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Les cow-boys de l’espace

9 février 2010

Je vous le dis tout net, j’ai choisi de regarder Firefly parce que ça manquait à ma culture geek. Moi, je ne suis pas une vraie geekette : selon les tests, mon score varie entre 20 et 40%, et si j’étais un garçon, mon score serait probablement assez minable ; mais je suis une fille and every little helps. Pourquoi vouloir être geek quand on ne l’est pas encore, me direz-vous ? Vaste question… Je dirai qu’il s’agit surtout de vouloir l’être plus quand on l’est déjà un peu. À la réflexion, non, ce n’est pas ça : je vais peut-être arrêter de dire que je suis geek, déjà, parce que c’est sans doute exagéré. Mais je penche quand même sérieusement vers le nerdy – version girly, l’un n’empêche pas l’autre (même si je ne suis pas trop du genre à poutrer des zombies).

Ce qui ne répond pas à la question, non plus. La vérité est que la culture geek, ou présentée comme telle par certains stéréotypes (je ne vais pas vous refaire « Le Geek, c’est chic » ) a toujours tenu ses promesses : ses références constantes à certaines œuvres, certains repères culturels – références qui sont parfois caricaturées jusqu’à l’obsession – se sont toujours révélés des valeurs sûres (mais je n’ai pas encore eu le courage de me lancer dans l’univers de Star Trek pour être tout à fait franche). Pour ce qui est de me divertir, parfois même de m’instruire, j’ai toute confiance en cette communauté. Et à force d’entendre parler de Firefly ici et , j’ai fini par me renseigner un peu. D’abord pour comprendre les références, puis pour voir si ça valait le coup.

L’opinion générale à propos de Firefly peut se résumer ainsi : go go go ! Et des flots d’injures et de lamentations face à la politique des grandes chaînes (la Fox, pour ne pas la nommer) qui ont sacrifié l’Œuvre. Wow. Impressionnant, me suis-je dit. Bon, de quoi ça parle ?

Une méchante Alliance, des gentils rebelles… et ça se passe il y a très longtemps dans une galaxie lointaine, non ? Tiens, en fait pas, c’est dans le futur, et ce sont des cow-boys. Ah. Ben oui, comme ça on fait des super économies sur le décor en tournant pas trop loin des studios. Eh, pas fous les frelons. Sauf que là le frelon s’appelle Joss Whedon, et il a fait de bonnes choses dans sa vie. Et aussi des machins qui ont marché du feu de Dieu, quand on était petiots. Il y a très, très longtemps, pour le coup… Ah, nostalgie.

De quoi ça parle, en vrai ? XXVIe siècle, la Terre a été détruite, mais les humains ont survécu (« Indomitable » , là encore rien de très nouveau) et ils se sont installés dans un nouveau système stellaire, ils se sont organisés comme des pros pour survivre en terra-formant tout autour d’eux. C’est le régime de l’Alliance. Mais au bout d’un moment, certains manifestent un peu énergiquement leur désir de liberté et refusent de faire partie de l’Union : c’est la guerre. Les Indépendants sont finalement battus après la défaite de Serenity Valley, et tout rentre plus ou moins dans l’ordre. C’est là qu’on commence à s’amuser.

Malcolm « Mal » Reynolds (Nathan Fillion) s’est battu contre l’Alliance, mais n’a pas renoncé à son désir d’indépendance : il a choisi la voie des airs, enfin de l’espace intersidéral, à bord de son vaisseau, un transporteur Firefly (luciole) qu’il a baptisé Serenity. Serenity, c’est la liberté, et c’est pas Jack Sparrow qui dirait le contraire.

Mal va et vient, à coup de petits boulots et de grosses missions plus ou moins légales – plutôt moins que l’inverse, d’ailleurs. Il mène sa barque et son équipage là où le mènent les vents… solaires, probablement. C’est un homme libre et fier de l’être : vaincu sur le plan militaire, il ne renonce pas à ses convictions. Un mec, un vrai. Avec un cœur gros comme ça, un ego de proportion similaire et 12 ans d’âge mental, parfois. Un survivant, aussi. Un escroc honnête. Et quand il se retrouve avec des fugitifs à bord, et donc avec l’Alliance aux trousses, ce n’est pas pour lui déplaire.

