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That’s entertainement

2 novembre 2009

affiche_this-is-itLoin de toute polémique, This is it retrace les dernières répétitions de ce qui devait être le concert d’adieu du King of Pop à Londres. Les grands succès de Michael Jackson, filmés au Staples Center de Los Angeles, se succèdent comme des numéros de comédie musicale, entrecoupés d’interviews avec son équipe artistique et d’aperçus des coulisses.

Smooth Criminal, Thriller, Beat It, Billie Jean, Earth Song… Nul besoin d’être fan de Michael Jackson pour apprécier This is it : les morceaux sélectionnés sont suffisamment consensuels pour emporter l’adhésion d’un large public. Les tubes s’enchaînent, les danseurs virevoltent, les techniciens usent de tout leur savoir-faire pour orchestrer le ballet des sons, des éclairages, des jeux de fumée et des plates-formes mouvantes. Au centre de cette chorégraphie réglée au millimètre, l’artiste dirige son orchestre, tout en élégance et en gentillesse, sans avoir l’air d’y toucher – sa simple présence galvanise l’ensemble de la troupe, décidée à donner le meilleur d’elle-même.

Si fin, si fragile qu’il semble capable de pouvoir disparaître en un coup de baguette magique… Mais dès que son corps se met à danser, il est impossible de le quitter des yeux. Parfaite maîtrise de chaque mouvement, perfectionnisme poussé à l’extrême : Michael Jackson le confirme, il est bien l’artiste qui a fait de sa carrière une légende.

Car c’est cet aspect de la vie du chanteur qui est au cœur du documentaire : son talent comme artiste de la musique pop, et non les scandales et polémiques qui ont entouré la sortie de ses albums et ses tournées. Hommage au génie de la star, et non reportage voyeuriste sur son enfance, son apparence, ses préférences sexuelles… Les quelques interviews qui encadrent les numéros sont ceux de membres de son équipe artistique – musiciens, producteur, choristes… Ce qui compte ici, c’est la musique et la danse, et surtout le spectacle – le show, comme disent les Américains, dans la plus pure tradition de l’entertainment, tel que l’ont chanté Fred Astaire, Oscar Levant et Nanette Fabray dans The Band Wagon (de Vincente Minnelli, 1953). Michael Jackson est un entertainer au sens le plus noble du terme : tout, dans son spectacle, est fait pour ravir le public, le transporter, lui offrir ce qu’une scène peut donner de meilleur.

Aux images de répétitions sont également ajoutés les tournages de clips inédits, destinés au grand écran placé derrière la scène pendant le concert. Un hymne à la nature filmé dans la forêt amazonienne pour Earth Song. Un cimetière à la Hallowe’en pour Thriller. Et surtout, une magnifique séquence composée d’extraits de vieux films dans lesquels apparaît Michael Jackson, aux côtés de Rita Hayworth, Humphrey Bogart ou encore James Cagney – légende parmi les légendes… Un passage d’anthologie, parfaitement adapté à l’univers de Smooth Criminal.

Au fond, ce film n’est ni un concert, ni véritablement un documentaire – c’est un mélange des deux, le produit d’une compilation d’images de répétitions, d’interviews et d’extraits de tournages. Une sorte d’hybride cinématographique – un peu à l’image de Michael Jackson, qui a lui-même puisé à de nombreuses influences musicales et chorégraphiques pour devenir unique.

Émotion garantie pour les fans, comme un dernier rendez-vous avec leur idole. Les autres apprécieront la beauté des chorégraphies, l’ambition du projet – ce concert-là aurait pu être inoubliable, faisant de la scène un espace sans limites.

Retrouvez cet article sur Artistik Rezo, mon autre casquette web 😉

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15 commentaires leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    2 novembre 2009 13:15

    Pfffffffffffffffffff……..
    Et tu cautionnes ça…

    (sinon tu fais un lien vers Artistik rezo ici mais pas le contraire :p ; pendant la guerre, on sait de quel côté tu aurais été 🙂 ; et je godwine si je veux…)

    • Lib permalink
      2 novembre 2009 13:21

      Oui, je sais, j’ai oublié de linker sur AR, je voulais le faire, et je m’en suis rappelé une fois l’article envoyé. Je le referai plus, promis.
      Je peux m’auto flageller, aussi.

      • Syracuse Cat permalink
        2 novembre 2009 13:41

        Fais donc. Shame on you, vilaine !

  2. 3 novembre 2009 00:48

    Ca doit être quand même bien chiant comme film. En plus s’il y’a même pas de scènes de combat avec Germaine Jackson… Mais bon, je suppose que seuls les fans purs et dures apprécieront ça a sa juste valeur.

  3. Lib permalink
    3 novembre 2009 20:40

    Pensez ce que vous voudrez, mais ma critique sur Artistik Rezo a été appréciée au point qu’on va me mettre sur des pièces de théâtre dont on veut être sûr que les critiques soient bien écrites. Et toc.

    Iain : les scènes de combat, c’est bien, mais crois-moi (et c’est une spécialiste de comédie musicale qui te parle), les numéros de danse, c’est tout aussi physique (sinon plus car pas de doublure).

