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La BD du geek : Péché Mortel par Toff et Béhé

19 janvier 2010

Alors quels aventuriers vont venir dans notre univers pour tenter d’approvisionner tous les geeks en quête de lecture ?
Je te propose un article qui va te plonger dans le monde incroyable de la BD.
Ce monde qui fascine le geek qui tente tant bien que mal de se rassasier en BDs, mais ça ne marche pas, car c’est comme un virus 🙂
La dépravation de la société incite à faire comme tout le monde, à se fondre dans la masse.
La société, c’est l’intolérance.
Celle-ci doit donc subir le fléau de Dieu :

Tant de débauche, tant de pornographie, tant de décadence, ont engendré le péché mortel.

C’est ce que Toff et Béhé racontent dans Péché Mortel, une série de BD offrant une vision d’anticipation et proposant un contexte où le territoire est dévasté par l’épidémie.
Prépare-toi, car tu vas plonger dans une atmosphère de répression avec un régime fasciste, les détournements politiques, l’endoctrinement et les dérives policières. Le gouvernement d’extrême-droite trouve un motif facile dans la survenue d’un virus, le VRH, pour prendre le pouvoir grâce à la haine exprimée par la milice et sa politique de la peur. Le VRH est donc « le virus du pouvoir ».

Le virus du pouvoir
Le nombre de propagateurs du VRH, un virus exterminateur se propageant via le flux sanguin, augmente sans cesse. Pour lutter contre l’épidémie, des mesures de préventions draconiennes sont prises : couvre-feu, carte de couple, milice omniprésente, taxe de célibat, surveillance des mœurs, ghettos pour concentrer les propagateurs, ainsi qu’un parti néo-fasciste : le Parti Populaire de Sauvegarde. Guy Ruiller est positif au test du VRH. C’est un étudiant travaillant pour le professeur Franck Morin. Ce dernier étudie un vaccin contre le VRH qui aura une guérison contagieuse. Morin achève la synthèse de l’anti-virus, dont il fait une injection à Guy. Guy, redevenu VHR négatif, est le seul à héberger dans son sang l’anti-virus.

L’histoire de Guy et de Morin s’intègre dans un contexte fort et intense. Cette histoire prospective très prenante nous rappelle la situation actuelle : tous assoiffés de pouvoir, d’argent ou de gloire, les hommes sont prêts à tout. Ce récit se poursuit avec un mystère sur l’extermination d’innocents, dans Un scalpel dans la mémoire, dont l’intrigue se déroule 30 ans plus tard. Guy dissimule un secret. Dans le passé, lui et Katy, sa fiancée, ont dû se soustraire pendant de longs mois à l’abri des miliciens. Pour des raisons politiques, ils vécurent dans la souffrance, car ils ne pouvaient pas diffuser le vaccin.

Un scalpel dans la mémoire
Trente-deux ans se sont écoulés depuis la terrible dictature des miliciens du Parti Populaire de Sauvegarde. Le virus VRH ne fait plus aucune victime, et l’OMD, l’Organisation Mondiale pour la Démocratie, a réussi ce que l’ONU avait péniblement esquissé : la planète vit globalement en paix. Guy est tributaire de son fauteuil roulant et des médicaments. Il est le créateur du « groupe des 7 » qui a sauvé des millions de victimes du VRH. Mais il y a trente ans, l’un des 7 a trahi la résistance. Marine Steel, une étudiante agrégée d’histoire contemporaine, fait la connaissance de Pierre Brisson, directeur de la sécurité de l’OMD, qui lui propose une mission : elle va interroger Guy en se déguisant en Katy, son ex-fiancée. Elle va ainsi plonger dans son passé, et sera un véritable « scalpel dans sa mémoire ».

La suite de ces événements mystérieux est psychologique et politique. Marine a un tempérament subtil. Il est plaisant de revivre les souvenirs de Guy car ils permettent toujours d’apercevoir une nouvelle piste sur l’énigme du traître. On avance dans l’intrique grâce à Résistances, qui promet un épilogue riche en révélations. Tu continues sur la route du passé de Guy et les liens entre les protagonistes s’accentuent : amitiés, disputes, et emportements.

Résistances
Katy était donc devenue VRH positif. Elle avait été sauvée de justesse de l’exécution milicienne par la résistance. Mathieu, l’ami de Guy, collaborait avec les fascistes car ils tenaient sa femme et sa fille en chantage. Guy essayant de fuir la milice et de sauver sa vie par tous les moyens, avait besoin de faux papiers que Matthieu pouvait lui fournir. Celui-ci lui avait laissé un dernier message avant de mourir lui indiquant de contacter le docteur Bohrman. Guy et ce dernier échafaudèrent les bases du « groupe des 7 » pour tenter de mettre au point le vaccin grâce à des échantillons de son sang. Guy mentionne certains membres des 7 dont Lydia Perrot, virologue, son mari Amezine, bio-technicien et Jan Czinto, bricoleur : c’est lui qui assurait toute la maintenance.

