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Science Fiction Infuse (1) – Hypérion de Dan Simmons

12 octobre 2009

Hyperion Front Book CoverPour fignoler ma réputation de geek sur ce site, et pour prouver que je ne lis pas que des BDs, j’avais envie de vous parler d’un livre de science-fiction. J’ai choisi mon préféré, tout simplement… J’ai appris au cours des dernières années que Hypérion, paru en 1989, gagnant du prix Hugo de la même année, est et reste un « must » dans le milieu (geek ?? :)). Mais pour moi, c’est un livre que ma sœur a eu à Noël il y a une dizaine d’années et que j’ai subtilisé sans vergogne, pour une très bonne raison : j’avais plus rien à me mettre sous la dent (littéraire), et ce que je ramassais sur la moquette de ma grand sœur a toujours été un gage de bonne qualité. (Les derniers hommes, trouvés de la même manière, par exemple). Je ne l’ai pas regretté, et j’ai reçu un choc. Si j’ai lu ce livre pour de « mauvaises raisons », je l’ai relu au cours des dix années qui ont suivi pour de très bonnes…

Hypérion, basiquement, c’est un ensemble de 4 volumes, divisés en 2 cycles. Dans la classification, c’est un livre de science-fiction « space-opera » paraît-il… Dans le monde de l’imaginaire, c’est une perle.

Le monde d’Hypérion se situe dans quelques milliers d’années. L’espèce humaine a émigré et colonisé l’Espace. Bien leur en a pris, la Terre, déjà mourante, a disparu (Zzzzoooup la Terre !) dans des conditions mystérieuses. Parmi les survivants, certains ont terraformé les planètes rencontrées pour les adapter à leurs besoins, ceux là sont les « humains », (auto-proclamés :p) regroupés dans une immense nation, « l’Hégémonie humaine », les autres ont préféré s’adapter aux milieux rencontrés. Ceux là sont les Extros, et ont coupé les liens avec leurs frères « humains ». (Ou les humains ont coupé leurs liens avec eux, c’est selon…).

Fall of Hyperion Front Book Cover

L’Hégémonie aux milles planètes et les Extros se livrent perpétuellement bataille, le plus souvent sur les mondes des confins, qui ne sont que des protectorats du « Retz » ( l’Hégémonie, ndlr, si vous suivez 🙂 ). L’un de ces mondes est Hypérion, la planète des poètes, baptisée ainsi en l’honneur de John Keats, poète anglais du 19e siècle. Or, sur cette même planète, des artefacts inconnus, appelés les « Tombeaux du temps » viennent de s’ouvrir. Et de lâcher sur le monde un monstre meurtrier de ferraille, voir peut-être même un dieu vengeur: Le Shrike. Certains l’adulent, d’autres l’abhorrent mais tous en sont terrifiés.

Endymion Front Book Cover

Hyperion_Scott_Derrickson_2Le peuple d’Hypérion, massacré par ce monstre et terrorisé par l’avance de la flotte Extros, veut fuir à tout prix. Seuls, 7 « humains » et un bébé voyagent à contre-courant. Ils sont venus sur Hypérion avec un seul but : régler leurs comptes avec le Shrike. 7 pèlerins, d’origines et motivations variées. On y dénombre un prêtre d’une religion presque oubliée, en proie à d’horribles souffrances. Un soldat (colonel, même, et palestinien, si quelqu’un s’intéresse aux quotas), taciturne et pourchassant un fantôme. Un poète dément, âgé de plus de 400 ans, persuadé de voir dans le Shrike sa muse. Un érudit, juif errant, père aimant, désespéré, accompagné de sa fille, qui n’est plus qu’âgée que de quelques jours… (si, si cette phrase a un sens !). Une détective, suivant la piste du meurtre de son amant, John Keats (mort depuis des siècles ?), un capitaine, dirigeant le vaisseau-arbre Yggdrasil, venant de ce monde où les plantes sont plus importantes que le reste. Un consul de l’hégémonie, fonctionnaire réservé, calme… et torturé. Selon la légende, 6 seront sacrifiés au monstre. Le 7e verra son vœu exaucé…

Parmi eux, un traître. Autour d’eux : désolation. Au cours de leur voyage, ils décident de se raconter leurs histoires. Leurs terribles et sublimes histoires. Trouveront-ils ce pour quoi ils sont venus ? Ont-ils seulement conscience qu’ils vont livrer un combat dont l’issue scellera leur sort, mais aussi celui de toute l’espèce humaine ?

