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Very, very much.

21 octobre 2009

PrintCela fait deux ‘moods’ où je vous précise que j’aime écouter Lily Allen, et que je connais maintenant son deuxième album, It’s Not Me, It’s You, par coeur. J’emmène d’ailleurs Toyboy (ou Syracuse Cat, selon les disponibilités de Toyboy…) la voir en concert au Zénith demain, pour son anniversaire (parce que je suis une fille formidable). Cependant, Platypus, dans un commentaire sur mon mood d’août, se demande ce que je trouve à cette artiste. Je vais donc tenter de lui répondre…

5 bonnes raisons d’écouter Lily Allen à fond sur son iPod dans le métro

  • La richesse du vocabulaire.

Dès Alright Still, le ton est donné : pas de censure, pas de langue de bois chez Lily Allen. Un cock est un cock, un fuck est un fuck – ce qui donne un aspect tout à fait particulier à ses chansons diffusées sur les radios britanniques, où ces gros mots sont bipés allégrement (la chanson « Fuck You » devient alors complètement improbable !). Cette langue verte est rafraîchissante : tous les artistes n’appellent pas un chat un chat, Lily Allen le fait sans tomber dans la vulgarité.

Et quelque part, je ne peux m’empêcher de penser qu’à sa façon, Lily est un symbole du féminisme au XXIe siècle : ce n’est pas parce qu’elle est une jeune fille d’une vingtaine d’années qu’elle doit correspondre aux clichés d’innocence et de pureté que l’on attendrait d’elle – ou qu’elle doit au contraire sombrer dans la vulgarité sordide de la fille trash. Ni pute ni soumise, à la British. Jurer, aimer le sexe, envoyer chier les boulets, sans être une fille dévoyée – pourquoi pas ? Ces messieurs sont bien autorisés à le faire sans être jugés négativement, les jeunes femmes aussi. Merci Lily.

  • Les histoires

Je ne sais pas vous, mais moi, j’aime qu’on me raconte des histoires. C’est en tout cas comme ça que j’analyse mon amour de la littérature, du théâtre et de la chanson à textes. Lily Allen est une merveilleuse conteuse d’histoires modernes et urbaines. Non seulement les histoires qu’elle raconte sont amusantes ou touchantes, elles sont aussi très bien construites. Lily (qui écrit elle-même ses paroles, NDLR) possède une excellente maîtrise des techniques narratives dans un espace d’expression court et réglementé.

Prenons, par exemple, « Alfie ». Lily nous parle de son frère, le jeune Alfie, adolescent contemporain qui passe ses journées dans sa chambre à fumer des joints et à tuer des monstres sur sa console. En bonne grande sœur qui se respecte, Lily déplore la situation et enjoint son frère de bouger son respectable derrière. Le premier couplet commence avec la description de la situation :

Ooooo deary me,
My little brother’s in his bedroom smoking weed,
I tell him he should get up cos it’s nearly half past three
He can’t be bothered cos he’s high on THC.
I ask him very nicely if he’d like a cup of tea,
I can’t even see him cos the room is so smoky,
Don’t understand how one can watch so much TV,
My baby brother Alfie how I wish that you could see.

En quatre vers, le décor est planté : la chambre enfumée, le frère amorphe, et la grande sœur chiante qui se mêle de ce qui ne la regarde pas… Plus la chanson progresse, plus Lily accable Alfie : il s’habille comme une racaille, il tire les cheveux de sa sœur, il ne sort pas de la journée, il ne chope aucune nana… Et l’auditeur sourit : car si Alfie est présenté comme un véritable loser, la charge contre lui paraît si exagérée que ses sympathies changent de camp, et passent de Lily à Alfie… Au fond, quelle grande sœur, un peu honnête, ne se reconnaîtra-t-elle pas dans cette chanson ?

  • Les thèmes abordés 9221-alright-still

Lily tombe amoureuse du mec parfait, mais c’est une bouse au pieu. Lily sort en boîte avec ses copines, et ne se fait aborder que par des boulets. Lily se fait larguer par son mec, et entame un processus de vengeance savoureux. Toutes les filles n’ont peut-être pas vécu chacune de ces situations précisément, mais toutes s’y reconnaîtront. Les chansons de Lily Allen sont, au fond, une sorte de catharsis pour la jeune fille moderne, qui n’ose pas forcément se venger de son ex, mais qui aimerait bien le faire, avec la plus grande perfidie. Lily l’ose. Le simple fait de l’écouter le faire, avec sa verve déjà mentionnée, ça fait du bien.

