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Gainsbourg (Vie héroïque) – Joann Sfar

3 février 2010

Depuis quelques temps, les films-biographies pullulent ; est-ce parce que les réalisateurs n’ont plus d’idées de scénarios, parce que les gens sont tellement stupides qu’il faut leur assurer que ce n’est pas un documentaire, ou parce que ça permet de dire que les acteurs/actrices ont été transcendés par le rôle et les nommer aux Césars/Oscars/Gérards ?
En tous cas, comme toutes les modes, ça agace. De même que Gainsbourg ne fait pas l’unanimité. Également, Joann Sfar et sa façon de raconter ne plaisent pas à tout le monde. Imaginons donc un film biographique sur Gainsbourg réalisé par Sfar, on sent que les avis seront contrastés…

Et pourtant non ! Tout le monde dit que c’est bien, voire génial, même les gens qui n’aiment pas Gainsbourg. Pire, sur Allociné, les commentaire ‘0’ ne sont pas les messages haineux et ridicules des kikoolols habituels ;  au contraire ce sont des argumentaires réfléchis, qui reconnaissent l’intérêt du film mais n’y adhèrent pas. Décidément, on savait que Joann Sfar n’était pas quelqu’un d’ordinaire, mais il influe également sur son environnement !

Le film est-il génial ? Non. Aimera-t-on si on ne s’intéresse pas à Gainsbourg ? Non. Ces deux vérités rétablies, on peut se poser la vraie question : aime-t-on la manière de raconter de Joann Sfar ?
Car le véritable enjeux est là : dans tout le film, on retrouve l’ambiance et les partis pris qu’on peut voir plus ou moins fortement dans Le chat du rabbin, Professeur Bell, variable vampire, Donjon, etc. Ou Le petit prince… Ceux qui aiment Sfar apprécieront le film (il faut bien sûr ne pas être hermétique à la musique de Gainsbourg) ; ceux qui ne connaissent pas découvriront une manière de raconter qui ne cherche pas la vérité mais la beauté, une narration onirique, où la musique bien choisie ajoute à l’ambiance léchée, quelque part entre J.-P. Jeunet et Terry Gilliam – ceux là, donc, aimeront ou pas, mais auront découvert quelque chose de nouveau.

L’histoire commence avec l’enfance de Gainsbourg, pendant l’Occupation, son parcours et ses rencontres, comment il arrivera au succès. Ses différentes aventures avec Bardot, Birkin, etc. Puis la descente à partir de la mort de son père. Le point de vue est étrange : jamais de plans larges, rarement plus de trois personnes à l’écran, aucun concert à part la fameuse nuit de la Marseillaise… Sfar s’intéresse seulement à Gainsbourg, l’homme, et reste volontairement proche de lui, élude toute sa personnalité publique…

C’est fou, mais ça marche : on comprend mieux Gainsbourg, comment il a eu du succès, pourquoi et comment il a changé, et il paraît tellement humain. Et on prend beaucoup de plaisir à regarder ce film. Finalement, c’est ça qu’on espérait non ?

Et parce qu’on ne se refait pas, Sfar et Matthieu Sapin sortent tous les deux un album, le premier sur Gainsbourg, toute l’histoire qu’il n’aurait pas pu raconter dans le film (voir les premières pages) et le second sur le tournage.

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14 commentaires leave one →
  1. Vuuv permalink
    3 février 2010 02:23

    J’avais envie d’aller le voir, tu m’as assez convaincue je dois dire. D’autant que généralement j’aime Johann Sfar…

    • Syracuse Cat permalink
      3 février 2010 12:39

      Hm, Vuuv… ? Nudge, nudge, wink, wink, hein, mon enfant.

      • Vuuv permalink
        3 février 2010 13:53

        Anytime mamour !

  2. Lib permalink
    3 février 2010 10:30

    Je l’ai vu hier, ça m’a beaucoup plu. C’est dit dès le début : c’est un conte, pas un biopic. C’est la vision de Joann Sfar sur la vie de Gainsbourg.
    J’ai beaucoup aimé la façon dont il représente Gainsbarre (je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler !!).
    Chapeau bas à Eric Elmosnino pour sa performance – mais bon, ça, en général, dans les bio, ce n’est pas le problème, l’acteur principal se débrouille toujours très bien.

    La réalisation de Sfar est superbe – chaque plan est travaillé, les images sont belles, les couleurs aussi. On ressent un véritable sens du plan, de la belle image – normal, pour un dessinateur, me direz-vous… Et il sait filmer les femmes, cet homme-là.

  3. Lib permalink
    3 février 2010 14:47

    Je viens de voir que c’était Sfar himself qui faisait Brassens dans le film.

  4. Iwayado permalink
    3 février 2010 18:12

    Qu’est-ce qu’on fait si on déteste Gainsbourg mais qu’on adore Sfar?^^

    • Lib permalink
      4 février 2010 09:16

      C’est chaud quand même… Gainsbourg est hyper présent dans le film. Mais ça dépend, c’est quoi que tu n’aimes pas chez Gainsbourg ?

      • Iwayado permalink
        4 février 2010 21:36

        SI je réponds « tout », ça le fait?
        Plus sérieusement, je n’aime pas le personnage, pour ses musiques, ça dépend desquelles…

      • Lien Rag permalink*
        6 février 2010 11:13

        Comme tout le monde en fait ; la plupart des gens n’aiment pas sa période « Gainsbarre », malheureusement la seule qu’on voit à la télé. MAis c’est une toute petite partie du film, et d’ailleurs c’est intéressant parce qu’on comprend commentil en est arrivé là.

  5. Lib permalink
    4 février 2010 09:38

    Ma critique à moi (auto promotion éhontée, j’assume !)
    http://www.artistikrezo.com/cinema/cinema-auteur/gainsbourg-vie-heroique.html

  6. Lib permalink
    5 février 2010 16:26

    Je pense pas trop que ça va te plaire, Iwayado. Que quelqu’un qui a vu le film donne son avis sur la question !

  7. Vuuv permalink
    6 février 2010 00:14

    Honnêtement si tu n’aimes pas Gainsbourg va voir le film en imaginant que ce n’est pas sur lui. Ce film on se fiche que ce soit un biopic. C’en est à peine un en fait. Il ne vaut pas du tout parce que c’est un « film sur », c’est juste un film extraordinaire…
    Et au passage c’est possible qu’il parvienne à te rendre Gainsbourg sympathique par ricochet 😉

  8. Syracuse Cat permalink
    12 février 2010 11:32

    J’ai vu le film, et j’ai beaucoup aimé. Un film qui a ce mérite (de plus en plus rare à mon humble avis) d’être véritablement original. Un film qui gagnera sans aucun doute à être revu. Plusieurs fois.

    Sinon, j’ai entendu Sfar à la radio ce matin (France Inter, Esprit critique), c’était tellement bien que je suis arrivée en retard au boulot. J’ai notamment beaucoup aimé ce qu’il a dit sur la philo : lire trois pages de Bachelard (oui, il lit Bachelard dans son bain, qu’est-ce qu’il est bien, ce monsieur !) et se laisser inspirer. Ne pas se forcer à aller jusqu’au bout mais tirer ce qu’on peut et ce qu’on veut du texte. Je crois que je vais reprendre La poétique de l’espace, tiens…

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