  4. 4 novembre 2009 03:01

    Ah mais Lib ta critique est vraiment bien écrite, loin de moi l’idée d’insinuer le contraire hein !

    Juste que je suis assez hermétique à ce phénomène This Is it. Alors oui je reconnais volontiers que Michael Jackson dansait comme personne,mais de là à faire un film sur ses répétitions…
    J’ai du mal à concevoir l’intérêt au delà de l’aspect commercial ou commémoratif à la limite.

  5. Lien Rag permalink*
    4 novembre 2009 11:04

    On a rien contre ta critique. Personnellement, je suis un peu perplexe avec ta défection pour Artistik Rezo, mais c’est un autre sujet.

    Non, ce qui me gonfle, c’est la folie autour de ce pauvre type qui avait quand même de gros gros problèmes psychologiques. N’ayant jamais été fan de ce qu’il faisait, j’ai toujours été gêné par la pression généralisée concernant ce type : « QUOI ? Tu n’aimes pas Maïkeul Jackson ? Mais c’est un GÉNIE ce mec ! »
    Les flots de témoignages obséquieux sont habituels lorsqu’une « personnalité » meurt, une diarrhée de louanges proportionnelle à toute la haine qu’il y avait avant – il y a eu le même phénomène récemment avec Pascal Sevran[EDIT]ou Guillaume Depardieu, je savais bien que j’avais un autre exemple[/EDIT].
    Mais ÇA c’est le pire. Sortir une chanson en faisant croire que c’est un nouveau titre alors que c’est un vieux truc ; et surtout sortir un film avec des répétitions… Mais c’est à vomir ! Et surtout ne faites pas croire que c’est en hommage, pour les fans, etc. C’est en hommage de la thune, oui !
    Il nous a tellement cassé les couilles qu’on n’a pas le droit à un peu de repos enfin ? Et même réflexion pour lui : détruit par le succès, il serait p-ê temps de le laisser tranquille…

    D’où mon étonnement à ce que tu cautionnes ce genre de choses.

  6. Lib permalink
    4 novembre 2009 12:51

    D’une part, en ce qui concerne Artistik Rezo, j’ai OUBLIE. Vraiment, complètement et honnêtement oublié. J’étais d’autant plus énervé contre moi-même que je me faisais une joie de pouvoir lier vers le blog à partir de leur site, j’avais même posé la question en entretien quand ils m’ont recrutée. Après, quand on voit la densité de mon emploi du temps en ce moment, on peut éventuellement comprendre qu’il y a des choses qui m’échappent. Donc, à nouveau, mea culpa, j’ai vraiment pas fait exprès – et le mode de fonctionnement de AR fait qu’on ne peut pas revenir sur un article une fois qu’on l’a soumis à modération.

    Je tiens aussi à préciser que je ne suis pas une fan de Michael Jackson. J’apprécie vite fait, j’écoute un peu plus depuis que je suis en couple car mon copain, lui, est un fan, mais pour ma part, je connaissais la plupart de ses chansons avant son décès sans même savoir qu’elles étaient de lui.

    En ce qui concerne l’aspect commercial du film, je suis loin d’être idiote, je suis au courant. Oui, c’est une pompe à fric, oui, c’est pour l’argent… mais j’ai voulu me distancier de cet aspect en écrivant cette critique – ça n’était pas mon propos. C’est un choix artistique, si tu veux. J’avais juste pas envie de rentrer dans la polémique, ça ne m’intéressait pas.

    Sinon, pour finir là-dessus : pour moi, les répétitions, c’est peut-être le moment le plus intéressant du processus de fabrication d’un spectacle. Je pense sûrement ça car j’aime le spectacle vivant, et à mon sens, c’est au moment de la répétition qu’on est le plus proche des artistes. Je ne trouve pas que ça enlève la magie – au contraire, ça la renforce, car on prend vraiment conscience du travail que ça représente. Quand j’étais en stage dans un théâtre en septembre, j’ai eu l’opportunité d’assister à des répétitions techniques, et j’ai trouvé ça tout aussi bien que voir la pièce en temps normal – ça donne accès à une nouvelle compréhension du spectacle.

    Que tu n’approuves pas, je le comprends, et je le respecte. Que tu le mettes en commentaire, c’est fait pour. Mais que tu en rajoutes dans ton article sur Micmacs, ça m’a gonflée. This Is It, qu’on aime ou non, ça rentre sous le vocable Culture, et mon article est légitime. Si je me suis trompée sur tes intentions, au temps pour moi, mais j’ai eu l’impression que tu remettais cette légitimité en question. D’où mon agacement.

    • Lien Rag permalink*
      4 novembre 2009 13:01

      Pfff, c’était une toute petite vanne que j’ai écrit le jour de la sortie de ton article (puisque comme tu le sais j’écris mes articles à l’avance). C’est pas bien méchant…

      Mon commentaire, lui, est bien plus violent, et bien plus proche de ce que je pense de jackson et de la manière dont on le nécroviole… Je comprendrais que ça te choque, mais la pauvre vanne… Faut que je rajoute un smiley ?

