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The Lies of Locke Lamora

7 août 2009

Amis de la fantasy, bonsoir !

Comme je viens de me faire laminer lamentablement au poker (mon full aux dames par les 6 tout seul face à la couleur de ma sœur et à la suite d’un ami à elle, quel malheur !), je suis avec vous en ce radieux vendredi soir et je commence enfin à contribuer un peu sérieusement à ce blog si sympathique.

J’ai envie de vous parler de pas mal de choses assez diverses et variées, mais je vais commencer par l’excellent premier roman de Scott Lynch (site officiel ici), The Lies of Locke Lamora (en français, Les mensonges de Locke Lamora, disponible chez Bragelonne).

Couverture de la version française (éd. Bragelonne)

Couverture de la version française (éd. Bragelonne)

Pour vous représenter l’ambiance, imaginez le mélange d’Ocean 11 et de Pirates des Caraïbes, mais à Venise au Moyen-Âge. Je ne vais pas entrer dans les détails de l’univers conçu par Scott Lynch, mais sachez qu’il y a une histoire, une géographie, une chronologie et une théologie, choses qu’on attend de tout auteur de fantasy un peu ambitieux (favorisez les éditions munies de cartes, ça aide). C’est complexe, mais riche, et bien fait. On finit par entrer dedans sans trop s’embarrasser de détails inutiles. En revanche, si vous n’aimez que les aventures champêtres de héros vaillants, mages ou guerriers, avec quelques loups dans les parages et un ou deux dragons en prime, vous serez déçus : l’univers est très urbain, on ne sort quasiment pas de la cité-état de Camorr. On y trouve bien des mages, mais sans robes étoilées ni chapeaux pointus ; il y a des alchimistes, aussi. Aucun rapport. Pour la chevalerie, allez voir ailleurs : les personnages sont tous plus malhonnêtes les uns que les autres. C’est violent, et le langage est des plus… colorés, avec quelques expressions bien senties, que je n’ai jamais eu l’occasion d’utiliser en société, à mon grand regret. “ Eat hemp and shit rope ”, ça en impose dans une conversation.

L’intrigue est bien faite, surtout réussie par sa construction qui fait régulièrement des retours en arrière, pour éclairer la situation, développer la psychologie des personnages… et nous ménager quelques surprises. Les personnages principaux sont forts sympathiques : il s’agit du gang des Gentlemen Bastards (les Salauds Gentilshommes, en français – excellente traduction, selon moi), dont le chef, le garrista, est Locke Lamora, plus connu sous le nom de la Ronce de Camorr (the Thorn of Camorr), un passe-muraille de génie, une fine lame, le Robin des Bois des bas-fonds… Sauf que rien de ceci n’est vrai. Locke Lamora est un imposteur, un arnaqueur surdoué, un menteur invétéré, dont la seule loyauté va à ses amis, les autres membres du groupe. Mais ses talents finissent par attirer l’attention, et les ennuis commencent. Tandis qu’ils sont en train de débarrasser consciencieusement Don Lorenzo Salvara d’une bonne moitié de son immense fortune, un nouveau venu vient menacer l’empire de Capa Barsavi, qui contrôle d’une main de fer l’ensemble de la population criminelle de la ville…

Mieux vaut ne pas trop en dire et vous laissez la joie de découvrir cet univers, en espérant vous avoir transmis mon enthousiasme pour ce livre, que j’ai trouvé véritablement original. Quelques bons points, encore : pas d’histoire d’amour inutile, juste une évocation en filigrane. C’est vrai, quoi, on peut construire une bonne intrigue sans histoire de cœur ! Autre bonus : l’auteur a prévu sept tomes, mais pour le moment du moins, chacun des deux premiers tomes (tome 2 : Red Seas Under Red Skies – Des Horizons Rouge Sang) est constitué d’une intrigue qui se termine véritablement à la fin du volume, et si on a hâte de retrouver ces personnages, on ne reste pas non plus planté là, à attendre pendant des années la fin d’une histoire qui ne viendra jamais. Une politesse que tous les auteurs de fantasy n’ont pas, alors chapeau bas, et merci.

