Skip to content

Professeur Bell, de Joann Sfar

10 novembre 2009

Pr Bell, tome 1Non, mais sans rire, moi aussi je lis des bandes-dessinées. Bon d’accord, je relis pratiquement toujours les mêmes, et alors ? Plus sérieusement, dans ce domaine, ma culture est pour le moins… balbutiante, mais j’y travaille, notamment grâce aux articles de Makuchu et de Lien Rag (rendons à César, bla bla bla) et à nos amis de Phylacterium (ce n’est pas parce que ce sont vraiment des amis que je me permets de leur faire un peu de pub, c’est parce qu’ils le méritent). Et donc, fraîchement inscrite à la médiathèque de Bagneux, j’erre dans les rayons sans trop savoir quoi choisir parce que ça ferme dans pas longtemps, puis je dois passer à la Poste pour pouvoir ensuite passer chez le cordonnier… Pardon, je m’égare. Bref, il y a pas mal de trucs qui ont l’air bien mais je n’ai pas le temps de m’asseoir en tailleur sur la moquette pour faire mon choix (je fais toujours mes choix comme ça, et quand il n’y a pas de moquette, je suis incapable de prendre une décision). Et par hasard mon regard se pose sur un graphisme familier : je reconnais le Professeur Bell, déjà présent dans Transatlantique en solitaire, troisième tome des aventures de Fernand le Vampire racontées par Joann Sfar (c’est maintenant la première partie du deuxième tome du Bestiaire Amoureux).

J’aime beaucoup Grand Vampire, et de manière globale, j’aime beaucoup tout ce que j’ai pu lire de Joann Sfar (notamment sa version du Petit Prince) : j’aime bien son dessin, que je ne qualifierais pas de beau, bien qu’il contienne souvent de la beauté. De l’horreur aussi. De l’humour, souvent. Et un univers singulier, véritablement. Plus que son dessin, j’aime surtout ses textes, souvent très justes (et d’autant plus drôles). Je craque, je vous fais une citation (Bestiaire amoureux, tome I) :

L’Homme-Arbre : Et c’est quoi, ton genre ?
Liou : Bin… Grand, fort, protecteur. Avec l’humour anglais.
H-A : Oui. Alors ça n’ira pas parce que je n’ai pas l’humour anglais ?
L : Moi, j’aime Fernand le vampire.
H-A : Mais Fernand, il est petit, faible et il n’a pas d’humour anglais.
L : C’est vrai. Il ne faut pas chercher à comprendre.

Mais revenons-en à ce cher Pr Bell. Vous le connaissez tous… sans le savoir peut-être. Joseph Bell était un médecin écossais qui enseignait à la faculté d’Edimbourg et qui avait parmi ses étudiant le jeune Arthur Conan Doyle : il est reconnu comme un des fondateurs de la médecine légale, et c’est lui qui a inspiré le personnage de Sherlock. Sfar s’inspire du personnage historique et du personnage fictif pour créer son propre personnage. Son professeur est chirurgien, tératologue, occultiste, et ses cheveux sont devenus tous blancs en une nuit à la mort de sa femme. Il a la classe et il n’aime pas qu’on le traite d’Anglais. C’est non sans joie que j’ai retrouvé le délicieusement insupportable inspecteur Mazock, dit Humpty Dumty, et Eliphas le fantôme névrosé.

Ce que j’ai décrit plus haut des qualités de Sfar se retrouve dans les aventures du Professeur Bell. Je n’ai lu que les deux premiers tomes à ce jour, dont les titres vous feront (peut-être) déjà rêver : tome I, Le Mexicain à deux têtes ; tome II, Les poupées de Jérusalem. Le deuxième m’a vraiment fait rire, le premier m’a fait plutôt peur (rien de terrifiant, je reconnais être une petite nature). Un résumé vite fait ? Alors le Mexicain à deux têtes est un psychiatre qui veut se faire opérer afin d’épouser celle qu’il aime, une de ses patientes qui parle aux fantômes. Quand Bell refuse de l’opérer, le Mexicain devient franchement menaçant : l’enquête révélera les secrets que cachent ses deux têtes. Dans Les poupées… Bell doit aider un curé et un rabbin miniatures à retrouver leur taille afin d’empêcher le Diable de quitter Jérusalem. Et le Diable est juste trop drôle. Cela dit, le meilleur passage c’est sans doute celui où l’Ange essaie de convaincre Humpty Dumty de voler au secours d’un innocent : faut pas croire, c’est vachement pragmatique, un ange. Je vous mettrai bien un extrait mais ce serait vous gâcher le plaisir…

Bref, c’est drôle, cultivé, original, et si vous aimez Sfar, je pense que ça vous plaira. Quant à moi, j’ai hâte de lire la suite : Le cargo du roi singe, Promenade des Anglaises, L’Irlande à bicyclette… Tout un poème, tout un programme.

Humpty Dumty : « Un lit en chêne période élisabéthaine qui survole Édimbourg pour atterrir au milieu de Princes’ Street, ça ne vous dit rien ? »

Joann SFAR, Professeur Bell, « Le Mexicain à deux têtes », Delcourt, 1999, ISBN : 2-84055-257-4

Advertisements
5 commentaires leave one →
  1. Makuchu permalink
    11 novembre 2009 21:47

    huum, j’ai bien envie de la lire, cette BD… déjà qu’en règle générale, j’aime beaucoup Sfar… Je pourrais te la piquer ? :p

  2. Syracuse Cat permalink
    12 novembre 2009 08:49

    Je l’ai prise à la médiathèque alors ça va être difficile… Désolée.

  3. Lien Rag permalink*
    13 novembre 2009 14:53

    Que celui qui est abonné à la médiathèque de [ma grande ville sur le RER B] se dénonce !

    Depuis que ce blog est ouvert, à chaque fois que ça parle BD et que je vais faire un tour à la médiathèque, je dis bien à CHAQUE FOIS, le truc vient de partir…
    Ça a commencé avec les passagers du vent, puis le cycle de Cyann. Pour Transat, ça a été une galère pas croyable de le récupérer. Château l’attente, il vient enfin de revenir, et évidemment, TOUS les professeur Bell ont été empruntés HIER !!!
    A chaque fois je me dis que c’est une coïncidence, mais ça commence à faire beaucoup 🙂

    Bon, je me suis vengé, j’ai pris des « grand vampire » ^^

  4. Syracuse Cat permalink
    14 novembre 2009 09:40

    Grand Vampire, c’est le bien : heureusement qu’il est là pour compenser cette terrible malédiction qui pèse sur toi !

  5. Lien Rag permalink*
    29 novembre 2009 20:45

    Je les ai enfin empruntés, c’est très très sympa ; c’est clairement très adulte et très agréable. Bon, après, Sfar ne peut pas s’empêcher d’emmener ses persos à Jérusalem, mais ça c’est une autre histoire, je suis juste un tout petit peu déçu de retrouver l’ambiance du chat du rabbin dans Pr.Bell, mais sinon rien à redire. C’est drôle et intelligent, belle découverte.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :