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Carnet de voyage : Ecosse episode 1

16 septembre 2009

kilt clearC’est avec beaucoup de retard, et après avoir subi de nombreuses pressions de la part de notre amie Lib (non, non je n’écris pas cet article juste pour la faire taire ^^), que je vous livre enfin mon carnet de voyage sur l’Écosse après mûre réflexion.

Parmi les nombreux clichés sur l’Écosse, on peut retrouver nos amis les kilts (très souvent moins bien portés que sur l’image ci-contre), les sons plaintifs de la cornemuse, le haggis, les radins (la bien nommée douche écossaise), le temps (en gros il flotte tout le temps) et Nessie !

Et bien non ! L’Écosse ne se limite pas à Nessie en kilt mangeant du haggis… Une des premières choses qui nous frappe en débarquant au pays de Nessie est que, si si les Écossais parlent anglais, mais alors les comprendre n’est pas une mince affaire, et pourtant je ne suis pas une buse en anglais… Parmi les expressions les plus courantes on retrouve « cheers » (pour merci), « lass » (pour « fille », ou sa variante « lassie »), « mate » (pour « mec » ou « ami »), « firsplease » (pour « first please » quand on fait la queue dans les magasins). Au début, ça choque d’entendre des personnes rouler les r et le fait que les Écossais ne diphtonguent pas ! Heureusement, les Écossais sont très gentils et ne se vexent pas (trop) si on les regarde avec un sourire hésitant avant de lâcher « I’m so sorry, I’m French...? ».

Mon périple écossais a donc commencé par Glasgow (hé oui, Ryannair power, on arrive par l’aéroport de Glasgow Prestwick, avant de prendre le train direction Glasgow Central ! (La bonne nouvelle, c’est qu’on peut payer son billet de train par carte bleue.) Il est virtuellement impossible (et absolument pas recommandé) de frauder dans le train, puisqu’on achète le billet auprès du conducteur qui fait des allers-retours dans le train, ou les billets sont contrôlés à la sortie.

Dans la série des tips de voyage : il y a une machine pour retirer des sous… sans frais de retrait supplémentaires (n’allez surtout pas à l’aéroport les amis), juste avec le taux de conversion (donc économie d’environ 15 pound, soit deux jours de nourriture avec un budget étudiant !).

Une fois arrivé à Glasgow, il y a le choix, entre les auberges de jeunesse (à réserver longtemps à l’avance), les hôtels (si vous n’êtes pas étudiant), des petits B&B ou guest house (à réserver très en avance pour le coup), ou ce qui était le plan A du séjour en Écosse, le couchsurfing !

Pour ceux qui ne connaissent pas le principe, c’est simple, et surtout c’est gratuit. Le couchsurfing a pour but de permettre de rencontrer des gens de tous les horizons et de partager un moment avec les hôtes. Dans les faits, en voyage, tu vas dormir sur le canapé de gens inconnus, et si tu as un canapé tu accueille des gens chez toi. Vous allez me dire « houlàlàlàlà, mais c’est dangereux ça ! », bien évidemment, on choisit qui on accueille si on joue à l’hôte.  Pour plus d’infos, tapez couchsurfing dans google.

Dans les faits cependant, mon expérience de couchsurfing a été inexistante… J’ai débarqué à Glasgow en plein milieu de la semaine du concours international de cornemuse (non, non on ne rigole pas, c’est extrêmement sérieux et des groupes de tous les pays du mondé étaient présents), et donc tous les couchsurfeurs de Glasgow étaient déjà sollicités. Il faut donc s’y prendre deux voire trois semaines en avance pour demander un canapé.

Glasgow est une ville très sympa, mais pas très grande (enfin surtout si on garde Londres ou Paris en référence), pour avoir une idée on peut penser à Lille question taille du centre ville.  Il y a plein de pubs (merveilles d’entre les merveilles dont je vous parlerai plus tard), de magasins (Lush, whoohoo), etc etc.

scotland-picture0004-1a-800Un des trucs les plus chouettes à Glasgow (en dehors de tous les vieux pubs rigolos), c’est le jardin Botanique. Situé dans le nord de la ville, on peut y découvrir plein d’espèces de plantes en tout genre (ma serre préférée restant celle des plantes carnivores où un panneau « Killer Plants » prévient le touriste des dangers de la flore…). Un bon endroit où donner un rendez-vous romantique puisqu’il y a moult pelouses, et des bancs dans le dôme où palmiers et fougères donnent des idées d’aventures… Et si on est célibataire, c’est chouette aussi, puisque tout est calme, vert, et il fait bien chaud dans les serres (pour le cas où ce carnet vous donne envie de passer Noël en Écosse).

Un petit coin à aller visiter, c’est quasiment à côté de l’arrêt du métro, et au retour allez boire un verre au pub au coin de la rue de l’université… qui est (aussi) notre illustration de blog.

Dans les autres choses à visiter à Glasgow, amateurs de panoramas – grimpez jusqu’à l’université et amateurs d’art (occasionnels ou réguliers), allez traîner vos guêtres au GoMA (le musée d’art moderne), dans le centre de la ville. Les expositions sont gratuites, et vont de l’art moderne (évidemment) à des expositions temporaires de très grande qualité.

News.aspx

J’ai donc pu voir l’exposition sh[OUT], qui m’a laissée scotchée pendant trois heures. Attention, certaines images peuvent choquer.

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, puisque je suis juste montée à l’étage après avoir jeté un œil à la nouvelle exposition d’art moderne située au rez-de-chaussée du musée. Et là, on tombe sur sh[OUT].

