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Science Fiction et psychohistoire : Fondation par Isaac Asimov

27 janvier 2010

L’univers : des milliards d’étoiles, des milliards de constellations, des milliards de galaxies. Et pourtant, notre planète Terre n’est qu’un grain de sable. Est-ce qu’un jour l’homme parviendra à coloniser l’univers ? Il a déjà réussi à mettre le pied sur la Lune (Jules Verne l’avait rêvé et Neil Armstrong l’a fait), et d’ici 2030 les hommes de la NASA auront atteint probablement Mars (la planète rouge qui inspira les premiers romans de science-fiction tels que La guerre des mondes d’H.G. Wells en 1898). Alors imaginons ce que cela pourrait être bien plus loin dans notre futur, des milliers d’années plus tard.
Tandis que nous sommes au cœur du deuxième millénaire, Isaac Asimov, auteur américain (1920-1992), nous plonge au 13e millénaire avec son cycle de Fondation. Il est docteur ès sciences et est devenu célèbre pour ses récits de science-fiction, ses ouvrages de vulgarisation scientifique, ainsi que ses nouvelles policières.
Outre le cycle de Fondation, Isaac Asimov est aussi l’auteur du cycle des Robots, où il énonce les trois lois de la robotique : 1) Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger, 2) Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi, 3) Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la seconde loi.
Cela doit sûrement vous dire quelque chose si vous avez vu le film I, Robot avec Will Smith, qui n’est autre qu’une tentative d’adaptation cinématographique du cycle des Robots d’Isaac Asimov.

Fondation (Prix Hugo en 1966 de la meilleure SF de tous les temps) est sans aucun doute la référence absolue de la science-fiction, avec Dune de Frank Herbert, sans oublier Hypérion de Dan Simmons.

La planète Terre du cycle de Fondation n’est qu’une simple préfecture parmi tant d’autres de l’Empire galactique. La planète capitale est « Trantor ». Elle abrite quarante milliards d’habitants, sans compter les vingt-cinq millions de planètes de l’Empire.

Le cycle de Fondation comporte 7 livres, mais ils n’ont pas tous été écrits dans l’ordre chronologique de l’histoire. Asimov a débuté ce cycle avec les trois livres suivants : Fondation en 1951, Fondation et Empire en 1952 et Seconde Fondation en 1953. Trente ans plus tard, Isaac reprend son cycle en écrivant une suite avec Fondation Foudroyée en 1982 et Terre et Fondation en 1986 qui concluent la saga, puis deux romans d’ouverture que sont Prélude à Fondation en 1988 et L’Aube de Fondation en 1992 qui se consacrent au personnage Hari Seldon et son invention (la psychohistoire).

Vous pouvez donc très bien débuter la lecture complète de cette œuvre magistrale par les deux derniers volumes édités Prélude à Fondation et L’Aube de Fondation, puis poursuivre par le premier roman écrit Fondation accompagné de ses suites. Mais vous pouvez aussi commencer directement par Fondation et enchaîner sur les deux volumes de départ.
Les 3 premiers volumes édités (Fondation, Fondation et Empire et Seconde Fondation) sont, à mon avis, les meilleurs du cycle. En les lisant, j’ai compris que j’étais né trop tôt. J’aurais voulu naître en l’an 12 000 ! ^^. Les deux livres concluants le cycle (Fondation Foudroyée et Terre et Fondation) sont également magnifiques, mais je les considère juste en dessous des 3 autres, peut-être à cause du fait qu’ils ont été écrit 30 ans plus tard. Pour ce qui est des deux premiers romans (Prélude à Fondation et L’Aube de Fondation), ils sont pas mal selon moi, mais ne sont pas essentiels au cycle. C’est aussi pour cela que je conseille personnellement de commencer la lecture par Fondation, et non par Prélude à Fondation 😉

Si vous lisez le livre Fondation (et je sais que vous allez le lire, je ne sais même pas pourquoi j’emploie le conditionnel, puisque le lire est une évidence :cool:) vous commencerez toute de suite, dès les premières lignes, par l’introduction d’Hari Seldon :

SELDON, HARI : Né en l’an 11988, mort en 12069 de l’Ère Galactique (- 79, an I de l’Ère de la Fondation), d’une famille bourgeoise d’Hélicon, dans le secteur d’Arcturus (où son père, s’il faut en croire une légende à l’authenticité douteuse, était planteur de tabac dans une exploitation d’hydropo-niques). Très jeune, il manifesta de remarquables dispositions pour les mathématiques : de nombreuses anecdotes circulent à ce sujet, dont certaines se contredisent. À l’âge de deux ans, paraît-il…
C’est assurément dans le domaine de la psychohistoire qu’il a apporté la contribution la plus remarquable. Seldon n’avait trouvé qu’un ensemble de vagues aziomes ; il laissa une solide science statistique…

La psychohistoire est une sorte de prescience, permettant de prédire l’avenir, un peu comme dans Dune avec l’épice qui transmet ce genre de faculté.
Grâce à l’étude des mathématiques, des probabilités, des statistiques, de la sociologie, de la psychologie et de l’histoire, la psychohistoire permet de calculer l’avenir en se basant sur des principes de la mécanique quantique : le comportement d’un seul élément, d’une seule personne n’est pas prévisible. Cependant le comportement de l’ensemble (milliards d’individus) est parfaitement prévisible. Pour que la psychohistoire fonctionne, il faut que les populations concernées par l’étude (les sujets de l’expérience) ignorent leur statut de souris de laboratoire, et encore moins des résultats que cela a donné. Ceci explique pourquoi il y a une seconde fondation…

Hari Seldon prédit l’avenir de l’Empire grâce à la psychohistoire : dans moins de trois siècles, trente mille ans de chaos, de destruction et d’anarchie vont s’abattre sur l’Empire.
Voyant que l’avenir de l’Empire va sur son déclin annonçant 30 mille ans de barbarie, Hari Seldon décide de mettre en place une « Fondation » sur une planète nommée Terminus. Cette Fondation proposera une « Encyclopédia Galactica » regroupant toutes les connaissances de l’humanité. Ce qui devrait réduire le temps de barbarie à mille ans au lieu de trente. Cependant, le Mulet, un mutant qui peut influencer les sentiments d’autrui à son égard, va poser bien des problèmes…

Une question intrigue tout lecteur de science fiction : comment se déplacer dans l’espace où les distances sont hors du commun ?
Dans Fondation, il est rappelé :

On ne pouvait se déplacer dans l’espace ordinaire à une vitesse supérieure à celle de la lumière (c’était un de ces principes aussi vieux que l’humanité) ; il aurait donc fallu des années pour passer d’un système habité au système le plus voisin. En empruntant l’hyperespace, ce domaine inimaginable qui n’était ni espace ni temps, ni matière ni énergie, ni réalité ni néant, il était possible de traverser la Galaxie en un instant dans toute sa longueur

Et de même pour Hypérion, les voyages dans l’espace sont rendu possible grâce aux portails que sont les farcasters.

L’œuvre originale de Fondation est bien sûr en anglais. N’ayant pas un niveau d’anglais extraordinaire :lol:, j’ai la version française. Mais si vous êtes fort en anglais, vous pouvez lire Fondation dans sa version originale 😎

À très bientôt.
Et surtout n’oubliez pas que le Mulet, le Gritche d’Hypérion et les vers géants des sables de Dune vous guettent, alors lisez Fondation si vous ne voulez pas que votre futur soit plongé dans la barbarie (qui est certes inévitable de toute façon :-)).

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28 commentaires leave one →
  1. Ofboir permalink
    27 janvier 2010 12:22

    Sans oublier Fondation le jeu, inspiré par les romans. J’y avais joué un peu il y a quelques années, et je viens de voir qu’il existe encore ! C’est un petit jeu de conquête spatiale online, à univers persistant.

    Sinon dans Hypérion en français, les farcasters s’appellent des portails distrans 🙂

    • Raniver permalink
      28 janvier 2010 07:31

      Exact pour Hypérion, en français ce sont les portails distrans. Ils ont été inventé par les IA du Technocentre ^^

      • Makuchu permalink
        28 janvier 2010 14:13

        Et pour en savoir plus sur Hypérion … (Gnark, gnark, gnark ! comment je fais ma pub !)

      • Syracuse Cat permalink
        28 janvier 2010 16:50

        Pas bête, mais il y a sans doute plus efficace : je m’en occupe tout de suite !

      • Makuchu permalink
        28 janvier 2010 16:53

        Merci Syracuse 😉 !
        (et j’arrête là le détournement de sujet …)

  2. Syracuse Cat permalink
    27 janvier 2010 16:49

    Et félicitations, Raniver, tu es l’auteur du 200e article publié sur ce blog !

