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Advertising Madness on Madison Avenue

11 décembre 2009

Comme vous aurez sans doute pu le constater, je ne suis pas la seule ici à regarder un peu trop de séries… Avant, on regardait trop la télé, mais maintenant il y a les ordinateurs et internet, et c’est pire : la moindre découverte et c’est l’addiction, c’est la fin (je parle pour moi). Alors je fais très attention à ce que je regarde : tant qu’à passer un certain nombre d’heures en autiste devant mon portable, je ne veux que du bon. Les conseils de ToyBoy sont toujours précieux, et en septembre, il avait l’air inspiré par cette série dont j’avais déjà pas mal entendu parler, y compris dans une autre série, précisément (car oui, rien que pour vous, et parce que je suis sérieuse, je suis allée chercher la référence exacte, on a des standards, ici à Culture’s Pub) HIMYM S04E08 – souvenez-vous des conference calls de Marshall et Barney à la GNB, ils se croient dans Mad Men.

Commençons par le commencement : Mad Men, qu’est-ce que c’est ? Eh bien, c’est d’abord :

« A term coined in the late 1950s to describe the advertising executives of Madison Avenue.
They coined it. »
Un terme inventé à la fin des années 1950 pour désigner les publicitaires de Madison Avenue. C’est eux qui l’ont inventé.

Contraction de Madison Av. et de « advertising », l’expression rend bien aussi l’état d’esprit fébrile qui règne dans l’agence de publicité Sterling & Cooper au début des années 1960.

La série est centrée sur le personnage de Don Draper (Jon Hamm), le creative director : il est brillant, séduisant, et mystérieux. Comme le dit l’un des personnages, « Vu le peu qu’on sait de lui, il pourrait aussi bien être Batman » (je cite et traduis approximativement). En effet, personne ne sait exactement qui est Don Draper, ni ses collègues, ni sa femme, ni ses maîtresses. Sous ses dehors élégants et assurés, Don est un homme en plein vertige, comme l’illustre superbement le générique de la série.

Au début, on ne sait pas exactement à quoi Don Draper cherche à échapper, et comme je suis gentille, je ne vous le dirai pas. Mais sa fuite en avant a fait de lui un self made man, incarnation du rêve américain, belle situation, belles femmes, belle maison. Un homme comblé, mais pas un homme heureux. Je ne pense pas qu’il cherche à l’être, juste à oublier et à fuir, toujours un peu plus loin, certain qu’il n’y a pas de lendemain, qu’il ne peut pas y en avoir.
Sa femme, Betty (January Jones), c’est la parfaite Américaine, elle est belle, cultivée, elle fait bien la cuisine et elle s’occupe des enfants. C’est Grace Kelly. Mais elle est profondément insatisfaite, malheureuse et névrosée. C’est une femme-enfant, gâtée, capricieuse, qui court désespérément après le bonheur.

Les autres personnages principaux sont ceux qui travaillent chez Sterling & Cooper. Peggy Olson (Elizabeth Moss), la nouvelle : dans le pilote, elle débarque avec nous dans ce monde un peu fou. Elle est la secrétaire de Don, mais elle aspire à plus que ça, professionnellement… Peggy n’est pas spécialement jolie, mais elle est intelligente et déterminée ; elle n’a pas particulièrement envie de vivre sous l’aile protectrice mais un peu condescendante de Joan (Christina Hendricks), la plantureuse secrétaire en chef. Le dernier des personnages principaux est Peter Campbell (Vincent Kartheiser), responsable des comptes clients : Pete est jeune, brillant et ambitieux. Il vient d’une grande famille : pas un sou, mais un carnet d’adresse bien rempli, ce qui ne suffit pas toujours à lui valoir la reconnaissance qui lui est due, selon lui.

Mad Men - Sterling & Cooper, Don's Office

De gauche à droite, Roger Sterling, Peggy, Don, Joan, Pete

 