Je n’en dirai pas plus ici, je ne vais pas vous briser le rêve, mais sachez que si vous vous lancez dans cette lecture, vous ne le regretterez pas. Ce que j’ai échoué à transmettre dans mon résumé, c’est la multitude de petits détails et précisions qui font que malgré (ou grâce, cela dépend) l’environnement ultra-technologique, de la présence d’IAs, de portails distrans (ah, l’attrait de la téléportation), de vaisseaux spatiaux, ce qui prend le pas ici, c’est l’humain et sa nature (bonne ou mauvaise), avec ses sentiments, ses émotions et sa rationalité. On se met à se sentir proche de ces héros, (ou gens ordinaires ?), et la lecture, agrémentée de philosophie, en devient un délice.

Si le premier récit, qui s’intéresse à la religion et à l’immortalité, est celui que j’aime le moins, les suivants ne font que s’améliorer (à mon goût !). Mes préférés étant celui du consul et celui de l’érudit, suivis de près par celui du soldat et la détective. (gnagnagna, je sais que pour la plupart de ceux que j’ai cités, il y a une grande et belle histoire d’amour à l’intérieur, mais on peut être geek et girly en même temps, naan ??). Bon, je vous rassure, ça ne parle pas que d’amour… Il y a le sexe aussi. Euh, non, en fait, je voulais plutôt dire de la philosophie, de la spiritualité, de la poésie, de la douleur (ça, il me semble que l’auteur entretient une fascination sur le fonctionnement de la douleur) et de la magie avec des petites phrases qui restent très très longtemps en tête ensuite. (Et aussi une IA qui s’exprime en koans zen, ça vaut le détour…). (Oui, bon, ok, pour ceux qui se posent la question, j’ai dit sexe car le récit du soldat restera sûrement un de mes « fantasmes de papier » pour encore longtemps !)

Rise of Endymion Front Book CoverAprès avoir dit tout ceci sur le premier tome, je ne m’attarderai pas sur les 3 autres, non pas parce qu’ils ne le méritent pas, mais surtout pour ne pas spoiler, et je sais que je ne résisterai pas à la tentation, car, finalement, je crois même que je préfère le 2e cycle au premier. (Celui-là même où j’ai appris ce qu’était l’expérience du chat de Shrödinger, mais c’est tellement mieux si on utilise un homme plutôt qu’un chat… dommage quand il s’agit du héros de l’histoire…) Je dirai juste que je n’ai jamais autant pleuré sur un livre que sur le 4e tome. 😉

Petit update : j’ai appris en surfant à la recherche d’images qu’un film est en cours de préparation. Les allergiques à la lecture pourront donc quand même me donner un feed-back !

Précision : The Shrike (en VO) = le Gritche en français ! (le vilain petit gritchou !)

Allez, bonne lecture, see you later alligators!

Pour en savoir plus sur le monde d’Hypérion : wikipédia, toujours wikipédia !

Les 4 tomes :

Hypérion ;
La chute d’Hypérion ;
Endymion ;
L’Éveil d’Endymion.

Du même auteur,
Si le « space opera » ne vous tente pas :
Terreur: Roman glacial relatant la disparation d’une expédition polaire (basée sur des faits réels) en 1848. Ours polaire mutant, Esquimaude sorcière à la langue coupée, marins en proie au doute, au scorbut, aux mutineries et au cannibalisme, un melting-pot alléchant, non ?

Si vous voulez encore plus de science-fiction :
Ilium et son sequel Olympos : Fan de la guerre de Troie, de la mythologie grecque, de robots, de Shakespeare, de Proust, de libertinage, de mystères, d’insultes, de guerre, de gadgets, et de non-sens, ce roman est fait pour vous ! (Oui, tout ça, et en plus, c’est également un chef-d’œuvre !)

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17 commentaires leave one →
  1. Iwayado permalink
    13 octobre 2009 19:16

    J’ai bien aimé Terreur, en plus ça nous change de la pure science fiction et ça prouve que Simmons est bon dans tous les genres (mais on s’en doutait^^)

    Pour Ilium et Olympos, je suis plus nuancée… enfin le premier tome est génial, je suis plus dubitative sur le deuxième.