  • London Girl

LDN, oui, forcément (LDN = London, pour ceux qui ne s’en seraient pas rendu compte). Mais la présence de la capitale britannique se trouve plus dans leur esprit qu’au travers de la référence littérale dans la chanson qui a rendu la jeune fille célèbre. C’est d’abord l’accent – certains ont critiqué Lily Allen pour ça, arguant qu’elle s’était inventé un faux accent de racaille alors qu’elle provient d’une famille d’artistes anglais (Keith Allen, son père, est un acteur britannique connu). Mais au fond, cela importe-t-il ? L’accent fait partie du personnage que Lily s’est construit alors qu’elle devenait une chanteuse à succès. Il donne toute sa saveur à des morceaux comme « Knock ‘Em Out » ou « Friday Night. » La verve, l’insolence londonienne, matérialisées sur les lèvres d’une petite brune à l’air malicieux.

  • Une fille comme nous

Lily Allen, au fond, pourrait être notre meilleure copine, celle à qui l’on raconte nos histoires avec les mecs et notre dernière virée shopping. Avec nos mots à nous, sans censure, gros mots autorisés. Une jeune fille dynamique et moderne, qui nous donne envie de croquer la vie à pleines dents, pour reprendre un cliché qui, à mon avis, s’applique parfaitement à cette personnalité pétillante.

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8 commentaires leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    21 octobre 2009 12:49

    J’en conclus donc, d’après ta démonstration, que si Platypus n’aime pas Lilly Allen, c’est parce que ce n’est pas une fille :p

  2. Lib permalink
    21 octobre 2009 13:39

    Demande à Toyboy, il aime Lily Allen, et il n’est pas une fille.

  3. Platypus permalink
    23 octobre 2009 18:06

    Ben Platypus ne comprend pas pourquoi on ne laisse pas LiLy (mauvaise)haleine où elle se trouve, c’est à dire sur Fun Radio. Un vocabulaire limité à 500 mots, des rimes pauvres et sans doute élaborées sur le coin d’une table de petit dej…Quant au thèmes…Rencontrer des boulets, se venger d’un ex…Magique, nouveau, engagé, on voit le monde autrement ! Quelle prise de risque ! Au moins Britney elle montrait ses seins. Lily même pas. Please don’t stay in touch.
    Lib je t’aime quand même hein 😉

  4. 24 octobre 2009 11:51

    Je serais pas allé jusqu’à parler de richesse de vocabulaire…C’est peut être un peu fort non ? Et puis Ok, son premier album était sympathique, mais je trouve pas qu’elle représente le renouveau de quoi que ce soit, ni même quelque chose de novateur. (Ouais, des nanas aigries qui cassent du sucre sur les mecs, y’en a la pelle :D)

    D’ailleurs je crois qu’elle a déjà montré ses seins ! (comme toutes, remarque… Et non je n’irais pas vérifier sous google! )

  5. Lib permalink
    24 octobre 2009 12:25

    « Je serais pas allé jusqu’à parler de richesse de vocabulaire…C’est peut être un peu fort non ?  »

    C’est un vocabulaire jeune, urbain et moderne, mais cela n’enlève rien à sa richesse. Mon critère, c’est que j’ai appris beaucoup de mots en écoutant Lily Allen – et sans vouloir me jeter des fleurs, j’ai un vocabulaire anglais assez développé. Alors certes, ce n’est pas du Shakespeare ou du Jane Austen, mais au fond, le vocabulaire de Lily Allen m’a quand même plus servi dans la vie de tous les jours que celui du Barde.

  6. Platypus permalink
    24 octobre 2009 16:02

    Si la musique ne sert qu’à nous rappeler la vie de tous les jours, autant regarder les faits divers au JT ou alors aller marcher dans la rue et regarder les automobilistes s’insulter. La musqiue telle que je la conçois (et l’art en général) sert d’après moi à aller plus loin dans la perception et la connaissance du réel que ce qui s’offre à nous de prime abord. Il y a plusieurs moyens de le faire bien sûr et on n’est pas obligé de verser dans des styles trop précieux ou qui veulent péter plus haut que ce qui est prévu à cet effet; néanmoins, Lily Allen donne plus l’impression de la facilité et de l’absence de questionnement réel sur ce qui l’entoure que celle qui résulte d’un regard aigu et exalté sur le monde…

  7. Oh Boy permalink
    18 novembre 2009 21:20

    Lib, personne n’est venu à ta défense face aux commentaires franchement négatifs que ton article a suscité, alors j’ai décidé de venir à ton aide même si tu n’en as sans doute nullement besoin.

