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Vous voyez qu’on n’est pas des voleurs !

29 décembre 2009

Noël est passée, vive Noël ! Afin de prolonger ce moment particulier de l’année je vous recommande un magnifique et féérique spectacle « musical » de cirque tzigane auquel j’ai assisté le 25 décembre !

La dimension « musicale » du spectacle Paradis Tzigane est centrale car ce dernier est largement soutenu par un orchestre de trois musiciens (et plus par moments) : violon, accordéon, contrebasse, cuivres, etc.

A premier abord, le cirque Tzigane Romanès – car c’est bien du cirque Romanès dont il s’agit ici – ne paie pas de mine. On rentre, Boulevard de Reims, sur une sorte de parking où sont garées plus ou moins anarchiquement un certain nombre de caravanes. L’ensemble n’est pas très avenant ; le sol est quelque peu défoncé, détrempé, les caravanes sont vertes kaki, pas spécialement propres, il n’y pas de plantes, le chapiteau qui se dresse devant le visiteur apparait plutôt minable… Et pourtant la vie est bien là ! A travers les fenêtres illuminées des caravanes on la devine…

Le visiteur perplexe face à ce décors est accueilli par un petit monsieur : « balors ? Vous ne rentrez pas ? Vous venez pour le cirque nan ? Vous ne voyez pas le chapiteau ? Allez allez, vous pouvez rentrer ! ». On se demande où on s’aventure, parce que bon… Ca  fait un peu « tiers-monde »…

Ce bonhomme qui nous a interpellés n’est autre qu’Alexandre Romanès le fondateur de la troupe. La famille d’Alexandre Romanès est dans le cirque depuis la guerre 14-18. Pourtant à 25 ans Alexandre, déçu par la tournure que prenait le cirque familial, part et s’essaie à l’art de rue. Il rencontre d’autres artistes et des poètes. Il construit, avec l’aide de Jean Genet, un spectacle et dix ans plus tard il découvre un cirque dans le camp tzigane de Nanterre. A ce moment, avec sa compagne Délia (aujourd’hui au chant), il réunit ses économies, achète un chapiteau, un camion et quelques caravanes. Alexandre et Délia ont des enfants et ils sont rejoints par des gitans (pour la plupart, ils sont de la tribu des Lovaris dont Délia est originaire) : tous ces « cousins » forment une famille réunie sur scène.

A peine rentré dans le chapiteau le visiteur devient spectateur. Oui, le spectacle a bel et bien commencé : projo tamisée,  légère musique tzigane provenant d’un arrière de rideau, parfums d’encens envoutants… Où est donc Madame Irma ?… Ah nan, là je m’égare !

Peu à peu les spectateurs arrivent et les gradins se remplissent et enfin le (vrai) spectacle commence !

Et là… On s’attend au pire… Des enfants investissent la scène et introduisent le spectacle de numéros plutôt ridicules : jonglage à trois balles, hula hoop, mini-danses tziganes… Là le spectateur se dit : « alalala les romanos font bosser les gamins, ça leur revient pas cher et les gamins sont malléables à souhait et contents d’être sur scène ! ».

Pourtant, le temps passant, à mesure que la musique nous emporte et nous envoute, on perçoit de plus en plus la finesse du spectacle. La qualité et la complexité des numéros suivent une logique exponentielle et s’enchainent à un rythme endiablé. Ils sont seulement entrecoupés des numéros des enfants à la qualité désormais frappante !

La diversité et la variété des numéros construisent l’harmonie globale du spectacle. Il est drôle de constater que chacun des membres de la famille Romanès tient un rôle bien défini : musicien, chanteuse (fille d’un des violonistes et mère d’une jeune artiste), enfants (rythmant le spectacle et, pour deux d’entre-eux, également cuivres), et le reste de la troupe. Le spectateur reste bouche bée face à la virtuosité des jongleurs Elonga, Yvan et Aramis, face à l’élégance  de Dorine, Dorel, Sorine et de Marius ou encore face à la sensualité de la contorsionniste Maria et de la trapéziste Alexandra.

Un sublime numéro de trapèze en couple clôt d’ailleurs la représentation… Les artistes redescendent sur terre et l’ensemble de la troupe forme un arc de cercle face aux spectateurs et les salue… Ils se retirent et on découvre une table submergée de beignets et de verres de vin chaud ! Nous sommes bien au Paradis Tzigane…

Petite anecdote… Après le spectacle, alors que je remets mon manteau, je fais tomber mes lunettes. Forcément quelqu’un shoot dedans sans que je m’en rende compte… Je les cherche et recherche ! Quelques secondes de stress plus tard, un bras émerge du milieu (à peu près) de la foule agglutinée autour des beignets. Ce bras (ou plutôt son propriétaire) crie : « Personne n’aurait perdu des lunettes par hasard ?? » « MOI MOI MOI » et je me précipite. En même temps Alexandre Romanès – car de nouveau c’est lui – ironise : « Ah ?! Vous voyez qu’on n’est pas des voleurs ! »

Lieu du spectacle :
Au niveau de 42-44 Boulevard de Reims, (à l’angle de la rue de Courcelles)
Chapiteau du Cirque Tsigane Romanès, 75017 PARIS.
Métro : Porte de Champerret
Site Internet : http://www.cirqueromanes.com
Réservation : 01 40 09 24 20 ou 06 88 09 22 67 ou 06 99 19 49 59.

Tarifs spectacles tous les  jours :
Adultes : 20€
Moins de 26 ANS : 15€
Enfants 3 à 12 ANS : 10€
Moins de 3 ANS : GRATUIT

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3 commentaires leave one →
  1. 30 décembre 2009 17:17

    Un article si bien écrit et illustré qui décrit soigneusement cet événement exceptionnel !!!! Il n’y a que de la joie, du suspense et des belles émotions. A vous de plonger dans le Paradis Tzigane !!!

  2. Lib permalink
    30 décembre 2009 22:24

    J’aime beaucoup le titre – et son explication !

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