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Le petit guide du Tournoi des VI Nations

23 février 2010

Mes enfants, ça, ça s'appelle une mêlée.

J’ai eu la très mauvaise idée de naître à la fin du mois de janvier. J’avais à peine 10 jours, ma mère était débordée par l’arrivée d’un premier enfant, et en ce 4 février, elle aurait bien aimé que mon père s’extasiât devant la petite chose rosâtre que j’étais à l’époque. Pas de chance pour ma mère, on était en plein Tournoi des V Nations. Irlande – Galles, Écosse – Angleterre. Ma mère raconte encore l’anecdote. Mon père s’en félicite : sur ses trois enfants, seule celle née en pleine fête de l’Ovalie suit encore, 26 ans plus tard, les matches avec lui.

NB : pour ceux qui me connaissent un peu, vous ne serez pas surpris de savoir que cette année-là, c’est l’Écosse qui a remporté la compétition – mieux encore, le Grand Chelem…

Un trèfle, une rose, un poireau, un coq, des lauriers, un chardon

Commençons par une (petite) histoire de ce tournoi légendaire. Tout commence en 1884 (100 ans avant ma naissance tout pile, décidément, l’univers m’avait destinée à tomber dedans toute petite). Les équipes d’Angleterre, de l’Irlande, de l’Écosse et du Pays de Galles se rencontrent toutes lors de la même saison. C’est l’Angleterre qui remporte ce que l’on appelle alors le Tournoi britannique de rugby à XV (ils commencent déjà à nous les briser menues, ceux-là…). Il faut encore quelques années pour que les choses se mettent en place, je vous épargne les détails des fédérations et autres considérations de ce genre… 1910. Le Tournoi britannique devient le Tournoi des V Nations en incluant la France dans le cercle des équipes concurrentes. Comme il est bien connu que seuls ces cinq pays, en Europe, entendent quelque chose au rugby, on appelle vite le vainqueur du Tournoi « Champion d’Europe ». Un nouveau tournant intervient 90 ans plus tard, avec l’entrée de l’Italie : se dispute aujourd’hui, sur deux mois,  (février – mars), en 5 week-ends, le Tournoi des VI Nations.

Le but du jeu, c’est bien sûr de gagner tous ses matches. Réussir un tel exploit, ça s’appelle ‘faire le grand chelem’. Vous l’aurez compris, il est possible, lors d’une édition, qu’aucune équipe ne remporte tous ses matches. Le calcul de qui a gagné le Tournoi se fait alors en fonction du nombre de victoires remportées à l’extérieur, du nombre de points marqués, et pleins d’autres trucs compliqués… Le champion en titre, avec un Grand Chelem, est l’Irlande – superbe équipe du cru 2009, avec notamment une volée infligée à l’Angleterre à Croke Park, Dublin. (vous allez vite comprendre que moi, l’anglophile par excellence pourtant, je développe, dès qu’il s’agit de rugby, une détestation basique, primaire même…). Sur la liste des choses à faire une fois dans ma vie : assister à un match à Croke Park (et à un autre à Murrayfield, Édimbourg). Et puis, pour ceux qui ont perdu tous leurs matches, il y a la cuillère de bois – octroyée à l’Italie en 2009, équipe coutumière du fait puisqu’elle en est à 4 cuillères en 10 participations.

Outre le Grand Chelem (qui n’est même pas officiel, le terme a été créé en 1957 lors de la victoire sur tous ses adversaires de la perfide Albion), d’autres récompenses sont décernées lors de cette compétition – et certaines sont assez inattendues…

  • La Calcutta Cup, qui récompense le vainqueur du match entre l’Angleterre et l’Écosse ;
  • La triple couronne, décernée par les journalistes au vainqueur d’un mini-championnat entre les 4 concurrents anglophones – Angleterre, Irlande, Écosse, Pays de Galles ;
  • Le Millenium Trophy, pour le vainqueur de la rencontre entre Angleterre et Irlande ;
  • Le Trophée Eurostar, oui oui, je vous le donne en mille, pour le vainqueur entre France et Angleterre (on appelle cette rencontre le crunch) ;
  • Le Trophée Giuseppe Garibaldi, qui récompense la formation latine la plus performante, France ou Italie.

Si vous regardez bien, l’Angleterre est le pays qui a le plus de chances de remporter le plus de trophées. Quand on vous dit qu’on les aime pas…

Et maintenant, laissez-moi vous présenter… les formations !!

Le XV de France (qui a dit que j’étais chauvine ? En rugby, j’assume complètement mon côté franchouillard…)

L'esprit de groupe, c'est beau.