Ah oui, encore une petite chose : Scott Lynch est né en 1978, Lies of Locke Lamora est paru en 2006 – je vous laisse faire le calcul – et pour ça je le déteste un tout petit peu…

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13 commentaires leave one →
  1. Lib permalink
    8 août 2009 13:40

    Depuis le temps que tu m’en parles… Je te le piquerai peut-être, un jour. En sachant qu’il y a des chances pour que je ne le finisse pas, mais au moins j’aurai essayé :p

  2. iwayado permalink
    8 août 2009 14:48

    Il est très bien ce livre. Bon, je n’ai pas réussi à le finir et ça fait bien un an que j’empêchais son légitime propriétaire de le relire (dans le secret espoir qu’elle oublie qu’elle me l’avait confié!).

    Plus sérieusement je vais essayer de le lire en français, parce que j’ai eu du mal avec l’anglais.

    Pour le prochain article, amis de la Fantasy, s’il y en a sur ce site, je vous ferai découvrir le monde merveilleux des auteurs qui vont mourir avant d’avoir fini leur série (c’est à dire, le cycle du Trône de fer).

  3. Platypus permalink
    8 août 2009 17:58

    Ce livre a l’air sympatoche. Concernant l’âge de l’auteur, il est assez surprenant de remarquer que dans le domaine de l’héroic fantasy, beaucoup ont moins de la trentaine ! Et j’en profite pour vous en suggérer un autre : Le secret de Ji, de Pierre Grimbert (qui doit pas être beaucoup plus vieux). C’est en deux volumes et pour le coup il y a des chevaliers et des dragons, sans sombrer dans les clichés pour autant.

  4. iwayado permalink
    8 août 2009 19:28

    Oh oui, j’approuve pour Le secret de Ji ! Vraiment un super bouquin, bien fichu et tout !
    Mais je me trompe peut être mais il y a plus que 2 volumes non? Après le secret, il y a Les enfants de Ji je crois (tout aussi bien d’ailleurs, même si la fin est un peu décevante).
    Et c’est vrai qu’il y a plein de vieux auteurs (même si Georges Martin et Robbin Hobbes, par exemple, sont quand même assez « âgés »).

  5. Syracuse Cat permalink
    8 août 2009 21:03

    Tiens, c’est vrai, j’ai lu le Secret de Ji, au fait… J’avoue que si le souvenir que j’en garde est loin d’être désagréable, il est surtout très flou, voire dangereusement périssable. C’est un livre auquel je n’ai pas repensé une seule fois après l’avoir lu.
    Alors que je suis en train de relire les aventures de Locke Lamora, et ça me plaît toujours autant, ce qui est généralement très bon signe (j’ai moins aimé relire Le Trône de Fer, par exemple).

    Dans le genre des auteurs qui se croient immortels, Robert Jordan a fait très fort avec la série The Wheel of Time : j’avoue, quand j’ai compris que le 10e tome n’était pas le dernier, j’ai piqué une petite crise et j’ai laissé tombé avant la parution du 11… L’auteur est mort depuis. J’aurais bien aimé connaître la fin, mais quand il commence à y avoir autant de chapitres que d’intrigues secondaires dans un volume, et que 1000 pages correspondent à 8 jours de l’histoire, c’est fini pour moi. Dommage, parce que c’est plutôt pas mal, les personnages sont sympathiques. Notez qu’à la limite, le premier tome peut se lire seul.
    Robin Hobb, elle, fonctionne par trilogies et quand elle en commence une, elle sort un tome par an, ce qui est tout à son honneur : saviez-vous que Dragon Keeper vient de sortir en grand format ? Apparemment, c’est la suite des Aventuriers de la Mer (Liveship Traders trilogy), mais je n’en sais pas plus : je vais attendre que tous les tome soient parus en poche pour m’y mettre, je crois.

  6. Platypus permalink
    9 août 2009 11:20

    Tout ça est bien gentil, mais le top du top c’est quand même un certain Stephen Lawhead : à son actif, le Cycle de Pendragon, en 5 volumes, qui reprend la légende du roi Arthur. La traduction en français est vraiment très bien, et j’ai jms trouvé mieux dans le domaine. Il a aussi écrit la Saga du roi dragon, en 3 volumes, que je trouve un cran en dessous (comment ça, c’est devenu un filon commercial?), mais qui contient certaines expressions qu’on peut ressortir en société également (« Par tous les dieux et leurs putains! » reste culte).
    Il y a aussi Roger Zelazny, un auteur mort prématurément dans les années 90, qui a écrit le fameux Seigneur de lumière et surtout le Cycle des princes d’Ambre en 10 volumes, avec des types qui utilisent la magie et des cartes un peu comme dans Sailor Moon, donc c’est trop génial.