    Rum all around, yo ho ho ! Arrr.

    • playne permalink
      27 janvier 2010 17:43

      We’re rascals and scoundrels, we’re villians and knaves.
      Drink up me ‘earties, yo ho.
      We’re devils and black sheep, we’re really bad eggs.
      Drink up me ‘earties, yo ho !

      Arrrrr ! 🙂

      (Commentaire pirate mis à part, je crois que je vais finir par le lire ce bouquin, super article Raniver !)

  3. DeD permalink
    28 janvier 2010 20:14

    Très bon article !

    Pour continuer ton parallèle entre Dune, Hypérion & Fondation, dans ces 3 oeuvres la « prescience » au sens large occupe une grande place. Ce n’est probablement pas un hasard : ce type d’artifices permet de créer des scénarios complexes, itératifs, déroutants.

    Précisons également qu’Asimov a écrit d’autres livres hormis les 2 cycles cités dans l’article, et dont certains sont très intéressants (bien que souvent plus légers). Citons « Némésis », « Les Dieux eux-mêmes » et « Le retour des ténèbres » (co-écrit avec Silverberg), mais cet auteur mérite d’être (encore plus) connu également pour ses autres oeuvres.
    Il y a aussi les recueils de nouvelles : « Flûte, flûte et flûtes » ou « Au prix du papyrus », par exemple, sont de très bonne qualité. On pense trop rarement à ce type d’oeuvres, qui, en plus de leurs qualités intrinsèques, ont la chance d’être adaptés aux transports en commun d’assez courte durée.

    Et je me dois de préciser qu' »I, Robot » n’est l’adaptation que d’une partie du cycle des robots (adaptation au demeurant moins mauvaise que ce à quoi je m’attendais).

    • Raniver permalink
      29 janvier 2010 12:47

      Effectivement la prescience est un élément important dans ces œuvres.
      -Dans Fondation, la psychohistoire préfigure la prescience.
      -Dans Dune, la prescience délivrée par l’épice permet de percevoir les futurs possibles.
      -Dans Hypérion, l’infosphère représente un univers à plusieurs niveaux.
      La prescience dans Hypérion est révélée par les présages venant du futur via les Tombeaux du Temps.
      En ce qui concerne certains protagonistes prescients :
      -Hari Seldon dans Fondation,
      -Paul Atréides dans Dune,
      -Énée dans Endymion (la suite d’Hypérion).

  4. DeD permalink
    28 janvier 2010 20:16

    (Pourquoi on dirait que mon avatar fait « Coucou la voilà ! » à la sortie des collèges ? C’est assez éloigné de mes loisirs, pourtant, je vous assure !)

    • Makuchu permalink
      28 janvier 2010 20:41

      Hum, tu aurais jamais du dire ça … maintenant, je vais penser à ça a chaque fois ! 🙂
      (mais je peux t’expliquer comment le changer aussi !)

  5. Macguyre permalink
    4 février 2010 14:58

    Merci pour ce joli article, il décrit plutôt bien cette oeuvre magnifique.

    C’est drôle, je n’avais jamais fait le parallèle entre Dune, Hypérion & Fondation, pourtant j’aime beaucoup les trois univers en question, et je les ai lu plusieurs fois.

    Une petite erreur à signaler cependant: la Terre n’est pas une « simple préfécture » dans Fondation, c’est une planète perdue. Plus personne ne sait où le berceau de l’humanité se situe.

    C’est d’ailleurs un des éléments du dernier volume, Terre et fondation.

    Enfin, j’aimerai signaler que Prélude à Fondation et L’Aube de Fondation servent également de pivot entre les deux grands cycles, les Robots et Fondation!

    • Makuchu permalink
      4 février 2010 16:27

      Tiens, « ils » ont perdu la Terre dans Fondation, tout comme dans Hypérion ? C’est intéressant ce concept de « berceau disparu »… Un peu comme si pour pouvoir prospérer, (ou du moins continuer à exister), l’humanité devait perdre trace de son origine…

  6. Syracuse Cat permalink
    4 février 2010 18:07

    Je me demande si ce n’est pas tout simplement un moyen de faire face à l’inévitable : la Terre a une espérance de vie de cinq milliards d’années, maximum. Au rythme où ça va, probablement moins. Mais si l’homme est le seul animal qui sait qu’il va mourir (encore que…), je crois que collectivement nous avons du mal à nous résoudre à l’idée d’être condamnés à disparaître définitivement en tant qu’espèce. Le thème de la disparition de la planète d’origine dans la science-fiction est peut-être une façon de se projeter, et d’espérer.