L’exposition sh[OUT] : Contemporary art and human rights est composée de deux parties, l’exposition à proprement parler et les productions d’un atelier glasvégien sur le thème de l’exposition. Cette exposition traite de la communauté LGBT, de l’histoire de cette communauté et permet de « médiatiser » les problèmes qu’elle peut rencontrer.

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Détail de Holly Woodlawn Dressing II, from And Then He Was a She, par Sadie Lee

L’exposition est divisée en plusieurs parties : les productions de l’atelier glasvégien, une galerie de photos et de tableaux , et un espace réservé au visionnage de deux documentaires et à l’écoute d’extraits audios.

Parmi les artistes exposés, on peut citer le controversé Robert Mapplethorpe, Deborah Kass, Sadie Lee… j’en passe et des meilleurs. On trouve ainsi des portraits, que ce soit des photos ou des peintures, une sculpture en forme d’arbre. La majorité des pièces exposées sont des portraits, qui montrent l’être sans fard, avec beaucoup de simplicité.

Les deux documentaires présentent des témoignages de gays, lesbiennes, ou bi, qui racontent les agressions physiques ou verbales dont ils sont victimes (toutes les personnes interviewées habitent à Glasgow ou dans sa banlieue). La deuxième partie de la vidéo traite de la façon dont se sentent intégrées ces personnes, que ce soit dans leurs relations avec la police ou les établissements publics, et deux commissaires de police expliquent la situation telle qu’elle est perçue « de l’autre côté »  (peu de plaintes, peur des représailles, mauvaise connaissance de la communauté LGBT) et s’interrogent sur les moyens de faire évoluer cette situation.

Le second documentaire est un ensemble de témoignages, de personnes gay, lesbiennes, transgendres, qui parlent de leur histoire et de la manière dont ils se sont acceptés, et se sont fait accepter auprès des autres. Certains témoignages sont émouvants, souvent teintés d’une certaine douleur (notamment lorsque sont évoquées les relations avec leurs proches), mais très souvent franchement drôles (empreints d’une auto-dérision et d’un sens de la formulation qui m’a faite me gondoler sur mon siège).

La dernière partie de l’exposition (en fait celle par laquelle on commence, mais qui mérite je pense d’avoir le mot de la fin) est constituée des productions de l’atelier glasvégien. Là les médias sont plus mixtes, puisqu’on retrouve des sculptures, des photographies, des textes, des dessins. Les pièces étaient là plus personnelles, et de certaines transpire une certaine colère.

Une des pièces qui m’a marqué est un dessin, dans des tons pastels (comme une illustration de livre d’enfant) où on voit un fœtus dans une bulle vert pâle. Je n’ai pas retenu le titre exact mais la légende était dans l’idée « perception d’une personne transgendre » ; en s’approchant du fœtus on remarque un écriture enfantine sur son ventre qui annonce « pervert ». Une autre, un texte dans un cadre, une lettre de médecin prescrivant un traitement hormonal pour un cas d’anomalie génétique, raturée à l’encre rouge, barrée de « LIES » ouvre cette partie de l’exposition. Dans un coin de la pièce, sous verre, on trouve une bible ouverte où des feuilles volantes sont insérées, réécrivant une partie de l’histoire. On trouve aussi un certificat d’expulsion de l’Église d’un curé gay sur un mur.

Un grand panneau à la fin de l’exposition permet aux visiteurs de laisser leur appréciation personnelle, les critiques sont nombreuses (en substance « cette expo est un playdoyer pour l’homosexualité, pas de l’art, je suis choqué par ces images, ces images vont contre mes convictions religieuses »), mais on peut aussi trouver des avis plus nuancés ou plus neutres (en substance « j’ai appris quelque chose avec cette exposition, il y a une démarche artistique originale »).

Pour ma part, j’ai trouvé qu’un équilibre est fait entre les témoignages qui témoignent des agressions à la fois morales et physiques faites envers les personnes de la communauté LGBT et qui donc posent le problème des droits de l’homme plus généralement et certaines pièces qui n’apportent ni un jugement ni une revendication. J’ai appris énormément de choses sur cette communauté (notamment sur les personnes transgendres et transexuelles), je ne vais pas le cacher.

Herm Torso, Del La Grace Volanco

Mais ce qui est le plus remarquable, c’est qu’il s’agit au fond de dépasser le problème d’une communauté, et de se poser la question de l’identité. Qu’est ce qui fait de moi un homme ou une femme ? Est-ce que c’est mon corps, mon comportement, ma sensibilité, la représentation que se font les autres personnes ou la représentation que je me fais de moi même ?

Voilà qui conclut la première partie de ce carnet de voyage, la semaine prochaine :  Inverness, Nessie et le Loch Ness ! Suivi par un reportage sur le lancer de troncs (caber tossing), le tir à la corde (tug of war)… une spéciale Highland Games. Enfin si vous êtes sages.

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3 commentaires leave one →
  1. 19 septembre 2009 21:16

    Une ambiance, des conseils pour emballer romantique et de quoi se faire sa culture. Mais que demande le peuple ? Ah ben ouais, le peuple attend ton expérience au Highland games…

  2. Lien Rag permalink*
    27 octobre 2009 13:14

    Je suis sûr que ça te fera plaisir de savoir que trois personnes sont arrivées sur ce blog (cet article ?) en cherchant « couchsurfing pour lesbienne » 😀

    • playne permalink
      27 octobre 2009 13:20

      Je suis en effet émue et touchée 😉

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