En 2010, le sélectionneur de nos Bleus, c’est Marc Lièvremont, ancien joueur lui-même. Un homme de peu de mots… (souvenez-vous Bernard Laporte qui, même après avoir collé une déculottée au All Blacks, continuait de dire qu’on pouvait mieux faire…). Le capitaine, c’est Thierry Dusautoir, the Dark Destroyer, qui joue en troisième ligne aile (pour les non-initiés, ce sont ceux qui plaquent à tour de bras – 29 plaquages pour le seul Thierry lors du match France – Nouvelle-Zélande à l’occasion de la dernière édition de la Coupe du Monde, mémorable moment au Hide Out de Châtelet…) Nos Bleus sont vaillants, nos Bleus sont courageux… mais nos Bleus ne sont pas toujours réguliers, nos Bleus font trop de fautes quand ils sont mis en difficultés et qu’ils ne parviennent pas à imposer leur rythme de jeu. Pour les emblème et les symboles, en vrac : la Marseillaise, le coq, le bleu, blanc, rouge et le petit cul musclé de Michalak (et oui, le rugby, c’est aussi ça…).

Et puis il y a les stars : Sébastien Chabal, Frédéric Michalak… En ce qui me concerne, mes préférés sont Morgan Parra, demi de mêlée (n°9, c’est donc lui le plus petit, et qui organise le jeu) et buteur (il tire les transformations et les pénalités, mais ce n’est pas ce que Parra fait de mieux).  Il y a aussi Clément Poitrenaud, n°15, arrière, qui dégage les ballons loin de son en-but (la zone dans laquelle on écrase le ballon pour marquer un essai) et qui court très vite.

Sans oublier cette règle d’or, au rugby : même si certains joueurs se démarquent du pack par leur talent, le rugby, c’est avant tout un sport d’équipe, un sport collectif – plus encore que le football, par exemple, et ce n’est pas moi qui le dis, mais un expert du ballon rond dans mon entourage. Et les plus beaux essais sont ceux que marque le collectif. Pensez mêlée, pensez maul, pensez ruck (comment ça je vous ai perdus ??), et vous verrez que ce que je dis, c’est vrai. Même une touche, en rugby, ça se fait à 3 minimum par équipe – 7 en général.

Après cette petite envolée lyrique sur le bel esprit du rugby, continuons notre revue des formations du Tournoi qui nous occupe.

Des Ecossais heureux. C'est donc avant la fin du match...

Passons maintenant au XV du Chardon, l’équipe écossaise, ceux que je veux voir gagner quand ils ne jouent pas contre la France. Entraînée par Andy Robinson depuis la démission de Frank Hadden en 2009 (je vous explique tout de suite pourquoi), avec le fameux Chris Paterson (32 ans, capitaine depuis 1999), l’un des meilleurs buteurs du Tournoi. Symbolisée par la croix de Saint Andrews, l’émouvant hymne Flower of Scotland et le chardon, la sélection écossaise, hélas, pédale dans la semoule depuis une dizaine d’années – avec une défaite au Tournoi des VI Nations l’an dernier, derrière les Italiens, d’où la démission de Hadden sus mentionné. On est loin du Grand Chelem remporté l’année de ma naissance… Pour la petite histoire, j’ai rencontré l’un des joueurs, Euan Murray, ailier, lors de mon séjour en Écosse. Déjà qu’ils sont impressionnants à la télé, mais en vrai, je vous raconte même pas…

Essai !

Continuons avec une belle formation : le XV du Trèfle . Magnifique, valeureuse, l’Irlande. Une équipe que j’aime beaucoup, notamment parce que son style de jeu, offensif et flamboyant, ressemble furieusement à celui du XV de France – les confrontations entre ces deux équipes sont d’ailleurs très souvent musclées, un beau spectacle. Ce que j’aime aussi, avec le rugby irlandais, c’est que c’est l’un des rares sports où Irlandais du Nord et Irlandais du Sud se retrouvent au sein de la même équipe – et ce depuis la création du collectif, malgré les incidents politiques qui ont enflammé le pays au cours du siècle dernier. Si on parle de l’Eire quand on parle de l’équipe spoliée d’une sélection en Coupe du Monde, on parle bien d’Irlande pour l’équipe de rugby. Le joueur phare de cette équipe (depuis le départ de Keith Wood, le flic au crâne rasé qui n’abandonnait jamais une bataille et rentrait dans tout ce qui bougeait…), c’est le capitaine Ronan O’Gara, le héros de 2009 : grâce à un drop magique réalisé à la dernière minute, il offre la victoire à son équipe face au Pays de Galles – et le Grand Chelem, par la même occasion. Et pourquoi on l’aime particulièrement ? Parce que c’est l’un des meilleurs joueurs du monde, et parce qu’il a marqué, à lui tout seul et sur le Tournoi des VI Nations, plus de points que l’infâme Jonny Wilkinson (pour ceux qui n’y connaissent rien, ceci est du teasing, reveal dans quelques lignes). Bien entendu, les Irlandais jouent en vert, leur emblème est le trèfle. Le reste est plus compliqué – souvenez-vous, deux nations se cachent derrière cette équipe. Je vous donne les explications de Wikipedia sur ce coup-là (avec les liens appropriés), parce que c’est un peu un vrai casse-tête :

