ils peuvent atteindre.
    Ainsi, s’il faut trouver une morale au film, c’est clairement : pensez à votre bonheur plutôt qu’à votre réussite.

    Ceci dit, pourquoi vouloir lui trouver une morale ? Up in the air, comme l’a dit Syracuse Cat, est un film sympathique mais pas un grand film. Doit-on systématiquement y dénicher un message à la postérité ?

    A côté de ça, tu prends deux films séparés de dix ans, et tu voudrais en tirer une tendance générale de l’ancien cinéma américain. Bon. Ceci dit, vu ce que tu en dis, je ne vois pas en quoi il est meilleur que le cinéma actuel. Hair met en avant les gens simples au milieu de gens obnubilés par le conformisme et la tradition ; Midnight cowboy fait de même ; mais finalement comme je l’ai montré ci-dessus, Up in the air le fait également, la réussite remplaçant la tradition, mais c’est bien comme ça que notre société a évolué.

    Tu ne veux pas d’exemple, il ne me semble pas t’en avoir donné. Mais force est de constater que, virtuosité mise à part (mais qui te demande de comparer Taxi et Psychose ?), pour les films que tu cites, le message et la morale me semblent les mêmes.

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