  7. Syracuse Cat permalink
    9 août 2009 13:20

    C’est la première fois que j’entends parler de Stephen Lawhead, mais je situe très bien Zelazny dans le rayon de littérature en VO chez Gibert : même avec tous les tomes réunis en un seul volume, ça fait beaucoup, ça demande un peu de temps. Et puis ce n’est pas très pratique, ni à la plage, ni dans les transports…
    Je reconnais que ma culture de la fantasy est encore un peu sommaire, ce qui me réjouit, au fond : encore tant de choses à découvrir !

    • platypus permalink
      9 août 2009 23:53

      Aaaaah Lawhead c’est le king à moustache ! Ses bouquins ont été traduits dans le monde entier… Pour plus d’infos : http://www.samizdat.qc.ca/arts/lit/s_lawhead/

      • platypus permalink
        10 août 2009 00:01

        (Ce site ne vaut que la par présentation de Lawhead qui y est faite et qui est assez complète, pour le reste c’est un ramassis de conneries assez choquantes dsl !)

  8. iwayado permalink
    9 août 2009 13:36

    Pareil, Zelazny est en projet depuis longtemps mais je n’ai pas encore trouvé le temps matériel de le lire. Je m’y mettrai après mes écrits, je pense (mais j’essaierai de trouver la version anglaise parce que il n’y a pas à dire, même si certains traducteurs sont très bons, c’est toujours mieux en anglais…).

  9. 12 août 2009 01:16

    Je me demande pouquoi Scott Lynch a mentioné Sabetha, car elle n’a pas fait grand chose dans pour avancer l’action (sauf être l’amour de Locke). En tout, j’ai bien aimé ce roman aussi!

  10. Syracuse Cat permalink
    12 août 2009 10:57

    Ah ah, moi je sais… Peut-être. Elle réapparaît dans la suite de l’histoire, dès le tome 3, Republic of Thieves. Paraît-il. Je ne sais plus où j’ai lu ça, mais dans les résumés disponibles sur le site de Scott Lynch il est question, entre autres, de « The roots of love and a deep rivalry », ça promet… Dans la littérature occidentale, les effets d’annonce sont rarement vains. (Oui, une amie coréenne m’a expliqué que le mystère fait partie de leur culture et de leur appréciation d’une bonne histoire : dans un film qu’elle m’a montré, le personnage principal n’a pas de nom, et il meurt en disant « Mon nom… Mon nom est… » et pouf ! plus rien, on ne sait jamais comment il s’appelle, et pour moi, c’est terriblement frustrant ; pour elle, c’est magnifique, et tout à fait normal.)
    Mais j’aime vraiment la façon dont Lynch introduit ce personnage, et commence à esquisser sa relation avec Locke en filigrane, en ombre chinoise. J’apprécie aussi le fait qu’il n’en rajoute pas dans le mystère : il y a, dans le passé du héros, une femme dont il est toujours éperdument amoureux, une amie d’enfance qui l’a quitté, dont on se fait une idée assez précise, mais sans jamais la voir. Dans le tome 1, ce chagrin d’amour est un fait, un aspect du personnage, mais c’est posé sobrement, sans enjeu majeur. Ça lui fait déjà un souci de moins, il s’en prend quand même de sacrées sur le coin de la figure !

  11. lumillule permalink
    12 avril 2010 14:07

    Hahaha! Enfin quelqu’un qui a lu et apprécié ce roman génialissime de Scott Lynch! J’apprécie ta critique et j’en ai également fait une sur mon blog, récemment ( http://lumillule.wordpress.com/2010/04/08/les-mensonges-de-locke-lamora-critique/ )
    Je suis également un peu jalouse mais surtout entièrement bluffée par son talent! Un roman comme ça, putain ça fait des années que j’attendais ça!

    Bises à toi!

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