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Musiques d’horreur – Part 3

1 novembre 2009

mhpart3…. pshhhhhh…. Ils s’approchent … pshhhhhh … doit … continuer … pshhhhhh … au secours !! … pshhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

Painkiller – Execution Ground

executionground250pxUne grotte glaciale. Je ne sais pas comment je suis arrivé là. Tout ce dont je me souviens, c’est d’une terrible violence. Ça n’a pas duré longtemps. Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé. Ni combien ils étaient. Il semble qu’il y avait un saxophone, et une batterie. Peut-être une guitare, à moins que ce fût une basse. Mais maintenant, j’erre sans but. Il fait froid. A droite, un long couloir sombre dont les murs décrépis suintent de condensation. A gauche, pareil. On peut entendre le vent, un vent qui me glace les veines. Une chauve-souris me frôle le visage. Et au loin, ce saxophone, qui n’en finit plus de résonner. Il revient pour moi, je le sais. La basse et la batterie me hantent, j’ai des flashbacks par intermittences. Pourvu que ce ne soit qu’un cauchemar …

Trio de musique improvisée, Painkiller est l’un des innombrables groupes de John Zorn, saxophoniste/compositeur souffrant d’un degré assez avancé d’hyperactivité, accompagné ici de Bill Laswell à la basse et de Mick Harris (de Napalm Death) à la batterie. A la frontière entre ambiant, jazz et grind (oui vous avez bien lu), Painkiller nous livre là un double album de près d’une heure et demie d’une musique sombre (vous l’aurez compris), nous montrant une maîtrise assez fabuleuse des changements d’ambiance et de rythme (on a du mal à croire que c’est 100% improvisé). Si le premier disque contient encore des passages brutaux, des hurlements de saxophone, le deuxième en est le penchant beaucoup plus ambiant. Un album déroutant, envoûtant et caverneux.

Un très court aperçu de ce que ça peut donner en concert (toujours de l’impro bien sûr) :

Le myspace

L’album en question

Naked City – Leng Tch’e

John Zorn, le revoilà. Cette fois avec Naked City, groupe schizophrène composé de Bill Frisell à la guitare, Fred Frith à la basse, Wayne Horwitz au clavier, Joey Baron à la batterie, Yamatsuka Eye au « chant », et toujours John Zorn au saxophone alto. Le mot éclectique semble faible pour définir leur discographie : tantôt zapping entre jazz et grind, véritable terrorisme musical, tantôt ambiant, tantôt jazz/surf music. Mais c’est avec Leng Tch’e qu’ils réalisèrent leur album le plus inclassable, le plus extrême, le plus violent aussi, constitué d’une plage unique d’un peu plus d’une demi-heure.

lengtche-250pxSi j’ai parlé jusqu’à présent de musique d’horreur, on peut dire avec cet album qu’on est bel et bien dans le gore. En guise d’introduction, un entrelacs de larsen de guitare souligné par quelques sursauts de basse. On attend la première note, on attend encore. Déjà on perd la notion du temps. L’attente devient insoutenable. Et puis, au moment où on ne s’y attend plus, ELLE arrive. Pas vraiment une note, ni un accord de guitare. Non, un coup de guitare. Puis un autre, comme autant de coups direct dans l’estomac. On croit à une accalmie, mais ça repart. Ça semble durer une éternité mais, au bout d’un moment, une certaine forme de rythme semble apparaître. Le son est sale, percutant. La batterie commence à marquer le rythme, s’emballe, puis repart. Mais le chant ? Et le saxophone ? Où sont-ils ? Patience. Ce n’est que plus tard qu’ils pointeront le bout de leur nez. Et croyez-moi, ce n’est pas pour le bien de vos oreilles. On peut d’ailleurs avoir parfois du mal à différencier les deux. Maintenant ça crache, ça hurle à la mort. Cet album, c’est un monolithe de violence à l’état pur, à l’image du lynchage public qu’arbore fièrement sa pochette. Cet album, on l’aime tout autant qu’on le déteste (ou on le quitte). A ne pas mettre entre toutes les oreilles…

Allez, pour le plaisir, un grand classique du groupe (avec Saddam Hussein à la basse) :

Naked City sur Jiwa (malheureusement, pas de Leng Tch’e au menu, même si certains tags voudraient le faire croire)

Et, comme d’hab, le sempiternel myspace

Bon promis, la prochaine fois je vous parlerai de la musique de Dora l’exploratrice.

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6 commentaires leave one →
  1. Makuchu permalink
    1 novembre 2009 22:30

    « Tu es un musicien et tu joues d’un instrument ! » (désolée, c’est dimanche soir …)

  2. Lien Rag permalink*
    2 novembre 2009 09:35

    Alors comme je déteste le saxo, pour une raison inconnue, le premier groupe c’est mort. Les deux précédents que tu as présenté m’ont bien plus mais là non.

    Je me lave les oreilles avec un peu de Kwoon et j’essaie le deuxième ensuite.

    • Ofboir permalink
      2 novembre 2009 09:53

      Oui bon là c’était un article un peu plus extrême que les précédents (j’ai essayé de les faire crescendo), vous êtes pas obligés d’aimer … C’est juste histoire de montrer des styles de musique insoupçonnés pour beaucoup de monde. Par contre si tu détestes le sax, d’une on va pas être potes, et de deux tu risques de détester pas mal de trucs dont je parlerai ici.

      • Lien Rag permalink*
        2 novembre 2009 10:35

        J’ai aucune idée du pourquoi, mais c’est le seul instrument qui me hérisse au point que non, je peux pas, aucun groupe qui l’utilise… C’est con hein ?
        Je suppose que c’est lié à mon enfance, quand mon beau père écoutait du jazz expérimental pendant les long trajets en voiture pour aller dans la creuse… Évidemment, ce genre de blessures ça marque… 🙂

  3. 16 novembre 2009 09:29

    Merci pour toutes ces « jolies » choses 😉 !
    Un petit article sur les films de Dario Argento ? Dont les musiques étaient tout de même composées par Moriconne (le syndrome de Stendhal, le chat à neuf queues, etc) et Goblin (Suspuria, les frissons de l’angoisse, etc.) ?

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