L’univers reste dans un environnement sombre et macabre. Pour le dernier album de la série, Autopsie d’un mensonge, l’intrigue te révèle son dénouement. Dans ce passé où la dictature règne, il n’y a pas de résistance sans désaccords, trahisons et sacrifices. Les péripéties qu’a vécues Guy dans son passé, narrées par des flash-back, aboutissent à un épilogue inattendu, un véritable coup de théâtre !

Autopsie d’un mensonge
Guy poursuivait l’extraction et la purification de l’anti-virus avec Iris Constant et Zaïma Botswu, deux membres du groupe des 7. Les doses étaient achevées mais il restait le problème de la distribution. Guy connaissait un des membres de l’OMD : Katy. En tentant de la contacter, il rencontra Pierre Brisson à qui il parla du groupe des 7 et de l’anti-virus. Pierre comptait annoncer cette nouvelle aux membres de l’OMD, mais l’ordre du jour était l’adhésion d’un nouveau membre : Aubert, un ancien fasciste. Pétrifié par cette corruption de l’OMD, Pierre préféra rejoindre le groupe des 7. Ils refusaient de dénoncer Aubert aux fascistes car celui qui livrerait Aubert livrerait un résistant et deviendrait un traître. Marine Steel conclut qu’aucun des 7 n’avait trahi et Guy s’aperçut que Marine Steel n’était pas la vraie Katy.

Mais alors qui est ce traître ?
Si tu veux satisfaire ta curiosité pour le découvrir, tu sais ce qu’il te reste à faire : lire cette BD 🙂

Merci beaucoup d’être venu lire ce billet. A très bientôt pour un nouvel article plein d’émotions fantastiques qui fera rêver tous les geeks. Au revoir les enfants 😉

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19 commentaires leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    19 janvier 2010 12:13

    Tiens, c’est marrant, le Tome 1 date de 1989, tandis que les trois suivants de 1997-99.
    Les deux récits sont +/- indépendants ?

    Wikipedia dit clairement que le virus est le Sida. Ce qui donne une dimension bien différente aux bouquins. Si tu parles de VRH c’est que le nom a été changé dans la réédition ?

    • Raniver permalink
      19 janvier 2010 19:24

      Le VIH est un virus. Le SIDA est un syndrome. Le VIH ne provoque le SIDA qu’à partir d’une certaine charge virale présente dans l’organisme. Le VIH affaiblit l’organisme en détruisant les cellules du système immunitaire.
      Dans Péché Mortel, Toff et Béhé ne mentionnent pas de syndrome lié à l’immunodéficience. Donc je pense que le VRH doit provoquer un autre syndrome, d’où le « R » à la place du « I ».
      Le point commun entre le VRH et le VIH est le mode de transmission qui est le même.

  2. Makuchu permalink
    19 janvier 2010 18:28

    En fait, le 2e cycle a été fait suite au succès de la deuxième réédition du premier tome (qui était un « one-shot » à l’origine). Pour moi les deux sont bien à dissocier : le premier tient la route tout seul, et laisse une fin ouverte. Les 3 autres font parties d’un tout et on été scénarisés ensemble.

    Dans mon édition de 89 de « Péché mortel », le virus s’appelle bien « VRH », mais il s’agit clairement du SIDA ou VIH, si ont veut chipoter… Les auteurs offrent une vision de ce que pourrait être la société si l’épidémie devenait explosive, (nous sommes en 89, n’oublions pas, au début des années « sida ») avec donc, comme l’a dit Raniver un parti néo-fasciste qui profite de la peur des bonnes gens pour prendre et conserver le pouvoir, passant par une batterie de restrictions (d’où la criminalisation du sexe), et organise de véritables ghettos pour « malades » (qui d’ailleurs, l’ont bien mérité, s’ils sont malades, c’est qu’ils ont péché, haha…), malgré toute l’hypocrisie du pouvoir qui lui s’organise des orgies avec de jeunes gens plus au moins consentants, mais dépistés …

    Bref, une BD vraiment intéressante, avec une couverture bien plus « alléchante » dans la première édition (même s’il n’y a en fait que très peu de sexe, hein, l’essentiel étant sur la critique de société ….)

    • Lien Rag permalink*
      19 janvier 2010 18:44

      C’est la même édition que les « légendes d’aujourd’hui » en fait..
      Ces couvertures ont une classe que les moins de 20 ans ne peuvent pas comprendre, pour reprendre un vieux croulant qui ne mérite pas son succès.