      • Lib permalink
        4 novembre 2009 15:02

        Le commentaire a l’avantage d’être argumenté !

  7. Benjamin permalink
    18 novembre 2009 20:05

    Perso Lib je veux pas tenter de faire pencher la balance ici mais je suis d’accord avec toi.

    1/ ton article est très bien, là dessus, tout le monde est d’accord

    2/ je suis d’accord avec Lien Rag, à savoir que les personnes qui ont produit ce truc sont à vomir, surtout la famille de Michael d’ailleurs.

    Mais ça c’est en faveur de Lien 😉

    3/ Mais après avoir lu ton commentaire (qui donne vraiment envie de le voir) je me suis dit… après tout, on nous arnaque tout le temps dans la vie et rien n’est jamais vraiment gratuit, donc finalement autant en profiter meme si c’est pour cautionner des pratiques douteuses. Car ok ils vont se faire de la thune sur notre dos et celui de Michael, mais aller voir ce film c’est pas non plus cautionner le proxénétisme. Et puis c’est un bel hommage à un mec qui le mérite.

    4/ Lien Rag, dire que Michael est un perturbé on s’en fou un peu tu crois pas? Van Gogh s’est bien coupé l’oreille, ce sont ses productions qui valent la peine. Non?

    5/ Lien quand tu joues à la wii tu sais pertinemment que tu cautionnes une politique anti jeux video (les vrais 🙂 )

    • Lien Rag permalink*
      18 novembre 2009 20:42

      4/ c’est juste un commentaire en passant, avant l’argumentation du vrai débat : pourquoi je trouve ce film obscène. Et si maintenant c’est devenu une mode d’en dire du mal, perso je le subis depuis l’époque où j’étais un des rares à dire qu’il avait un problème ; les autres disaient « c’est un génie ». Mais qu’il soit perturbé ce n’est pas LE problème, c’est dans un sens plutôt pathétique et révélateur de plusieurs tares de notre société.

      5/ c’est vrai que les rares fois où je joue à ma wii débranchée depuis 6 mois, sur laquelle j’ai acheté 1 jeu, je ne suis pas en train de soutenir les _vrais_ créateurs de jeu, comme ceux qui te sortent pour 50€ la version finie de leur bêta sortie un an plus tôt… Mais c’est pas un peu hors sujet ?

  8. Benjamin permalink
    18 novembre 2009 21:48

    4/ « c’est dans un sens plutôt pathétique et révélateur de plusieurs tares de notre société. » Pathétique peut être, révélateur de plusieurs tares, tu vas loin.

    MJ chantait bien, dansait bien, et était créatif on lui en demande pas plus. On attendait pas de lui qu’il devienne président ou marche sur la lune. 😉 Si il aimait triturer son visage en carton-pâte, et sa perruque de sorcière ( 😀 ) à la rigueur c’est son problème mais ça n’enlève rien à son talent.

    Après je sais pas si tu insinues plutôt que l’on à fait de lui un produit de consommation et qu’en quelques sortes, nous sommes le mécanisme de sa descente aux enfers, alors là je suis d’accord nous devrions peut-être avoir honte.

    5/ Pour Nintendo j’y vois un rapport (étroit peut-être) avec la machine à fric de This is It. Dans le sens ou Nintendo, le maître du Jeu Video, déçoit de plus en plus ses fans au nom du profit. Mais c’était plus un private.

    • Lien Rag permalink*
      19 novembre 2009 09:11

      4/ Outre la descente aux enfers lié à une trop forte médiatisation (que l’on retrouve chez tellement de stars, d’autant plus aujourd’hui où on passe de « personne » à « paparazzié » en quelques semaines), il y a aussi un autre phénomène terrible que l’on voit avec lui :
      le fait qu’un personnage public adulé parce qu’il est le « roi de la pop » (ou champion du monde de foot, ou cinéaste génial) n’a plus un jugement normal de la part de l’opinion. On lui pardonne tout. Ou alors on le juge directement coupable si on ne l’aime pas. La manière dont ses fans se comportaient à son procès, et dont ses détracteurs se réjouissaient étaient assez bancales : parce que c’est une personne publique, il est déjà jugé coupable ou acquitté, on ne laisse pas faire la justice. Et ça c’est un problème. Bien évidemment, on retrouve le même phénomène avec beaucoup de personnages publics, mais celui-là ce fut sans doute le pire…
      Sinon, d’autres phénomènes désagréables, comme : aux funérailles on ne parle que des bons côtés, on ne cherche pas à donner un compte-rendu juste de la personne.
      Et également, au départ, il était OBLIGATOIRE de l’aimer, et ça c’est un peu la dictature de la majorité (private).

      5/ De toutes façons moi je suis de la famille Sega (génération SNES vs MegaDrive), donc Nintendo j’en ai jamais rien pensé de bon. J’ai acheté la Wii pour saluer la politique de Nintendo d’innovation technologique, au lieu de continuer la bête course à la puissance des autres constructeurs.

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