Le reste de l’équipage est composé de Zoé, son second, qui s’est battue sous ses ordres pendant la guerre ; Wash, le pilote, et époux de la précédente ; Kaylee, la mécano de génie toute mimi qui parle aux machines ; Jayne (Adam Baldwin), les gros bras. Pour avoir l’air respectable, Mal loue une de ses navettes à l’Ambassadeur, Inara, une courtisane. En gros, la crème de la crème, tout ce petit monde. Et tous en quête d’aventure et surtout de liberté. Dans le premier épisode, ils embarquent des passagers, dont trois vont compléter le casting-équipage : Book, le pasteur, et Simon et River Tam. Simon est un jeune et brillant docteur qui a volé au secours de sa petite sœur, maltraitée dans une Académie de l’Alliance. River est… hm. Choupi, brillante et bien à trois mètre de ses pompes. Au moins.

Firefly, la fine équipe.

De gauche à droite : Jayne, Kaylee, Book, Simon, Inara, Mal, Zoe, Wash, River.

Tous ont leur personnalité, leur histoire, leurs secrets… plus ou moins complexes. Les personnages les plus intéressants de ce point de vue sont sans doute Book, River et Inara (mais comment diable a-t-elle atterri sur ce tas de ferraille ?). On a vraiment très très envie de savoir qui ils sont, ce qui leur est arrivé… Et non. Parce que la série a été annulée au 14e épisode de la première et unique saison. Et là, c’est le drame.

Joss Whedon a géré comme un pro, il faut être honnête. En négociant (du moins, j’imagine) la réalisation d’un film, Serenity, il arrive malgré tout à boucler un ensemble cohérent. Objectivement, le film n’est pas une merveille du cinéma, et on aurait cent fois préféré que la série continue et que les différentes intrigues se déroulent à leur rythme avec des petites aventures plus ou moins folkloriques pour nous amener tranquillement à la Grande Découverte. Mais enfin, c’est mieux que rien et on sait le principal. Pour tous les autres petits détails, il ne nous reste que les yeux pour pleurer… et les neurones pour imaginer.

Ceci étant dit, abordons la grande question : pourquoi tant d’enthousiasme ?

Zoe: Sir, we don’t want to deal with Patience again.
Mal: Why not?
Zoe: She shot you.
Mal: Well, yeah, she did a bit.

Ce qui fait le charme de Firefly, c’est l’ambiance : étonnamment, la science-fiction se marie assez bien avec l’univers du western. Transporter des vaches dans un vaisseau spatial, pourquoi pas ? On n’ose pas y croire, mais ça marche, et le bétail s’en tire très bien. Les personnages sont à la fois intrigants et sympathiques, les acteurs ont l’air de s’amuser comme des petits fous et leur enthousiasme est assez communicatif.
Les dialogues sont souvent légers et bien menés, avec quelques répliques qui font mouche et qui sont visiblement restées dans les mémoires (« This food is problematic » , voir la référence en intro, si vous ne l’avez pas fait, vilains !). Les épisodes sont bien construits et la série est trop courte pour qu’on ait l’impression que les scénarios se répètent. Certes, les méchants sont vraiment méchants, ça manque un peu de subtilité de ce côté là, mais on ne peut pas tout avoir. Et avoir des méchants à détester, c’est plutôt jouissif, avouons-le.

Bref, on s’attache aux personnages, on a envie de savoir ce qui se passe après et on rit beaucoup : que demander de plus, franchement ? Firefly c’est plus qu’un bon moment de télévision, c’est un univers qu’on a envie de retrouver : si vous aimez la SF, je vous recommande vivement l’acquisition de cette série, que vous aurez sûrement envie de revoir…

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14 commentaires leave one →
  1. Raniver permalink
    9 février 2010 06:56

    La série Firefly comporte 15 épisodes, mais seuls 12 ont été diffusés.
    Qu’est-il devenu des 3 autres épisodes ?

  2. Syracuse Cat permalink
    9 février 2010 12:48

    En fait tout dépend de comment tu compte les épisodes… Par exemple, le pilote est en fait un double épisode d’1h30, donc il peut compter double. Il t’en manque encore deux, et là je suis tout aussi perplexe que toi. Personnellement, j’ai tout vu.

    Il est possible qu’une fois la série annulée, ils ne se soient pas donné la peine de diffuser les deux derniers épisodes alors qu’ils étaient prêts. Je ne serais pas étonnée d’apprendre que la télévision américaine est féroce à ce point. Si tu parles de la télévision française, c’est pareil, parfois ils font des coupes étranges si le nombre d’épisodes ne correspond pas à leur grille de programme… où si l’audience est insuffisante.

    Au fond, le mystère reste entier.

    • Lien Rag permalink*
      13 octobre 2010 13:46

      Les 3 derniers épisodes non diffusés sont sortis sur le DVD. D’ailleurs, ils ont été diffusés à la télé dans un ordre de merde (le pilote en tant que 6e épisode), donc il faut faire attention à bien les regarder dans le bon ordre.

  3. Lib permalink
    9 février 2010 17:00

    ça m’a l’air plutôt sympa, mais… dans les trois séries où apparaît Nathan Fillion déjà citées sur ce blog, c’est moi ou il joue un peu toujours le même rôle ? Eclaire-moi, Chat de Syracuse, toi qui as vu les 3 !

  4. Syracuse Cat permalink
    10 février 2010 10:04

    Hm… Oui, peut-être, mais il le fait tellement bien^^
    Bon, il a un rôle tout à fait différent dans Desperate Housewives, où il joue le mari gynéco de la nouvelle voisine de je ne sais plus quelle saison. Rôle qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, si tu veux tout savoir (petit rôle, à l’échelle de la série). Et apparemment, il fait un méchant dans Buffy, mais je crois que j’avais décroché avant son arrivée, donc je ne peux pas t’en dire plus.
    Sur les trois rôles dont on a parlé jusqu’ici, je peux développer un peu plus : Nathan Fillion n’est pas spécialement beau et l’essentiel de son charme repose sur l’humour et l’auto-dérision, d’où l’effet de récurrence de ses rôles. C’est aussi comme ça que fonctionne Hollywood : pourquoi prendre le risque de proposer du vrai travail aux acteurs alors qu’ils sont si populaires dans un emploi qu’ils remplissent très bien ? Le rôle de Mal dans Firefly est celui qui a rendu l’acteur célèbre et a inspiré ses rôles suivants, c’est certain. D’où le rôle de Captain Hammer, qui est en fait dans le même registre, mais poussé à l’extrême, dans l’esprit décidément parodique de Dr Horrible…
    Enfin, Nathan Fillion n’est sans doute pas l’acteur le plus génial du paysage audiovisuel américain, mais il est tout à fait capable de nuancer ses personnages (à part Captain Hammer, qui est précisément le rôle le moins subtil du monde^^) : Mal a des côtés assez sombres, notamment au début de Serenity, et Castle est attendrissant en papa poule.
    Est-ce que ça répond à ta question ? :-p

    • Lib permalink
      10 février 2010 10:35

      Oui !

      • Syracuse Cat permalink
        10 février 2010 10:38

        Est-ce que ça t’a convaincue de regarder l’une des deux séries que tu n’as pas vues ?^^

    • Lien Rag permalink*
      13 octobre 2010 13:48

      Tiens, c’est rigolo, si Fillion fait une courte apparition dans Desperate Housewives, le mari de Lynette fait aussi un second rôle dans l’épisode 3 de Firefly (le commandant de la navette impériale). Résultat il n’est pas crédible ^^

  5. Lib permalink
    10 février 2010 10:40

    La question n’est pas de me convaincre – ne t’inquiète pas, sur ce plan-là, tes objectifs de mission ont été remplis ! – la question est de trouver le temps… déjà que je dois être en retard de 3 semaines sur mes séries habituelles !
    L’avantage, dans les deux cas, c’est que si j’ai bien tout suivi, ça ne m’a pas l’air trop long. Faudra que je prenne des récup’ pour les regarder :p (ou bien tu pourras m’initier lors de notre week-end à Rouen, wink wink nudge nudge)
    (ils nous gonflent avec H*****, on peut même plus télé******* nos séries préférées pour les regarder sur son iPod dans les transports…)

  6. Raniver permalink
    10 février 2010 11:15

    Très bonne série, il y a même un MMORPG qui avait été prévu sur l’univers de Firefly, mais le projet a l’air d’être suspendu.
    En tout cas la FOX ne semblait pas avoir été convaincu par Firefly.

  7. Lien Rag permalink*
    6 décembre 2010 12:35

    Je viens enfin de finir la série, puis le film ; la série est juste superbe, chaque épisode est bon ou très bon, il n’y a pas de filler. Quant au film de fin, une bonne claque. Tant au niveau du scenario, de la réalisation, que des scènes épiques qui parsèment le film.

    Ben je ne regrette pas…

    C’est sûr, plus ça aurait été chouette, mais au final on a une série cohérente avec une fin et ça fait plaisir.

    • 6 décembre 2010 16:34

      Je trouve aussi… Je me demande même si on y gagne pas au change. Si la série avait duré, les lois de la diffusion étant ce qu’elles sont, on aurait fini avec des épisodes inutiles dans le meilleur des cas, un délitement pathétique dans le pire. Connaissant Whedon, on aurait peut-être échappé au pire du pire.
      Cela dit, il reste plein de choses en suspens, notamment les secrets des personnages secondaires, et c’est un peu frustrant. Mais ça laisse aussi de la place à notre imagination, luxe que la télé ne nous octroie pas si souvent.

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