L’équipe d’Irlande réussit à rassembler les nationalistes et les unionistes. Comme les joueurs sont issus des quatre coins du pays, une controverse est latente sur le drapeau et l’hymne. Quand le XV du Trèfle recevait à Belfast, c’était God Save the Queen, l’hymne anglais, qui était joué, et à Dublin, c’était l’ Amhrán na bhFiann, l’hymne de la République d’Irlande. Cependant, aucun hymne n’était joué à l’extérieur. En avril 1995, un hymne est spécialement créé : l’ Ireland’s Call. Sa composition fait suite à de nombreuses plaintes de joueurs et de supporters de l’Irlande du Nord, mécontents que l’ Amhrán na bhFiann soit joué. Pour les matchs à Dublin, l’ Amhrán na bhFiann et l’ Ireland’s Call sont joués. Cela a pour conséquence que les joueurs et les supporters issus de l’Irlande du Nord se plaignent. Lorsque le XV du Trèfle se déplace en Italie, dans le cadre des matches préparatoires à la Coupe du Monde 2007, l’ Ireland’s Call et le God Save the Queen doivent être joués, mais l’ I.R.F.U. (Irish Rugby Football Union) notifie son refus, arguant que la sélection joue hors d’Irlande.

De même, la question du drapeau est un sujet sensible. Le drapeau officiel de la République d’Irlande est l’Irish Tricolour, déployé pour les matchs à Belfast. Un drapeau avec les symboles des quatre provinces est déployé à côté de l’Irish Tricolour pour les matchs se tenant à Dublin. Pour certains matches, le drapeau de l’I.R.F.U. est déployé sur la pelouse, durant les cérémonies d’avant match. Dans la foule, il est possible de voir des supporters arborer les couleurs de la République d’Irlande ou de l’Irlande du Nord.

C’est compliqué… mais c’est intéressant. Je trouve.

J. Wilkinson l'infâme

Maintenant, présentons nos meilleurs ennemis, le XV de la Rose. On les aime pas, tout d’abord, parce que c’est héréditaire (Jeanne d’Arc, la guerre de Cent Ans, la perfide Albion, et ils nous ont battus au curling la semaine dernière, ça commence à bien faire !!). Entraînée par Martin Johnson, l’équipe a pour capitaine, actuellement, Steve Borthwick. Et pour buteur, Jonny Wilkinson, demi d’ouverture. L’un des meilleurs buteurs du monde. Si bon que, à mon avis en tout cas, le jeu des Anglais, très solide en défense, est organisé autour du seul pied de Jonny. On verrouille la défense, on pousse l’adversaire à la faute quand il essaie de transpercer ce mur défensif, et on compte sur Jonny pour passer les pénalités. On ne marque un essai que si l’occasion surgit, mais sans chercher vraiment à le faire. Si fait que bien souvent, les matches de l’équipe d’Angleterre, s’ils sont efficaces au niveau résultat (cette équipe reste l’une des meilleures du monde), ils ne sont pas beaux à voir parce qu’ils n’ont pas ce souffle qui pousse les joueurs à marquer des essais, à déployer leur jeu pour allumer le stade.

Tous de blanc vêtus, les Anglais jouent God Save The Queen avant le coup d’envoi, reçoivent au stade de Twickenham, arborent une rose rouge comme emblème, et les supporters s’égosillent sur Swing Low, Swing Chariot dans les tribunes.

Le Pays de Galles est sponsorisé par Brains - une marque de bière...

Ils jouent en rouge, ils évoluent au Millenium Stadium à Cardiff, ils ont pour emblème le poireau (si, si, il faut oser quand même), ils s’appellent tous Jones, j’ai nommé, le Pays de Galles !! Grande équipe qui a connu des années sombres dans les années 1990, elle est revenue sur le devant de la scène depuis 2000. Les mines et le rugby, gueules noires et diables rouges… Depuis la fermeture des mines, le rugby est un rempart de la fierté galloise, au même titre que la langue nationale – qui n’est pas l’anglais, jeunes gens – dans un pays où le rugby est plus qu’un passe-temps, c’est une culture. (Petite anecdote, les supporters de rugby gallois qui envahissaient les pubs d’Édimbourg, à l’époque où je me rendais dans cette ville pour chaque match où l’Écosse recevait, étaient tous plus adorables et drôles les uns que les autres – et ravis de voir une petite Française souhaiter la perte du XV de la Rose !).