Tout ce petit monde n’est pas bien joyeux, mais le spectateur se régale. D’une part parce que les swinging 1960s, c’est exotique, infiniment plus que tout ce qu’on peut voir d’autre à la télévision : on picole au boulot, on fume jusque dans les avions, et donc partout ailleurs, en balayant d’un élégant revers de main ces rumeurs complètement infondées de lien avec le cancer du poumon, on balance ses déchets à tort et à travers. Toutes ces règles qu’on s’impose aujourd’hui, ces petites privations qui sont pour notre bien, on le sait, mais qui entament un peu notre joie de vivre, les personnages de Mad Man n’en ont juste rien à cirer. Ils n’en sont pas plus heureux pour autant, mais les voir faire fi de toutes ces règles que nous avons fini par intégrer a quelque chose de profondément jubilatoire.
De manière globale, le politiquement correct en prend pour son grade : propos machistes, homophobes et racistes bien de leur temps, ça fait tout drôle. Les Afro-Américains sont liftiers ou bonnes, et le terme « negro » n’est même pas considéré comme une insulte. Attention (sur internet mieux vaut faire attention à ce qu’on écrit alors je prends la peine de sauvegarder mes arrières), je ne dis pas que j’approuve ce genre de propos, loin de là, j’espère que tout le monde s’en doute, juste qu’à l’époque, c’était comme ça, et que ça démontre un certain courage de balancer de tels propos sur les ondes américaines qui sont quand même franchement marquées par une certaine pudibonderie, il faut bien le reconnaître.

Kodak - CarouselEnsuite, le monde de la pub, c’est assez fun, il faut bien le dire, même à cette époque : c’est tellement drôle de voir les personnages s’arracher les cheveux pour trouver le moyen de vendre des cigarettes, du laxatif, des soutiens-gorge ou la campagne de Nixon contre Kennedy. Mais la pub, c’est aussi de l’émotion (c’est d’ailleurs souvent comme ça qu’ils nous ont, ces petits malins !) : le Caroussel de Kodak, un beau moment de télévision, allez-y, cliquez. Pas de spoiler, promis !

Et enfin, principal atout de la série : ses personnages, et l’écriture qui les accompagne, mais j’avoue que c’est un peu plus difficile à décrire… Ils ne sont pas tous très beaux, ce qui en soi est déjà d’une originalité folle, mais ils ont toujours la très grande classe. On savait vivre, à l’époque. Mention spéciale aux femmes, surtout Christina Hendricks, magnifiquement pulpeuse, ça change un peu des top models improbables qu’on voit partout ailleurs, qu’elles aient 20 ans ou presque 50 (suivez mon regard, Gossip Girl et Desperate Housewives). Les hommes aussi ont la classe, surtout Jon Hamm, il faut bien le dire (en plus il joue vraiment très bien, notamment dans les scènes de flash backs). Mais dans l’ensemble, tous ces personnages sont complexes, confrontés à leurs choix et à leurs faiblesses, parfaitement humains, et on les adore, tous autant qu’ils sont (petite mention spéciale au personnage de Salvatore Romano, chef du département artistique : si vous regardez la série, vous saurez pourquoi).

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous en prie (mais faites attention aux spoilers !), il y a le site officiel, et Wikipedia, bien sûr !

Voilà, pour terminer, un grand merci à Toyboy que j’espère ne pas avoir trop déçu en lui coupant l’herbe sous le pied : libre à toi de compléter, corriger, etc. si ça te paraît nécessaire !

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10 commentaires leave one →
  1. Vuuv permalink
    12 décembre 2009 16:05

    Tu m’as donné vraiment envie mamour, je VEUX la voir. Qui a la saison 1 ?

    • Syracuse Cat permalink
      12 décembre 2009 17:25

      Je t’envoie le lien par mail tout de suite. Pour que tu puisses, hm, tu sais, acheter le DVD. Sur Amazon, quoi 😀

  2. Lib permalink
    16 décembre 2009 12:28

    Ça va filer dans ma liste pour le Père Noël ça…

  3. Toyboy permalink
    9 janvier 2010 01:54

    SPOILER

    Je viens à l’instant de voir l’épisode 11 de la saison 3. Je n’ai pas encore suffisamment de recul, mais il pourrait bien s’agir du meilleur épisode que j’ai jamais vu toutes séries confondues.

    Je suis sous le choc, et voir rendre Don aussi fragile le temps d’un épisode est probablement une des plus belles idées qu’aient eu les scénaristes. Mon dieu, j’avais les larmes aux yeux durant toute la confession de Don, j’ai encore des frissons une heure après le visionnage. Quelle immense série, et quel immense acteur.

    SPOILER

  4. Syracuse Cat permalink
    19 janvier 2010 21:15

    Et je signale au passage que la série vient d’obtenir le Golden Globe.

  5. Toyboy permalink
    25 septembre 2010 16:03

    Je viens de voir l’épisode 7 de la saison 4, et Matthew Weiner est un génie. La relation entre Peggy et Don est parmi ce que j’ai vu de plus pure et de plus sublime. Cette série est unique….

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