    • Raniver permalink
      19 janvier 2010 20:35

      « qui d’ailleurs, l’ont bien mérité, s’ils sont malades, c’est qu’ils ont péché, haha… »
      Ils ont péché, donc ils ont mérité ce qui leur arrive 😆
      L’homme est un hypocrite : il condamne autrui d’avoir péché, alors que lui-même n’est point exempt de tous péchés.
      Personnellement je pense que les couvertures « alléchantes » sont une stratégie marketing pour séduire le public à venir découvrir une BD. Souvent il y a des couvertures qui ne reflètent absolument pas le contenu d’une BD, mais qui a permis d’attirer les lecteurs 😉

      • Syracuse Cat permalink
        19 janvier 2010 22:51

        Mais elles traumatisent les petites filles dont le papa range ses BDs sur les rayonnages les plus bas de la bibliothèque… Je voulais voir des images colorées, j’ai été servie : j’ai mis des années à me rendre compte que ça valait le coup de partir en exploration. Entre temps, les BDs avaient été déménagées dans un placard, ça n’a pas aidé.

  3. Makuchu permalink
    19 janvier 2010 22:58

    … ou les petites filles choisissent aussi expressément cette BD dans le coffre de Papa quand les parents sont de sortie car la couverture l’intrigue quand même… (plus j’y pense, plus je me rends compte que les BDs sont en grand parties responsables de mon éducation… ça expliquerais certaines choses …)

    • Syracuse Cat permalink
      19 janvier 2010 23:06

      Ah, mais j’était vraiment petite, genre mes yeux étaient à 70 cm du sol. Je ne savais pas lire encore. Je crois que c’est surtout les Bilal qui m’ont traumatisée. ET Adèle Blanc-Sec, bien sûr. Pendant des années je n’ai fait que lire les titres sur la tranche.

    • Raniver permalink
      20 janvier 2010 08:21

      Je pense que presque tous les jeunes des années 80 ont été éduqués par les mangas, BDs, dessins animés et jeux vidéo 😉

      • Lib permalink
        20 janvier 2010 12:05

        Ou pas :p

  4. Makuchu permalink
    20 janvier 2010 06:57

    70 cm, effectivement, ça vole pas haut ! De mon côté, je devais avoir entre 10 et 12 ans. J’estime cette lecture à après « les passagers du vent », mais à avant les Adèle, qui m’attiraient moins, pour les mêmes raisons… Je crois même que ça a déçut le Papa en question que je me les approprie que vers mes 15 ans. Mais j’ai eu le temps de me faire également traumatisée par les chroniques de fin de siècle de Bilal et Christin, (et il y a une série qui a repris le concept de « chroniques de fin de siècle » assez glauque également). Le pire a été « C’était la guerre des tranchées » de Tardi, lu à 9 ans (en cachette, pour ceux qui s’interroge sur l’accès libre dont je disposait à ces lectures) car on étudiait la première guerre mondiale à l’école. j’en ai pas dormi pendant quelques jours ! Et dans le genre « BD décadente », y a eu aussi « La survivante » de Gillon vers 11 ans… Bref, il y aurait de quoi faire un débat : les logos de la TV appliqués aux BDs ? (Pour moi clairement non, je m’en sors bien même après que mes petits yeux ait été exposés à tant de débauche et de violence…). Et je tiens à rassurer en affirmant qu’a la même époque, je dévorais également Astérix, Lucky luke et les potes (mais plus en plein jour…)

  5. Raniver permalink
    21 janvier 2010 14:50

    J’ai remarqué le lien vers l’article Les passagers du vent, dans lequel est mentionné Péché Mortel.
    « On peut même retrouver des hommages épars dans d’autres séries, comme un tableau représentant la couverture de « La fille sur la dunette », dans « Péché Mortel »
    « Un exemplaire de ce tableau qui n’existe surement pas »

    Il en existe quand même de bonne qualité ^^

    • Makuchu permalink
      22 janvier 2010 09:25

      Ben dans ce cas si, j’aimerais avoir l’info pour en trouver ?

      • Raniver permalink
        25 janvier 2010 10:45

        Je parle des tableaux dont le support est en estampe numérotée et signée par François Bourgeon, qu’on peut trouver dans les galeries d’art (par exemple la galerie Christian Desbois à Paris dans le 7ème arrondissement).

      • Lien Rag permalink*
        25 janvier 2010 11:34

        Pas cher, pas cher ^^

      • Makuchu permalink
        25 janvier 2010 12:44

        oui … euuh … merci pour l’info, mais je crois que ça me servira pas à grand chose pour le coup 😉

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