En 2008, c’est le Pays de Galles qui remporte le Grand Chelem (NB : Toute équipe autre que l’Angleterre remportant le Tournoi, même si ce n’est pas la France, c’est une bonne chose. Si c’est la France, c’est encore mieux).

Un arbitre dans le feu de l'action

Enfin, finissons avec les petits derniers, qui ne sont pas encore très bien installés dans la cour des grands : les Azzurri. Je soupçonne un lobby franco-anglo-écosso-gallo-irlandais d’avoir milité pour la participation des Italiens dans le Tournoi, pour s’assurer un bon perdant systématique… Bon, je suis mauvaise langue, mais l’Italie, c’est quand même, en 9 ans et 10 compétitions jouées : 4 cuillères de bois, 7 fois derniers, 2 fois cinquième, et une fois quatrième, en 2007 – et elle bat toujours les mêmes équipes, soit l’Écosse, soit le Pays de Galles.

Pas grand chose d’autre à vous dire sur l’Italie, si ce n’est qu’ils jouent en bleu clair, et que les entraîneurs ne sont jamais italiens (néo-zélandais, français…). Espérons juste, parce que le vrai héros de ce Tournoi, c’est le rugby, que l’Italie va s’affermir comme participante, et devenir une véritable concurrente – et non une formalité pour la plupart des équipes.

Pour ne pas vous embêter plus longtemps, un petit topo sur le Tournoi en cours, et je vous lâche.

Pour l’instant, seules deux équipes ont remporté leurs deux matches : la France (youpi !) et l’Angleterre (eurk). La France l’a emporté assez facilement en Écosse, et au Stade de France face aux Irlandais tenants du titre (match passionnant). L’Angleterre a battu les Gallois – formidable match livré par les Diables rouges, qui auraient mérité la victoire – et les Italiens, mais pas si clairement que ça – 17-13, le XV de la Rose fait-il montre de faiblesse, ou bien ne sort-il tout simplement pas le grand jeu face aux Italiens ? Le Pays de Galles a remporté un match épique contre l’Écosse, l’Irlande a battu les Italiens.

A surveiller, le dernier week-end du Tournoi, où la France accueillera l’Angleterre. Si la France assure face au Pays de Galles et ne prend pas trop le match contre l’Italie pour acquis, il est possible qu’elle arrive invaincue face aux Anglais – qui devraient battre assez aisément l’Écosse, mais auraient tout intérêt à se méfier des Irlandais. L’avenir nous dira si j’ai raison, mais je vous prédis une mini finale France – Angleterre pas piquée des hannetons (et je ne suis pas la seule, les places étaient mises en vente hier matin à 10h, c’était complet à 13h).

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6 commentaires leave one →
  1. stef808 permalink
    23 février 2010 09:12

    Battus au curling ?… si c’est pas désolant ça !… :/

    • Lib permalink
      23 février 2010 14:12

      Il faudra prendre notre revanche le 20 mars au Stade de France !

  2. Syracuse Cat permalink
    23 février 2010 10:17

    « Comme il est bien connu que seuls ces cinq pays, en Europe, entendent quelque chose au rugby » : true story. Quand j’étais en stage linguistique en Perfide Albion / dans la riante cité d’Oxford que j’aime d’amour, je partageais ma chambre avec une Finlandaise qui ne comprenait pas la configuration des terrains de sports environnants. Ces grands poteaux verticaux la laissaient perplexe. On lui explique donc qu’il s’agit de terrains de rugby – même moi qui en savait encore moins à l’époque que maintenant, ça me paraissait relativement évident. Elle ne connaissait pas le rugby. Soit. Après tout, la Laponie, c’est loin. Ce qui est fou, c’est que quand on a essayé de lui expliquer en quoi ça consistait (dans notre anglais balbutiant – ben oui, on était là pour apprendre), son visage s’est illuminé : « Ah bah, oui, je vois, c’est comme le football américain. » Ah bah oui, en effet.

  3. Lib permalink
    20 mars 2010 22:10

    Bravo au XV de France, qui a remporté le Tournoi et le Grand Chelem cette année !!

    Classement :
    1. France, 5 victoires
    2. Irlande, 3 victoires, 2 défaites (France, Ecosse)
    3. Angleterre, 2 victoires, 1 nul (Ecosse), 2 défaites (Irlande, France)
    4. Galles, 2 victoires, 3 défaites (France, Angleterre, Irlande)
    5. Ecosse, 1 victoire (Irlande), 1 nul (Angleterre), 3 défaites (Italie, Galles, France)
    6. Italie, 1 victoire (Ecosse), 4 défaites (France, Angleterre, Galles, Irlande)

    A noter, pas de cuillère de bois cette année.

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