    Mais voilà, mon dernier coup de coeur en matière de musique de fille girly m’a rappelé la chanson LDN de Lily Allen, que j’ai donc été réécouter.
    La raison pour laquelle cette chanson me plaît tellement est précisément pour le rapport au réel qu’elle offre et contre lequel Platypus se récrie tant. Moi aussi j’adore qu’on me raconte des histoires, mais ces derniers temps ce que j’aime encore plus c’est me raconter mes propres histoires, et pour ça je pars toujours d’un élément extérieur – souvent une chanson, tiens donc.

    When you look with your eyes / Everything seems nice / But if look twice / You can see it’s all lies.

    Ces paroles sont exactement l’inverse de l’effet que je recherche en écoutant cette chanson (et surtout en écoutant celle qui m’a ramenée à Lily Allen).
    Depuis que j’ai quitté la paisible campagne anglaise et que je dois de nouveau affronter l’enfer des transports parisiens aux heures de pointes, ou simplement faire une demi-heure de queue à la poste pour un petit bout de papier rose, ou parce que je me retrouve encore à la caisse de l’autre insupportable mégère (à Tesco, ils ont des ‘self-checkout’, hein Lily…), il a bien fallu que je trouve une stratégie pour résister à la transformation inévitable en zombie-légume / boule de nerfs exaspérée et exaspérante qui m’arrivait dessus à vitesse supersonique.
    Et ma stratégie, c’est justement de me raconter des histoires. Le truc, c’est de repérer le petit détail qui a échappé à la masse des zombies qui m’entoure et de m’amuser à construire une histoire autour.

    Autrement dit, je regarde autour de moi, tout a l’air insupportable. Je regarde une deuxième fois avec ma petite musique à fond sur les oreilles, et la magie s’opère. Moi le clip de la chanson LDN, je me le passe en mode ‘backward’, et c’est pour ça que je l’aime tellement.

    La différence entre les chiens écrasés du 20h et les chansons de Lily Allen, c’est que cette dernière fait partie de ces gens qui ont le don de raconter des détails de nos VDM de façon désopilante, ce qui rend ces vies bien plus supportables.
    Je ne me souviens malheureusement plus comment cette chère prof de français formulait cette idée, mais en gros: plus les choses semblent noires, plus on a besoin de rire. Et Lily, elle est très forte pour me faire rire quand ça ne va plus.

    Bon après je ne peux qu’approuver le commentaire sur la richesse du vocabulaire, qui m’a effectivement beaucoup plus servi au quotidien que les belles expressions littéraires avalées jusqu’à indigestion pendant les années de prépa…

    Bref, vive Lily Allen ^^

    (Hmm pour la fin de l’histoire, mon coup de coeur girly qui va faire s’étouffer d’indignation ceux qui ne supportent déjà pas Lily Allen, c’est Lady Gaga. C’est mon rayon de soleil et un souffle d’air frais quand je m’engouffre dans la bétaillère de la RATP… et puis sérieux, cette fille est épatante. Enfin je trouve.)

  8. Lib permalink
    19 novembre 2009 20:28

    Merci de ton soutien, Oh Boy !

    Ravie de voir que tu partages mon coup de cœur musical – ainsi que mon amour pour la Grande-Bretagne.

    Pas grand chose à ajouter à ton commentaire, tu formules très bien tout le bien que je pense de Lily Allen. Je me suis longtemps demandé si effectivement, il fallait être une fille pour apprécier cette artiste… Le côté féministe doit jouer, évidemment, mais après, Toyboy n’a rien d’une fille et il apprécie beaucoup également, donc la théorie ne tient pas – et tant mieux.

    Sinon, le concert était vraiment sympa – Lily Allen avait sorti une tenue très sexy, mais qui lui seyait parfaitement (j’ai cru que la langue de Toyboy allait toucher terre, mais ça allait), elle s’était entourée d’un décor très années 30, à la Cabaret de Liza Minnelli, et a mis le feu à la salle avec Fuck You et Not Fair. Une très bonne soirée !

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