    • Raniver permalink
      4 février 2010 19:51

      Actuellement la science sait que La Terre disparaîtra dans 5 milliards d’années car elle sera détruite par la géante rouge que sera devenu le soleil.
      La science-fiction essaye d’imaginer ce que pourrait être le futur grâce à la science. Peut être que la science permettra à l’humanité de coloniser l’espace et ainsi d’échapper à la disparition inévitable de La Terre par la géante rouge, ou alors elle permettra aussi éventuellement d’inventer un procédé qui protégerait La Terre de l’inéluctable. On peut tout imaginer avec la science-fiction 😉
      Si La Terre est détruite, ce sont les origines, les connaissances et le patrimoine culturel de l’humanité qui seront détruits. Il serait alors intéressant d’imaginer la création d’une « bibliothèque » sur une autre planète qui conserverait toutes les connaissances de l’humanité, une sorte de « Fondation » 🙂

  7. Lib permalink
    4 février 2010 20:15

    « Actuellement la science sait que La Terre disparaîtra dans 5 milliards d’années car elle sera détruite par la géante rouge que sera devenu le soleil. »

    Bon, ça va, on a de la marge :p

    Merci pour ces infos Raniver !

  8. Syracuse Cat permalink
    4 février 2010 20:22

    C’est drôle que tu parles d’un monde-bibliothèque : c’est l’objet d’un des meilleurs épisodes de série au monde, selon moi, et Lib est d’accord alors qu’elle n’aime pas du tout la SF. Raniver, est-ce que tu connais Doctor Who ? Si ce n’est pas la cas, je te le recommande vivement, du moins les nouvelles séries (je n’ai pas vu les classiques). Il faut aimer l’humour anglais, certes, mais c’est vraiment de la bonne SF.
    L’épisode dont je parle s’appelle « Silence in the Library » et la suite s’appelle « Forest of the Dead » (saison 4, épisodes 8 et 9). C’est assez magistral.

  9. Raniver permalink
    4 février 2010 21:47

    On a effectivement de la marge, et on est presque sûr que l’humanité finira par coloniser au moins le système solaire, puisqu’on a déjà posé le pied sur la Lune, et la NASA projette d’envoyer les premiers hommes sur Mars.

    J’avais entendu parler de la série Docteur Who, mais je n’ai jamais eu l’occasion de voir des épisodes, donc j’ignore en quoi consiste exactement cette série. Sur tes conseils, je vais donc envisager de regarder cette série 😉

    • Lib permalink
      5 février 2010 09:17

      Doctor Who, c’est une série que j’aime beaucoup – et pourtant, moi, la SF… C’est plus l’humour (et l’acteur principal…) qui me plaisent ! C’est une série qui est aussi faite pour les enfants donc c’est un peu particulier, mais il y a de très beaux épisodes – dont ceux évoqués par Syracuse Cat !

      • Lien Rag permalink*
        6 février 2010 14:19

        T’expliques pas de quoi ça parle là ^^

  10. DeD permalink
    5 février 2010 18:16

    Côté marge, j’avais entendu parler il y a quelques années d’une collision de la voie lactée avec Andromède d’ici 2 milliards d’année, donc ça la réduirait pas mal … Mais, à l’époque du moins, il était impossible de calculer les effets précis de cette collision : trop de facteurs.
    L’espoir était que, vu la quantité de vide qui sépare les différents éléments d’une galaxie, les interactions gravitationnelles seraient très lentes à produire un effet réellement sensible à l’échelle des systèmes stellaires.
    De toute façon, 2 000 000 000 ans, ça nous laisse largement le temps de nous détruire nous-mêmes 😉

  11. Lib permalink
    6 février 2010 16:18

    « T’expliques pas de quoi ça parle là ^^ »

    Si je commence, on y est encore demain matin…
    Je ferai un billet, plutôt ;o)

  12. 18 mai 2010 20:22

    Non seulement les livres sont géniaux, à mettre dans le Panthéon de la SF, mais l’adaptation au cinéma de Fondation qui se profile à l’air d’être à la hauteur…

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