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Let’s go fishing for a dream

8 janvier 2010

Il y a des groupes de musiciens que tout le monde connaît. Que l’on apprécie, certes, mais sans ressentir ce sentiment d’appartenir à une communauté d’initiés. Et puis il y a des gens, dans l’univers de la musique, qui fédèrent autour d’eux un petit groupe d’aficionados, fiers d’être dans le coup. C’est le cas de Turin Brakes. S’ils ont acquis une certaine notoriété au Royaume-Uni, personne n’en a jamais entendu parler en France. J’aimerais pouvoir, à ma modeste échelle, réparer cette injustice.

Turin Brakes, c’est avant tout de la folk. De la folk douce, intimiste, faite avant tout pour l’acoustique. Deux guitares, une voix éthérée, celle d’Ollie Knights, à laquelle se mêle celle de Gale Paridjanian. De cette amitié de longue date (ils se connaissent depuis le lycée) naît un groupe profondément uni, et cette complicité se ressent sur chaque album.

Ce qui caractérise Turin Brakes, c’est leur son si particulier, tout de suite identifiable. Parce que la voix de Knights, magique, est reconnaissable entre toutes. Parce que leur style, même s’il appartient bien à la famille de la folk anglaise, est unique. Des balades mélancoliques, des morceaux un peu plus punchy… malgré ces différences de genre, le duo garde une ligne qui lui est propre, une identité un peu à l’ouest des sentiers battus. Leurs paroles sont parfois sibyllines  (pour ne pas dire… mais ils ont fumé quoi là ???), leurs rythmes envoûtants, la douceur de leur musique, qui apaise, hypnotise presque parfois… Turin Brakes, c’est un peu une drogue musicale, qui s’empare doucement de vous, sans que vous en rendiez compte, pour ne plus vous lâcher.

Ce qui est formidable avec ce groupe, c’est qu’ils ont su se renouveler, sans pour autant se renier. The Optimist LP, le premier album (2001), est surtout une question de guitare acoustique, la plus intimiste possible.

Fermez les yeux, laissez-vous bercer… Feelin’ oblivion… On oublie tout, en effet, en acceptant de se laisser guider par cette voix qui promet de nous emmener ailleurs, de devenir quelqu’un d’autre, comme enveloppé par le rythme lancinant du morceau.

Deux ans plus tard sort Ether Song, le bien nommé. Knights et Paridjanian introduisent plus de guitare électrique, et la tonalité de leur album s’assombrit légèrement, comme si le groupe avait atteint une maturité nouvelle. C’est le cas de morceaux comme « Panic Attack » ou « Little Brother », que je ne trouve pas sur YouTube… Heureusement, il y a… no pas Findus, mais « Self Help » :

Ce côté ‘dark’ n’empêche cependant pas les Turin Brakes de garder cette légèreté de ton et de style qui les caractérisait dans le premier album, et je ne peux résister à l’envie de vous présenter ce morceau qui me donne la pêche, me met de bonne humeur, me donne envie d’enfourcher un vélo et d’aller me promener dans la campagne ensoleillée avec un panier à pique-nique et mes amis… J’ai nommé « Painkiller » !

2005, c’est JackInABox, le premier album des Turin Brakes que j’ai écouté – et pour lequel je garde une petite tendresse, du coup. JackInABox, ce serait un retour aux sources de The Optimist LP, mais enrichi des découvertes faites dans Ether Song. Un mix de la tonalité des deux albums précédents, un dosage parfait de légèreté et de noirceur, comme si les Turin Brakes avaient testé les deux tendances pour mieux les unir. Commençons par la chanson qui a donné à ce billet son titre – parce que cette chanson, je l’aime, il n’y a pas d’autre mot. Un petit bijou de balade, rythmé par les ‘doo doo doo’, un amour de déclaration, qui ferait craquer la moindre des filles :

Lose your heart, I lose my mind
We’ll make quite a pair, dazzling all the time
Celebrity parties, the red carpet mile
Nothing is too good there for my girl
All of this world, is gonna see you shine

Messieurs, prenez-en de la graine !

Cela dit, cet album, ça n’est pas que cette chanson : il y a aussi l’angoissé « Road to Nowhere », ou encore l’engagé « They Can’t Buy The Sunshine » :

Ce qui me plaît, dans JackInABox, c’est que cet album représente la quintessence de Turin Brakes : il possède toutes les qualités que l’on a appris à aimer dans ce groupe, tout en apportant ses propres couleurs.

Et enfin, en 2007, il y a eu Dark on Fire, avec un virage annoncé vers un genre plus pop – et du coup, moins personnel peut-être, un peu plus versé dans ce qui se fait de nos jours en matière de musique britannique. C’est loin d’être mauvais, – c’est même très bon – mais ce n’est pas aussi remarquable que les précédents, tout simplement parce que l’album n’a pas cette couleur exclusive ‘Turin Brakes’, cette trademark, comme disent nos amis anglais. C’est, du coup, moins inoubliable – même si je prends toujours un grand plaisir à écouter cet album – il a toujours la voix de Knights, les thèmes abordés, les lignes musicales qui me plaisent tant. Mais ça devient presque… oserais-je l’injure… commercial.

Mais il y a un superbe morceau : écoutez bien les paroles, c’est flippant. Quant au clip, il est l’illustration parfaite de cette sombre histoire :

Ne reste plus que le best of, Bottled at Source, sorti en septembre dernier. Je ne l’ai pas encore – mais ça ne saurait tarder. Le deuxième CD est plein d’inédits, ça ne vaut pas une sortie d’album, mais c’est déjà ça. En espérant les voir passer par Paris un de ces quatre… il me reste encore à voir ce duo sur scène. Il paraît que c’est magique. Ça ne m’étonne guère.

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