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Do… a deer, a female deer…

17 décembre 2009

© Public Domain - Pierre et Gilles / Marie-Noëlle Robert

Avant toute chose, avant de poursuivre la lecture de ce billet, il faut savoir une chose sur son auteur : quand j’étais petite (4, 5 ans… la légende familiale dit 3, mais ça me paraît un peu jeune car j’en ai des souvenirs), j’étais fan de la comédie musicale La Mélodie du Bonheur, la version de 1965 dirigée par Robert Wise, avec Julie Andrews et Christopher Plummer dans les rôles principaux. Mais quand je dis fan, je ne plaisante pas du tout : je le connaissais par cœur, je le regardais tous les jours (ma sœur, du haut de ses trois ans, répétait à tout bout de champ : ‘elle nous embête avec sa maladie du bonheur !’ C’était ma grand-mère qui me l’avait fait découvrir : elle m’avait prêté la cassette vidéo, que j’avais fini par casser en la faisant tomber sur le carrelage. Mon père, ce héros, a racheté une K7 neuve pour rendre à ma grand-mère, et a réussi à réparer le boîtier de celle que j’avais abîmée : joie, j’avais ma propre version du film. Ado, j’ai redécouvert ce classique de mon enfance, en version anglaise, que j’ai alors acheté en DVD. La Mélodie du Bonheur, c’est un peu ma madeleine de Proust, ma cure de bons sentiments quand tout va mal… Alors quand j’ai su que le Théâtre du Châtelet en présentait une production pour Noël, j’ai sauté sur l’occasion.

Aller voir un spectacle qui représente tant pour soi, c’est tout de même un peu risqué : je n’ai jamais vu d’autre version de cette comédie musicale que le film avec Julie Andrews. Je n’ai donc jamais été perturbée dans mes repères, qui, vous l’aurez compris, sont profondément ancrés dans mon subconscient – et dans mon conscient aussi, d’ailleurs. Quand des chansons, des interprétations, des visages et des voix vous suivent depuis l’enfance, difficile d’accepter que ceux-ci puissent changer. C’est donc avec une fébrilité mâtinée d’appréhension que je suis allée au Théâtre du Châtelet, me suis assise dans mon fauteuil à 98€ (vive les invitations presse…) et attendu le lever du rideau.

Bon, je le reconnais, il y a des trucs qui ont gêné la puriste que je suis. Ils ont zappé I Have Confidence, la chanson que chante Maria pour se donner du courage en se rendant au domaine du Capitaine Von Trapp. Ils ont rajouté deux chansons, issues de la comédie musicale lors de sa création à Broadway (1959, si je ne m’abuse). Le personnage de la Baronne Schraeder ne correspond pas à l’image digne et élégante que j’en ai : elle est présentée comme plus intéressée, moins classe. Toutes les chansons ne sont pas présentées dans l’ordre qui est celui du film. Mais au fond… ces détails ne sont que des détails, finalement, des problèmes de forme. L’important, c’est l’esprit. Et vu le nombre de fois où je me suis retrouvée la gorge nouée, voire la larme à l’oeil, non parce que la pièce en elle-même était triste ou émouvante, mais parce que je retrouvais mes émotions de petite fille… oui, l’esprit de La Mélodie du Bonheur, en ce qui me concerne bien sûr, était bien là.

Déjà, première bonne surprise, le spectacle était en anglais, surtitré bien évidemment. En ce qui me concerne, forcément, je le connais tellement par cœur que finalement, les surtitres, je n’en ai pas eu besoin… et j’ai pu profiter des chansons et des rares dialogues conservés dans la pièce tels que je les connais et les aime. L’ensemble de la troupe était tout à fait digne, à mes yeux exigeants, de représenter les différents protagonistes. Surtout, Maria… interprétée par Sylvia Schwartz, elle a su gagner le cœur du public, qui l’a chaudement applaudie lors des saluts. Et moi la première. La jeune femme possède cette fraîcheur, cet enthousiaste indissociables de Maria, et elle rend tout à fait crédible son véritable tour de force : convaincre en quelques minutes sept enfants récalcitrants qu’elle sera leur amie (pour l’anecdote, les filles de ma prof de français de collège jouent dans le spectacle, le monde est petit…).

Ce qui m’étonne le plus, finalement, c’est que ce spectacle, je l’aime toujours autant à 25 ans qu’à 5. Souvent, lorsque je me replonge dans une œuvre qui m’avait plu quand j’étais enfant, je suis déçue, parce que je vois tous ces défauts qui, à 5 ans, ne me gênaient pas, probablement parce que je n’en avais pas conscience. J’ai grandi, j’ai acquis une capacité d’analyse et de critique que je n’avais pas à 5 ans, et le film, le livre ou la chanson me paraissent fades et niais. Rien de tel avec La Mélodie du Bonheur. J’ai beau avoir 25 ans, quand je me trouve à nouveau en contact avec le film ou les chansons, je retrouve mon âme de petite fille charmée par les enfants Von Trapp, Marie, le Capitaine… comme si 20 années n’avaient pas passé depuis la première fois. Tant mieux, au fond.

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2 commentaires leave one →
  1. stef808 permalink
    17 décembre 2009 15:30

    Tu as réussi le pari 😉 me donner envie d’aller la voir ! Pourtant j’étais circonspect quant à l’intérêt de la comédie ^^ Ta plume a fini par me convaincre :p

Trackbacks

  1. I could have danced all night ! « Culture's Pub

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