    Hyperion… comment dire… je ne peux pas rajouter une ligne, ce livre est génial. Vraiment, vraiment, vraiment…. bref. J’ai même réussi à le faire lire à un ami à moi qui déteste Simmons, et qui a adoré (pour ceux qui le connaissent, il est matheux et avait des cheveux longs jusqu’à il n’y a pas si longtemps!).

  2. Makuchu permalink
    13 octobre 2009 19:43

    Décidement, on a les mêmes goûts !
    😀

    • Iwayado permalink
      13 octobre 2009 20:09

      Oui… je ne suis même plus étonnée maintenant!
      (ps: je suis passée près d’un bar à jeu tout à l’heure, si ça t’intéresse toujours de faire une partie un de ces jours^^)

      • Makuchu permalink
        13 octobre 2009 20:29

        yep, carrément !

  3. Iwayado permalink
    13 octobre 2009 20:11

    Ah oui… moi aussi je préfère l’histoire de l’érudit^^
    oui, bon, j’arrête de polluer cet article par des commentaires sans intérêt^^

  4. 13 octobre 2009 22:56

    J’ai lu Hyperion mais il s’agit de celui écrit par Hölderlin, poète romantique allemand du 17 et 18 ème siècle. J’avoue que ça m’est tombé des mains au bout de 10 pages à peine. Pas toi ?

    • Iwayado permalink
      14 octobre 2009 19:26

      Je me demande si Simmons ne s’inspire pas aussi de Höderling (j’avoue ne pas bien connaître, je ne suis pas germaniste). En tout cas il a une culture hallucinante (on le voit surtout dans Ilium et Olympos), donc ce n’est pas exclu.

  5. Makuchu permalink
    14 octobre 2009 08:14

    Et bien… jamais lu. j’ignorais même son existence.

    En fait Dan Simmons s’est inspiré pour son roman du personnage de
    John Keats, poète anglais du début du 19e siècle, qui y joue un rôle important. Il est possible que le véritable Keats se soit inspiré lui, de Hölderlin, mais il y a surement bien peu de rapport entre les différentes oeuvres. Dans le même ordre d’idée, il existe même une BD (assez vieille, je me rappelle l’avoir lu petite, mais elle ne m’a pas laissée une grande impression), qui s’appelle également Hypérion.

    Allez, un peu de culture :
    Hypérion, où on apprend qu’Hypérion est dans la mythologie grecque un Titan assimilé au soleil… d’où l’inspiration pour tous ces artistes ?

  6. Syracuse Cat permalink
    14 octobre 2009 14:30

    Dis, dis, dis, dis, dis, Iwayado, tu es mon amie, mon petit chat, et on s’adore, en plus on est quasiment voisines, maintenant ? Tu l’as, tu l’as, tu l’as ? Tu me le prêterais, dis, dis, dis ?

    • Iwayado permalink
      14 octobre 2009 16:58

      je ne l’ai pas! Il est à la bibliothèque de Sceaux, cela dit, mais en français, et je crois que c’est bien mieux en anglais!!

  7. Makuchu permalink
    14 octobre 2009 15:18

    Je peux te prêter le livre si tu veux … (euh mais en anglais, y a une arnaque …)

  8. Syracuse Cat permalink
    25 octobre 2009 00:14

    Donc, je suis en plein dedans, merci Makuchu ! Je n’ai pas tout à fait fini encore, je sors tout juste du récit de la Détective, j’ai vraiment hâte de savoir ce que le Consul à raconter ! Bon, je suis finalement plus branchée fantasy que science fiction, alors j’ai un peu de mal à m’y retrouver au milieu des voyages interstellaires, des intelligences artificielles et autres dataspheres, mais je m’accroche parce que comme tu l’as si bien dit, il y a beaucoup plus que ça, là-dedans. La réflexion sur la poésie, notamment, qu’on ne s’attend pas forcément à trouver dans un livre comme ça (surtout avec une illustration pareille^^). Enfin, voilà, je voulais vraiment te remercier.
    ‘While, crocodile !

  9. 25 octobre 2009 08:56

    Mais de rien 😉
    La suite t’attendra chez moi !

  10. Jaba permalink
    11 juin 2011 20:29

    l’echiquier du mal

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