Skip to content

Les Concerts Fringants

28 novembre 2009

Le monde est simple comme un coup de fil, dit le slogan (« Le monde s’enfile » c’était mieux ^^). Mercredi, alors que je glandouillais sur le net travaillais d’arrache-pied pour mener à bien la réalisation de notre projet, je reçois un coup de fil :

mon téléphone* : dring
moi : allo ?

quelqu’un : Sale pute ta chatte ta chatte !
moi : Ah, salut, Dri ; je vais bien, merci**.
Dri (parce que c’était lui) : Ça te dit une place pour les Cowboys fringants ? Le concert commence dans deux heures.
moi : heu…

Et là commence un dialogue intérieur, un formidable combat de pros et de cons, dont l’épique résultat final déterminera tout l’avenir de l’humanité, ou au moins ce que je vais faire ce soir.

+ : C’est les Cowboys fringants
: faut que je parte maintenant et que je grouille
+ : c’est les cowboys fringants
: je suis équipé « grands froids » et pas « concert »
+ : c’est les cowboys fringants
: j’avais dit que je ferais jamais une salle plus grande que l’Olympia
+ : c’est les cowboys fringants
: je ne pourrai pas faire ma loque sur Borderlands.

Ah. Là je marque un point. (OUI, je suis une merde).

* Attention, ce sont des didascalies, il ne faut pas les lire à voix haute sinon on ne comprend pas tout.
** Entre anciens légionnaires, on a du jargon que le commun des mortels ne peut comprendre.


J’y suis allé.
C’est donc mon deuxième concert des Cowboys fringants. Le premier était en février, lorsqu’ils avaient comblé trois Olympias, dont une date supplémentaire. Le second mercredi, donc, où ils ont presque rempli un Zénith (6300 places).

 

Mais qui est ce mystérieux groupe au nom chantant et évoquant le parler de la belle province ? Il s’agit bien d’un groupe québequois, formé en 1996 ; après trois CDs autoproduits de chansons naïves folk/rock, ils sortent en 2002 Break Syndical, qui les propulsera sur le devant de la scène au Québec, et leur permettra de percer en Europe. Suivront 3 albums studios, toujours quelquepart entre leurs deux valeurs, l’engagement et la naïveté.
Pour ceux qui voudraient les découvrir, je ne peux que vous conseiller Break Syndical, l’engagé (2002), mon préféré, La Grand-messe, le désabusé (2004), le préféré d’El.Dri, ou L’Expédition, le tragicomique (2008), le préféré de Sablaetis ^^ .

S’ils ont rempli des stades de 20.000 personnes dès 2003 au Québec, en Europe ils dont des salles plus petites. Le Zenith est une de leurs premières grosses salles en France – mais bien que ce soit un signe de consécration pour les artistes, à mon gout on perd trop en intimité…
Le concert commence « doucement » par l’expédition, et continue sans s’arrêter pendant quatre chansons : le rythme est donné. Le groupe, comme à son habitude, est déchaîné, l’ambiance est survoltée, mais, me fera-t-on remarquer, sans doute à cause de la présence de caméras ce soir là, ils sont moins déconnants et plus à cheval sur la perfection technique que d’habitude – pas de saut dans le public pour Karl Tremblay cette fois-ci. Ça ne les empêche pas de faire les pitres, bouger et sauter dans tous les sens. Si vous n’avez jamais vu trois guitar/bassistes traverser la moitié de la scène en bondissant en parallèle, c’est là qu’il faut aller. En particulier, Jean-François Pauzé à la guitarre et Marie-Annick Lépine au violon sont impressionnants tellement ils sautent ou dansent tout en jouant (juste ^^). Les chansons jouées varient en fonction des soirs (Le Mans a eu Léopold, la chance…), mais les trois derniers albums sont évidemment très représentés ; Break Syndical voir également plusieurs de ses chansons jouées, ce sont celles qui déchainent le plus le public, qui connait les paroles par cœur ; les albums plus anciens n’ont par contre droit qu’à une ou deux chansons. On variera entre les solos endiablés et les moments d’émotion.
Au Zénith, la fin a été très sage : trois rappels pour une douzaine de chansons, le dernier rappel obtenu en chantant tous en coeur un refrain pendant plusieurs minutes. Les lumières se rallument, les gens s’en vont. Pour comparaison, à l’Olympia, après le quatrième rappel, les lumières se rallument. Les gens ne bougent pas, continuent à chanter, applaudir, appeler. Le gérant arrive sur scène et dit que c’est fini, il faut partir maintenant. Idem, une bonne moitié de la salle refuse de partir et continue l’hystérie. Le gérant, craignant sans doute pour sa belle salle, finit par autoriser les Cowboys à faire un ultime rappel 🙂

Car ce qui fait la folie des concerts des Cowboys Fringants, c’est justement ce public déchaîné, qui connait les paroles et les mélodies par cœur. Mes deux spécialistes du Zénith avec moi n’avaient jamais vu la fosse aussi pleine et les gens aussi motivés. Toujours dans la bonne ambiance, ça crie, ça tape des mains, ça improvise une petite piste de danse, ça chante en cœur parfois plus fort que le chanteur (pourtant le son était -trop- fort). Sur certaines chansons, comme l’hiver approche, tout le public chante de bout en bout. A l’Olympia, mille personne sautant en rythme faisaient vibrer le sol en bois au point de projeter en l’air tous ceux qui auraient hésité :D. Le sol en béton du Zénith résiste mieux mais frémit régulièrement dans les moments les plus hystériques.
Et puis c’est aussi des moments d’émotions : dans les étoiles filantes, lorsque Karl parle des avions en papiers, spontanément, des centaines d’avions jaillissent du public, partout dans la fosse. El.Dri qui a fait pas mal de leurs concerts n’avait jamais vu ça. De même, lorsque la salle est illuminée de centaines de briquets, portables ou feux de Bengale. Ou au moment des rappels…

Voilà, les Cowboys Fringants, c’est une musique très sympa sur des paroles intelligentes, un groupe qui séduira même un néophyte, et en concert, c’est juste énorme, superbe. Comme le montrent les blagues du début de l’article, je suis complètement claqué -et sans voix- mais toujours extasié 😀 .

Advertisements
One Comment leave one →
  1. Sablaetis permalink
    10 juillet 2010 16:28

    Je viens de découvrir que ce concert est sorti en CD… avec juste 13 chansons, c’est trop court !
    Mais allez écouter les Etoiles Filantes sur Deezer, c’est magique…
    Il manque encore les images…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :